Stations-service françaises confrontées à des contrôles pendant la hausse des prix du carburant

Les autorités françaises effectueront 500 contrôles dans les stations-service du pays afin de vérifier que les prix du carburant ne sont pas artificiellement gonflés, a annoncé dimanche le Premier ministre Sébastien Lecornu (8 mars).

Les contrôles auront lieu entre lundi et mercredi (9 au 11 mars) dans des emplacements répartis sur l’ensemble du territoire.

Cela survient alors que le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz à la plupart du trafic ont provoqué une flambée des prix du pétrole.

Le prix moyen d’un baril de pétrole brut Brent (référence internationale des prix du pétrole) est désormais supérieur à 100 dollars – des niveaux jamais vus depuis 2022.

Cela a, à son tour, entraîné une hausse des prix du carburant partout dans le monde, y compris en France, où les prix de l’essence ont augmenté d’environ 11 centimes par litre la semaine dernière, et jusqu’à 28 centimes pour le diesel.

L’essence SP95-E10 se vendait en moyenne à 1,82 € le litre vendredi (6 mars), contre 1,71 € le litre le 27 février, jour où le conflit a commencé, soit une hausse de 6 %, et l’essence SP98 à 1,92 € le litre vendredi, 10 centimes de plus que le 27 février.

Le diesel (gazole) se vendait en moyenne à 1,98 € le litre vendredi, contre environ 1,70 € le 27 février, soit une hausse de 28 centimes (+16 %).

On s’attend à ce que les prix aient augmenté au cours du week-end, bien que l’on observe d’importantes variations entre les stations-service – d’où ces contrôles.

Vous pouvez utiliser le site officiel du gouvernement de comparaison des prix du carburant pour vérifier les prix près de chez vous.

Hausse des prix sans précédent

Une forte hausse des prix du carburant n’avait été observée que lors du début de la guerre en Ukraine en 2022.

Cependant, l’instabilité mondiale plus large – le détroit d’Ormuz, utilisé pour acheminer environ un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié – a eu un impact plus important.

« J’ai connu des crises, mais je n’ai jamais vu une telle hausse aussi rapide en si peu de temps », a déclaré à FranceInfo dimanche (8 mars Frédéric Plan, secrétaire général de la Fédération française des combustibles, produits pétroliers et chauffage (FF3C).

Pourquoi les prix augmentent-ils si rapidement ?

L’augmentation du prix du pétrole brut affecte les stations-service, qui doivent payer un coût plus élevé pour réapprovisionner leurs stocks. Cette hausse des coûts est répercutée sur le consommateur.

Les fournisseurs répercutent le coût du réapprovisionnement sur les automobilistes (par opposition au prix qu’ils avaient payé pour le carburant actuellement dans les pompes), ce qui entraîne une augmentation quasi immédiate des coûts lorsque les coûts du pétrole brut augmentent.

En théorie, cela signifie que lorsque davantage de carburant devient disponible – à la suite d’une augmentation de la production, de la fin d’une crise, etc. – et que les prix du pétrole baissent, les prix à la pompe devraient aussi diminuer. Cependant, la réduction des prix pour les conducteurs peut prendre plus de temps à se manifester que l’augmentation constatée au début d’une crise.

Les responsables des stations-service ont critiqué les raffineurs pour une hausse précoce des prix, entraînant des coûts plus élevés malgré la disponibilité du carburant.

Les raffineurs (entreprises telles qu’Esso, BP, Shell, Total, etc.) « qui disposent de stocks… doivent s’expliquer », a déclaré Michel-Édouard Leclerc, président du groupe E.Leclerc.

« Le prix du carburant raffiné a explosé au même moment que celui du pétrole brut », a-t-il ajouté, alors que le carburant raffiné met environ trois semaines à atteindre les stations-service – ce qui implique que le carburant déjà raffiné pourrait être fourni au prix antérieur et non refléter la hausse ultérieure des prix du pétrole brut.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a déclaré qu’il était encore trop tôt pour discuter de toute forme d’aide au carburant pour les conducteurs en France, comme l’allocation carburant mise en place après le début de la guerre en Ukraine.

Et les réserves de carburant ?

Les pays de l’UE, dont la France, sont tenus de maintenir des réserves d’urgence de pétrole et de gaz équivalant à trois mois d’importations.

Étant donné qu’il s’agit d’une réserve d’urgence, le carburant ne peut être libéré dans la chaîne d’approvisionnement sans une approbation coordonnée.

Elle est distincte de l’approvisionnement en carburant que les opérateurs de stations-service achètent, lequel provient de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

De nombreux pays de l’UE, dont la France, font également partie de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie, du Canada, entre autres.

L’AIE détient et gère une réserve de pétrole, retenue en dehors du marché en cas d’urgence.

Elle envisage actuellement de libérer une partie des réserves de carburant sur l’offre mondiale pour faire baisser les prix du pétrole, une mesure soutenue par plusieurs pays dont les États‑Unis.

Les États‑Unis envisagent de libérer entre 300 et 400 millions de barils de pétrole – estimés représenter environ 30 % des réserves d’urgence – pour atténuer la crise.

Une réunion du G7 aujourd’hui examinera une éventuelle libération des réserves.

L’AIE a autorisé cinq libérations d’approvisionnement d’urgence depuis 1974, dont deux à la suite de la guerre en Ukraine.

Indépendamment de tout plan de l’AIE, des responsables européens se réuniront jeudi 12 mars pour discuter de la libération de certaines de ses réserves d’urgence.

Cependant, un conflit prolongé et la fermeture du détroit d’Ormuz rendraient plus difficile le réapprovisionnement de ces réserves d’urgence, d’autant plus que les prix mondiaux restent élevés.


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