Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Billets d'humeur

Les échos de Strasbourg [sept. 2014]

La troisième session plénière de la nouvelle mandature a eu lieu, la semaine dernière. Cette session a été marquée par le vote de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine, ainsi que par de nombreuses résolutions sur l’actualité internationale.

L’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine a été ratifié simultanément par les deux parlements. Cet accord a notamment pour objectif de permettre l’approfondissement des relations politiques et économiques entre l’Union européenne et l’Ukraine.

En tant qu’eurodéputés, nous nous sommes également prononcés sur la déstabilisation de l’Irak et de la Syrie causée par l’État islamique. Nous avons ainsi appelé à la protection des populations civiles et en particulier des minorités dans cette région. J’ai prêté une attention toute particulière à la situation de la minorité chrétienne, dont la seule alternative est la conversion, la fuite ou la mort.

En Libye aussi, la situation sécuritaire, politique et humanitaire s’est très sérieusement détériorée. Nous avons ainsi lancé un appel pour que toutes les parties prenantes mettent fin à la violence et engagent un dialogue national afin de construire un État démocratique. La situation libyenne nous menace doublement : d’un côté, nous devons faire face à une augmentation de la pression migratoire aux frontières extérieures de l’Union, de l’autre la présence de groupes terroristes liés à Al-Qaeda se renforce sur ce territoire.

Enfin, le Parlement européen a adopté une résolution commune concernant la situation sanitaire critique en Afrique de l’Ouest. Confrontée à l’expansion de l’épidémie Ebola, cette région du monde a besoin d’un soutien international plus fort. Il est de notre devoir d’inciter la communauté internationale à agir plus vigoureusement afin de fournir une aide médicale tant matérielle qu’humaine.

Rapport sur les systèmes pénitentiaires et les conditions dans les prisons

Intervention en séance plénière

Merci Monsieur le Président/Madame la Présidente,

Tout d’abord, je voudrais remercier notre rapporteur, Joëlle Bergeron, pour le travail qu’elle a mené sur ce rapport.

Nous sommes ici aujourd'hui pour insister sur l’urgence de la situation des prisons européennes. Et l'exemple de la France est emblématique de l'état alarmant des prisons en Europe.

Une surpopulation carcérale record avec plus de 10 000 places manquantes, des conditions de détention préoccupantes, près de 1500 détenus considérés comme radicalisés, un personnel pénitentiaire méprisé aux conditions de travail indignes : voilà la réalité des prisons en France.

Et la France n’est pas un cas isolé ! J’ai envoyé en mai 2016 une lettre et un questionnaire à l’ensemble des Ministres de la Justice de l’Union européenne afin de faire un état des lieux de la situation des prisons en Europe. Un tiers d’entre eux reconnaissaient être en situation de surpopulation carcérale. Tous font face à des difficultés de réinsertion. La plupart font d’ailleurs état d’un taux de récidive supérieur à 40% à la sortie.

Oui, la politique pénitentiaire est une compétence nationale. Mais les défis posés par cet état dégradé sont les mêmes pour tous ! Les exemples les plus criants sont la violence dans les prisons et la détention de détenus de plus en plus difficiles et dangereux comme les radicalisés ! Nous devons trouver et promouvoir des lignes directrices communes. C'est notre responsabilité.

La prison doit évoluer et s’adapter aux nouvelles formes de délinquance et de criminalité et aux nouveaux profils de détenus. Dans ce rapport, je préconise la mise en place de régimes de détention différenciés en fonction de la dangerosité des détenus.

Il est inadmissible que dans les stratégies nationales et européennes de lutte contre le terrorisme, les prisons ne soient pas prises en compte. Elles sont pourtant au cœur du problème et une partie de la solution. Les attaques terroristes en Europe se multiplient. Alors que la prison, avec Internet, est le principal vecteur de la radicalisation, comment pouvons-nous rester inactifs ?

Un autre aspect majeur à traiter sans plus attendre est la question de la réinsertion pour prévenir la récidive. Les mesures de réinsertion doivent être internalisées et débuter au cours de la détention. C’est une conviction transpartisane qui a guidé notre travail. Sans mesures de suivi et de réinsertion, les détenus libérés resteront des récidivistes potentiels à tout moment.

Enfin, pour conclure : la prison est une privation de liberté, pas une privation de dignité. Face à l’état déplorable de nombreuses prisons européennes surpeuplées et insalubres, les conditions de détention doivent évoluer. Il ne faut avoir peur de construire des prisons. Il en va aussi de l'honneur de nos pays !


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