Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

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Lettre à Jean-Claude Juncker suite aux révélations sur l'usine de La Hague

L'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest a récemment révélé que des pâturages à proximité de l'usine de La Hague étaient contaminés par des substances radioactives. À la suite de ces révélations, nous avons décidés, avec ma collègue Michèle Rivasi, d'interpeler le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sur les mesures que la Commission compte prendre pour renforcer les contrôles concernant les aliments et l'environnement à proximité des sites nucléaires et mettre les exploitants nucléaires de l'Union européenne face à leurs responsabilités.

Retrouvez la lettre que nous lui avons adressé:

Monsieur le Président,

Grâce à la vigilance de la société civile, des mesures ont été réalisées depuis octobre 2016 par l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) dans la zone nord-ouest de l’usine de retraitement des déchets AREVA NC de La Hague, en Normandie. Il a été découvert que les champs entourant l'usine sont contaminés au césium, strontium, américium 241 et au plutonium. Concernant le plus radioactif des radioéléments, le plutonium, le niveau de pollution autour de l'usine est 350 fois plus élevé que la concentration la plus forte répertoriée en France. Comment expliquer l'origine de cette pollution? Des analyses sont-elles été effectuées sur l'impact et l'étendue de cette pollution?

L'usine de la Hague étant entourée par de nombreuses exploitations agricoles, ces questions sont d’autant plus importantes. Ces radioéléments se retrouvent dans la nappe phréatique et contaminent les herbages et les abreuvoirs de dizaines d’animaux. Quelles analyses ont été faites pour assurer la sûreté alimentaire ? Est-ce que le lait et la viande de ces animaux ont été analysés ?

En outre, la protection de l’usine Areva de la Hague contre le risque d’explosion est insuffisante selon l’autorité française de sûreté nucléaire (ASN). La lettre de l’ASN datée du 31 juillet 2017 et adressée au directeur de l’usine de retraitement met en avant un risque d’explosion dans les ateliers de purification du plutonium destiné à enrichir le Mox.

Il convient de rappeler que cette usine traite le combustible nucléaire provenant des réacteurs nucléaires de France et une partie de celui provenant des réacteurs d'Allemagne, de Belgique, de Suisse, des Pays-Bas et du Japon. Ce centre abrite donc dans ses piscines de refroidissement la plus forte concentration de matière radioactive en Europe.

Enfin, le nombre d’incidents nucléaires dans les centrales françaises, ne cesse d’augmenter et inquiète de plus en plus nos concitoyens, sans que nos autorités semblent en prendre la mesure.  Nous sommes face à un industriel qui n’est plus dans le contrôle de la sûreté nucléaire. EDF accumule en effet des problèmes sur ses centrales: manque de surveillance et utilisation de matériaux dégradés sur le site de Belleville-sur-Loire, Les réacteurs Fessenheim 2 et Paluel 2 sont actuellement à l’arrêt, incendies à Cattenom et à Fessenheim, etc.

Face à ces risques clairement identifiés et à la récurrence de ces incidents, nous vous demandons, Monsieur le Président, de convoquer urgemment une réunion sur ces dysfonctionnements nucléaire, mais également environnemental et alimentaire. Il est urgent que les autorités de sûreté et sanitaires soient saisies au plus vite afin d’assurer une transparence totale sur les origines et l’impact de cette pollution à la Hague et sur la sûreté du parc nucléaire français.

Monsieur le Président, comment la Commission européenne compte-elle renforcer les contrôles concernant les aliments et l’environnement à proximité des sites nucléaires, ainsi que la sûreté nucléaire dans ses États membres ? Qu’attendons-nous pour mettre les exploitants nucléaires de l’Union européenne face à leurs responsabilités ?

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l'expression de nos respectueuses salutations.

Rachida Dati                                                                                         Michèle Rivasi

 

 

Mécanisme de suspension : l’Europe met fin à la libéralisation des visas sans condition

En rétablissant un mécanisme plus souple de suspension de l’exemption de visas, l’Union européenne a enfin abandonné sa politique de libéralisation inconditionnelle. Ce mécanisme n’avait jamais été activé depuis 2013 en raison de la rigidité des critères et de la complexité de la procédure.
 
Désormais, la réciprocité n’est plus un vain mot mais s’ancre dans la réalité. En cas de hausse substantielle du nombre de ressortissants d’un pays concerné, du nombre de demandes d’asile infondées ou d’absence de coopération sur les réadmissions, l’UE pourra rétablir l’obligation de visas. Ces restrictions pourront aussi s'appliquer en cas de menaces pour l’ordre public ou la sécurité intérieure liées aux ressortissants des pays tiers concernés.
 
Alors que les discussions actuelles pour de nouvelles libéralisations de visas, notamment avec la Turquie, mais aussi la Géorgie, le Kosovo et l’Ukraine, soulèvent de nombreuses inquiétudes compte tenu des enjeux sécuritaires et migratoires, nous nous devions de garantir la pleine opérabilité du mécanisme.


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