La nouvelle taxe s’applique aux livraisons d’une valeur inférieure à 150 €
L’envoi de colis vers la France depuis l’extérieur de l’UE est devenu plus coûteux depuis l’entrée en vigueur, le 1er mars, d’une nouvelle taxe.
Les colis d’une valeur inférieure à 150 € envoyés vers la France (y compris ses territoires d’outre-mer, et vers Monaco) en provenance de l’extérieur de l’UE se voient désormais facturer un supplément de 2 € de taxe, comme indiqué dans le nouvel Article 82 de la loi 2026-103 de la Loi de finances (Budget) 2026.
Cette mesure a été introduite comme moyen de dissuader les détaillants non‑UE qui vendent des articles à bas coût et de la fast fashion, considérés comme particulièrement nuisibles pour l’environnement. On pense que les articles expédiés depuis la Chine ont été ciblés en priorité, mais tous les pays non‑UE sont concernés, c’est‑à‑dire le Royaume‑Uni, les États‑Unis, etc.
Elle concerne toute livraison commerciale, ainsi que les cadeaux échangés entre particuliers lorsque la valeur de l’objet envoyé dépasse 45 €.
Les envois de colis ont connu une flambée ces dernières années.
Des données douanières françaises publiées en décembre 2025 montrent qu’il y a eu 189 millions de déclarations pour petits colis enregistrées en France en 2024.
Et le nombre de petits colis livrés a triplé entre 2022 et 2024, avec une valeur totale passant de 1,9 milliard d’euros en 2022 à 5,3 milliards d’euros en 2024.
Les colis d’une valeur inférieure à 150 € ont été soumis à la TVA et à une déclaration douanière spécifique depuis juillet 2021, avec 2,1 milliards d’articles importés en France depuis lors.
Cette taxe particulière est censée être temporaire, explique toutefois le site gouvernemental le Service Public. Elle s’appliquera uniquement jusqu’au 31 décembre 2026 au plus tard, après quoi une taxe européenne équivalente entrera en vigueur à la place.
Comment le supplément de 2 € est-il calculé ?
Le supplément de 2 € ne s’applique pas par colis, mais par ligne tarifaire douanière déclarée dans les documents d’importation. En pratique, le montant dépend du nombre de catégories de biens différentes – chacune identifiée par un code douanier distinct – qui figurent sur la déclaration.
Par exemple, un colis ne contenant que des articles identiques qui relèvent d’un seul code tarifaire n’entraînerait qu’un seul supplément de 2 €.
En revanche, un colis contenant différents types de biens – comme des vêtements fabriqués à partir de matériaux différents, des jouets ou des cosmétiques – pourrait générer plusieurs lignes tarifaires et donc plusieurs suppléments de 2 €.
La règle s’applique à tous les colis éligibles expédiés depuis l’extérieur de l’UE.
Dans la plupart des cas, l’exportateur sera invité à payer la taxe; toutefois, dans certains cas, des particuliers la paieront, par exemple dans le cas d’un cadeau reçu d’une autre personne dont la valeur se situe entre 45 et 150 €.
Effet « boomerang » ?
L’Italie a instauré la même mesure le 1er janvier de cette année, et les critiques ont affirmé que le changement n’avait fait que délocaliser le problème vers d’autres pays.
Valentina Menin, directrice générale de l’association italienne des aéroports Assaeroporti, a déclaré au Financial Times que la taxe avait eu un effet immédiat de type « boomerang ».
Au moins 30 vols initialement destinés à atterrir à l’aéroport de Milan-Malpensa, « le point d’entrée de 60 % des marchandises expédiées vers l’Italie par avion », ont été redirigés vers la Belgique, Amsterdam ou la Hongrie, a-t-elle indiqué.
Cela pourrait changer lorsque la règle européenne commune sera mise en vigueur l’année prochaine.
Cette mesure s’ajoute à l’augmentation du coût d’envoi des lettres et colis à l’intérieur de la France, qui a augmenté en moyenne de 7,4% à partir du 1er janvier, en raison des changements tarifaires de La Poste. Le coût d’envoi des colis via le service Colissimo a augmenté de 3,4% pour toutes les destinations. Cela fait suite à plusieurs années de hausses progressives des tarifs.
