La France bloquera les importations en provenance d’Amérique du Sud en raison de produits chimiques interdits

Avocats, mangues et cerises parmi les produits alimentaires susceptibles d’être testés avant l’entrée

Les importations de fruits et d’autres produits alimentaires originaires d’Amérique du Sud contenant des substances interdites en Europe devraient être bloquées à l’entrée en France dans les prochains jours, a annoncé le gouvernement.

Des produits tels que des avocats, des pommes de terre, des cerises, des mangues, des raisins, des agrumes et d’autres produits frais seront inspectés afin de vérifier la présence de substances chimiques spécifiques interdites dans l’UE.

Tout produit présentant des traces de ces substances se verra refuser l’entrée en France.

Les substances que les douaniers vérifieront comprennent le mancozèbe, le glufosinate, le thiophanate-méthyl et le carbendazime, utilisés comme fongicides et herbicides.

Un décret exposant l’interdiction dans son intégralité doit être publié mardi (6 janvier). Cependant, en raison de ses implications en matière de commerce international, la France doit obtenir l’approbation de la Commission européenne dans un délai de 10 jours avant que la mesure ne puisse entrer en vigueur.

La ministre française de la Santé, Annie Genevard, se rendra à Bruxelles mercredi, où elle espère obtenir le soutien à l’interdiction.

« Nous ne pouvons pas accepter que des substances interdites dans notre pays réapparaissent indirectement par le biais des importations. C’est du bon sens. Où qu’elles proviennent dans le monde, les produits importés doivent respecter nos normes. La France donne l’exemple en Europe », a-t-elle déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Le gouvernement cherche à obtenir le soutien des agriculteurs avant le vote sur l’accord commercial

L’annonce intervient à la veille d’une nouvelle vague de manifestations d’agriculteurs, centrées à la fois sur le traitement des bovins touchés par des épidémies de maladie de la peau bosselée et sur le prochain accord commercial Mercosur entre l’UE et certains pays d’Amérique du Sud.

Au moins une des principales confédérations agricoles françaises appelle à passer à l’action, le 7 janvier devant être une journée majeure de manifestations.

Un vote clé sur cet accord de libre-échange était initialement prévu en décembre, mais a été repoussé au 9 janvier.

La France et l’Italie sont les principaux pays de l’UE encore opposés à l’accord, qui est dans ses dernières étapes.

Les agriculteurs à travers l’Europe — et particulièrement en France — s’opposent fortement à l’accord, avertissant qu’il fragiliserait le secteur agricole et déclencherait une explosion des importations bon marché.

Ils soutiennent que ces importations ne seraient pas soumises aux mêmes normes de santé et de sécurité que les produits européens, soulevant des inquiétudes quant à la santé humaine et animale, aux droits des travailleurs et à la protection de l’environnement. Cela, disent-ils, rendrait les produits importés moins chers et leur permettrait d’écraser les agriculteurs nationaux.

La plupart des agriculteurs français réclament l’abandon pur et simple de l’accord, une mesure que la France ne peut prendre seule car son approbation dépend des autres États membres de l’UE. Beaucoup d’autres membres, dont l’Allemagne, sont en faveur de l’accord.

À la place, la France cherche un compromis, naviguant entre la pression des agriculteurs domestiques, la frustration des partenaires européens et l’impatience croissante en Amérique du Sud, où certains pays avertissent qu’ils pourraient se retirer de l’accord dans son ensemble.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué que le gouvernement français ne laissera pas entrer sur le territoire des marchandises qui ne seraient pas soumises aux mêmes règles sanitaires que celles de l’Europe.

« Des contrôles plus stricts seront effectués par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires », a déclaré M. Lecornu dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Il s’agit « d’une première étape pour protéger nos secteurs et nos consommateurs et pour lutter contre la concurrence déloyale, une véritable question de justice et d’équité pour nos agriculteurs », a-t-il ajouté.

Nombreux des produits visés par l’interdiction sont déjà largement importés, tandis que les agriculteurs français concentrent leurs critiques sur la viande, les céréales et d’autres biens produits sur le territoire.


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