Évolutions clés et dynamiques politiques

La France se rendra aux urnes pour les élections municipales le 15 mars – et de nouveau le 22 mars dans les communes où plusieurs listes se présentent et aucune liste unique n’obtient plus de 50 % des voix.

Les suffrages exprimés détermineront qui sera maire de la commune, de l’arrondissement ou de la ville pour les six prochaines années.

« Il y a 35 000 élections différentes, où les communes de moins de 1 000 habitants constituent 85 % du total », a-t-elle déclaré.

« Les maires disposent d’un vrai pouvoir, et les élus des conseils municipaux ont des voix lors des élections sénatoriales en septembre, leur conférant une influence notable dans la politique nationale. »

« Les maires bénéficient également d’un taux d’approbation bien plus élevé auprès du public que celui des autres politiciens. »

Cette année, les élections municipales tombent juste un an avant les scrutins présidentiel et législatif, et les observateurs les utiliseront pour prévoir ce qui pourrait se passer en 2027 au niveau national.

Pour la première fois, toutes les listes électorales doivent comporter un nombre égal de candidates et de candidats, une exigence que le Dr Mayer juge significative, car elle garantit que les conseils municipaux refléteront plus fidèlement leurs communes.

La méthode déterminant quelles listes pourront accéder au second tour a également changé – celles qui ont obtenu au moins 10 % des voix du premier tour peuvent désormais se présenter au second tour.

« Cela devrait accroître l’incertitude autour du résultat du second tour, » a déclaré le Dr Mayer. « Pour ceux qui aiment la politique, cela devrait être amusant à regarder. »

Ici, nous examinons certains des autres grands enjeux entourant les élections de cette année.

Le parti d’extrême droite RN se présentera‑t‑il dans les petites communes rurales ?

Lors des dernières élections législatives, le Rassemblement National (RN) est devenu le plus grand parti unique du parlement, remportant, par exemple, trois des quatre sièges de la Dordogne (le quatrième revenant à un communiste).

Cependant, il est peu probable qu’il obtienne de meilleurs résultats lors des municipales, en particulier dans les petites communes.

Le Dr Mayer a déclaré que le parti espère présenter entre 600 et 700 listes sous son nom dans les 35 000 communes, et comptera aussi des membres qui rejoindront des listes sans étiquette, « jouant le coucou dans le nid ».

« En tant que parti, le RN n’est pas riche et bien organisé, et il faut être riche et bien organisé pour mener des élections locales avec succès. »

Elle a ajouté que le parti rencontrait encore des problèmes avec des groupes locaux qui sélectionnent des « brebis noires », au passé problématique.

Bien que sous Marine Le Pen le RN ait tenté de rompre avec les associations antisémites et extrémistes de l’ancien Front National et de se repositionner en parti mainstream, il demeure difficile pour certains candidats d’indiquer leur adhésion, surtout dans les petites communes.

Les Verts garderont‑ils les grandes villes acquises en 2020 ?

Aux élections de 2020, les élus verts, principalement regroupés sous l’étiquette Europe Écologie Les Verts, avaient surpris en remportant le contrôle de cinq grandes villes de l’est de la France : Annecy, Besançon, Grenoble, Lyon et Strasbourg, ainsi que Bordeaux.

L’une des grandes questions sera de savoir s’ils parviendront à conserver leurs sièges.

Des recherches d’Ipsos montrent que, dans les cinq villes de l’est, ils pourraient être en difficulté et, dans certaines, ne pas même accéder au second tour.

Le retour des grands noms du Parti socialiste, dont l’ancienne ministre Catherine Trautmann à Strasbourg, est attendu pour mettre les maires verts sous pression.

À Lyon, un propriétaire de club de football bien connu et l’un des hommes les plus riches de France, Jean‑Michel Aulas, se présente sous une bannière de droite unie et devrait obtenir environ 44 % des voix. Les Verts, dirigés par le maire Grégory Doucet, restent à 30 % dans les sondages.

Seule à Grenoble, où le maire écologiste en place ne se présente pas à nouveau, les Verts devraient sortir en tête au premier tour.

À Bordeaux, la pression devrait venir de la centre‑droit, qui s’est uni dans une offensive pour déloger le maire en fonction Pierre Hurmic. L’ancien ministre Thomas Cazenave mène la charge à la suite du décès d’un AVC en 2025 de l’ancien maire de droite Nicolas Florian.

Si les Verts parviennent à conserver ces villes, cela signifiera probablement que les questions environnementales figureront de manière prépondérante dans les programmes politiques des partis lors de l’élection présidentielle de l’année prochaine.

Paris élira‑t‑il un nouveau maire — et qui ?

Paris, avec son histoire de révolutions et de communes, a été jugé politiquement trop instable pour avoir un maire élu pour l’ensemble de la ville jusqu’en 1977.

Le heureux vainqueur du concours cette année-là, Jacques Chirac, homme politique de droite et ancien Premier ministre, n’a pas caché son intention d’utiliser le mandat comme tremplin pour ses ambitions présidentielles, qui se sont concrétisées en 1995.

Son successeur, Jean Tiberi, était jugé manquant de charisme, et les divisions au sein des partis ont permis au socialiste Bertrand Delanoë de continuer pendant 13 ans. Il a été suivi par Anne Hidalgo, également socialiste.

Elle ne se présente pas cette année, après sa lourde défaite lors de l’élection présidentielle de 2022, et Emmanuel Grégoire, un cadre socialiste à l’Hôtel de Ville, a du mal à se faire connaître publiquement de manière indépendante d’elle.

Il est face à une liste largement unie de la droite menée par Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice sous Nicolas Sarkozy. Dati – qui a démissionné de son poste de ministre de la Culture fin février pour se concentrer sur sa campagne parisienne – s’est entièrement repositionnée sur la politique municipale à l’approche du vote de mars.

Figure politique reconnue au niveau national et combative, elle pourrait représenter un défi sérieux dans une ville longtemps gouvernée par la gauche.

Le RN remportera‑t‑il une grande ville ?

Après les élections municipales de 2020, Perpignan était la seule ville de plus de 100 000 habitants parmi les quelque 15 communes contrôlées par le RN.

Cette année, le parti vise ses bastions traditionnels dans le nord de la France et le sud‑est.

Nice est largement perçue comme l’une des perspectives les plus plausibles pour que le RN s’empare d’une grande ville.

Le maire en fonction, Christian Estrosi – ancien ministre et ancien président de la région Provence‑Alpes‑Côle d’Azur – est aligné sur le centre‑droit Horizons. Il est contesté par une coalition de droite soutenue par le RN et dirigée par Éric Ciotti, ancien collègue de leurs jours chez Les Républicains.

Autrefois alliés, les deux sont aujourd’hui ouvertement en désaccord, et la campagne a pris une tonalité particulièrement conflictuelle. Certains observateurs estiment que la fracture à droite pourrait ouvrir la voie à une victoire du RN.

Le RN a également identifié Toulon, Menton et Marseille comme des cibles clés dans le sud‑est.

Toulon a une histoire de fort soutien d’extrême droite, et Menton a également enregistré des scores élevés pour le RN lors des élections récentes. À Marseille, la violence persistante liée à la drogue est devenue une question centrale de la campagne, ce qui pourrait favoriser un parti prônant une ligne de sécurité plus dure.

Le Dr Mayer affirme également que le RN pourrait gagner à Calais, reflétant son soutien dans le nord.

Pourquoi ces élections municipales comptent‑elles au niveau national ?

Les analystes politiques estiment que ce tour est bien plus qu’un scrutin local.

Avec près de 35 000 scrutins distincts – dont beaucoup sont sans véritable compétition et tournent autour de questions hyper-locales – les résultats offriront une mesure en temps réel de la force des partis à travers le spectre politique fragmenté de la France.

Les partis de l’establishment, Les Républicains et les Socialistes, recalibrent leurs alliances et leurs stratégies, tandis que l’extrême droite vise non seulement des gains symboliques mais aussi une légitimité plus large à l’approche de la présidentielle de 2027.

À l’échelle nationale, la sécurité, le logement et les impôts locaux figurent parmi les questions clés qui motivent les préoccupations des électeurs.

Le vote commence à 08h00 le 15 mars et se termine entre 17h00 et 19h00 (selon la commune). Dans de nombreuses zones, un second tour aura également lieu le 22 mars. Les résultats de chaque tour seront disponibles le soir même du vote.


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