Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Billets d'humeur

La semaine dernière, c’était la rentrée parlementaire !

« Il n’y a pas assez d’Europe dans cette Union. Et il n’y a pas assez d’Union dans cette Union » : Jean Claude Juncker, Président de la Commission européenne, a marqué cette session plénière par son discours sur l’état de l’Union. Ce discours a fait le bilan de l’année passée et a défini les grandes orientations à venir de l’Union… autant dire qu’il était très attendu en ces temps de crises!

« Il est grand temps d’agir pour gérer la crise des réfugiés. Il n’y a pas d’alternative »: la crise migratoire a été un des points centraux abordé par Jean-Claude Juncker. C’est par sa voix que la Commission a annoncé ses dernières propositions pour tenter de résoudre la situation dramatique que nous vivons. Le Parlement européen a ainsi donné son aval pour relocaliser 40 000 réfugiés depuis l’Italie et la Grèce vers d’autres pays européens. Nous avons également voté d’autres propositions de la Commission.

La crise économique qui persiste en Europe a aussi été abordée ainsi que les moyens mis en place par la Commission pour relancer la croissance et l’emploi.

Un autre des points forts de cette session a été la question du clonage, en particulier la suspension du recours à cette technique et de la commercialisation d’animaux clonés à des fins agricoles. Il est indispensable de protéger les citoyens européens de cette pratique, dont les effets sur l’homme sont encore méconnus. J’ai donc voté en faveur de cette suspension.

De nombreux autres textes destinés à relancer l’emploi en Europe ont été examinés. J’ai voté en faveur des rapports visant à défendre les entreprises familiales (qui représentent 60% des entreprises en Europe!) et à promouvoir l’esprit d’entreprise chez les jeunes par l’éducation et la formation.

Rapport sur les systèmes pénitentiaires et les conditions dans les prisons

Intervention en séance plénière

Merci Monsieur le Président/Madame la Présidente,

Tout d’abord, je voudrais remercier notre rapporteur, Joëlle Bergeron, pour le travail qu’elle a mené sur ce rapport.

Nous sommes ici aujourd'hui pour insister sur l’urgence de la situation des prisons européennes. Et l'exemple de la France est emblématique de l'état alarmant des prisons en Europe.

Une surpopulation carcérale record avec plus de 10 000 places manquantes, des conditions de détention préoccupantes, près de 1500 détenus considérés comme radicalisés, un personnel pénitentiaire méprisé aux conditions de travail indignes : voilà la réalité des prisons en France.

Et la France n’est pas un cas isolé ! J’ai envoyé en mai 2016 une lettre et un questionnaire à l’ensemble des Ministres de la Justice de l’Union européenne afin de faire un état des lieux de la situation des prisons en Europe. Un tiers d’entre eux reconnaissaient être en situation de surpopulation carcérale. Tous font face à des difficultés de réinsertion. La plupart font d’ailleurs état d’un taux de récidive supérieur à 40% à la sortie.

Oui, la politique pénitentiaire est une compétence nationale. Mais les défis posés par cet état dégradé sont les mêmes pour tous ! Les exemples les plus criants sont la violence dans les prisons et la détention de détenus de plus en plus difficiles et dangereux comme les radicalisés ! Nous devons trouver et promouvoir des lignes directrices communes. C'est notre responsabilité.

La prison doit évoluer et s’adapter aux nouvelles formes de délinquance et de criminalité et aux nouveaux profils de détenus. Dans ce rapport, je préconise la mise en place de régimes de détention différenciés en fonction de la dangerosité des détenus.

Il est inadmissible que dans les stratégies nationales et européennes de lutte contre le terrorisme, les prisons ne soient pas prises en compte. Elles sont pourtant au cœur du problème et une partie de la solution. Les attaques terroristes en Europe se multiplient. Alors que la prison, avec Internet, est le principal vecteur de la radicalisation, comment pouvons-nous rester inactifs ?

Un autre aspect majeur à traiter sans plus attendre est la question de la réinsertion pour prévenir la récidive. Les mesures de réinsertion doivent être internalisées et débuter au cours de la détention. C’est une conviction transpartisane qui a guidé notre travail. Sans mesures de suivi et de réinsertion, les détenus libérés resteront des récidivistes potentiels à tout moment.

Enfin, pour conclure : la prison est une privation de liberté, pas une privation de dignité. Face à l’état déplorable de nombreuses prisons européennes surpeuplées et insalubres, les conditions de détention doivent évoluer. Il ne faut avoir peur de construire des prisons. Il en va aussi de l'honneur de nos pays !


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