Les pénuries devraient se poursuivre, avec un ministre accusant des « lois restrictives » sur les poulaillers
Les pénuries d’œufs en France ont amené la ministre de l’Agriculture à critiquer les règles françaises concernant les poules pondeuses et ont poussé les consommateurs à chercher des œufs en dehors des supermarchés, alors que les problèmes d’approvisionnement persistent.
Les approvisionnements en œufs ont été constamment faibles en France au cours des derniers mois, la demande continuant de dépasser l’offre. Des éclosions de grippe aviaire ont encore restreint les stocks, et de fortes chutes de neige ces dernières semaines ont également provoqué des retards, les camions de livraison n’ayant pas pu récupérer ni livrer.
La demande d’œufs a aussi augmenté de façon soutenue au cours des dernières années, les consommateurs se tournant vers eux comme source de protéines moins coûteuse que la viande. En 2025, 300 millions d’œufs supplémentaires ont été vendus par rapport à 2024, et la consommation annuelle moyenne d’œufs (toutes formes, y compris dans les gâteaux, etc.) est passée de 226 à 240 par personne.
L’année dernière, le taux de rupture de stock pour les œufs était d’environ 13 %, contre 2 % pour la plupart des autres produits. Dans certaines zones et certains supermarchés, ce taux est resté autour de 15 % à partir de juin, jusqu’à 15,3 % dans les hypermarchés. À un moment donné l’année dernière, les taux de rupture de stock atteignaient 18 %.
Le problème se poursuit ; des déficits ont été signalés dans plusieurs chaînes de supermarchés à travers le pays depuis le début de 2026.
« Nous avons besoin de plus de poulaillers »
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a déclaré que la pénurie avait été en partie causée par un manque de poules en France, en raison d’une « réglementation trop restrictive ».
Elle a déclaré à BFMTV-RMC aujourd’hui (mardi 13 janvier) : « Nous ne produisons pas assez, il est trop compliqué de nos jours de construire des bâtiments d’élevage [et] des poulaillers… La France complique la vie des agriculteurs. »
Elle a ajouté qu’une nouvelle loi, baptisée la loi Duplomb*, « supprimerait certains obstacles à la construction de bâtiments d’élevage lorsque [la loi] entrera en vigueur ».
Mme Genevard a déclaré que les Français « doivent reconnaître qu’il nous faut davantage de poulaillers », et a affirmé que de nombreux projets étaient rejetés parce que les gens « ne veulent plus voir de bâtiments d’élevage ».
Elle a ajouté que certaines personnes « peu familiarisées avec le sujet » pensent que les poulaillers sont « un endroit où les animaux sont maltraités », et elle a appelé à plus de « solutions » pour le problème.
Pénurie persistante
Les problèmes d’approvisionnement en œufs devraient se poursuivre jusqu’au deuxième trimestre de 2026, alors que la production rattrape les investissements récents dans les fermes avicoles et que l’industrie se remet de la grippe aviaire.
De même, la France vise une transition vers 90 % d’élevage sans cage d’ici 2030, ce qui a temporairement réduit la capacité de production d’œufs d’environ 20 %, en attendant la construction de 300 nouveaux poulaillers conformes aux nouvelles lois.
En conséquence, les consommateurs pourraient chercher leurs œufs ailleurs en attendant le retour des stocks en supermarché.
Alternatives aux supermarchés
Si vous cherchez des alternatives à votre supermarché habituel, celles-ci pourraient vous aider :
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Marchés locaux des agriculteurs. De nombreux agriculteurs vendent leurs œufs directement sur les marchés, garantissant des produits frais, une chaîne d’approvisionnement très courte et une meilleure traçabilité. Beaucoup proviennent d’élevages en plein air.
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Groupes d’achat locaux. Connus sous le nom d’« AMAPs » (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, associations pour la préservation de l’agriculture à petite échelle), ils peuvent souvent mettre en place des abonnements d’œufs, et garantissent généralement des livraisons même en cas de pénuries à grande échelle.
*La loi Duplomb, nommée d’après l’un des sénateurs l’ayant proposée, Laurent Duplomb, a été adoptée le 8 juillet 2025 et entrera en vigueur cette année. Elle vise à « lever des entraves à l’exercice de l’élevage ». Elle est controversée à certains égards, notamment en raison de sa réintroduction du pesticide autrefois interdit, l’acetamipride.
