Débat sur les règles du travail du 1er mai en France : les syndicats s’opposent aux changements proposés

Les travailleurs dans tous les secteurs non essentiels doivent actuellement bénéficier d’un jour férié payé

Une proposition qui pourrait modifier les règles régissant le travail du 1er mai a suscité un débat animé.

Le 1er mai ou La fête du Travail est traditionnellement le seul jour férié public en France qui doit être à la fois un jour de congé payé et obligatoire pour la plupart des employés.

Toutes les autres fêtes peuvent voir le personnel être sollicité pour travailler, généralement pour une majoration de salaire ou un jour de congé payé en compensation (ou les deux).

À l’heure actuelle, les magasins peuvent ouvrir le 1er mai (Fête du Travail), mais les employeurs ne sont généralement pas autorisés à faire travailler le personnel.

Les exceptions portent sur les activités qui ne peuvent être interrompues, comme dans les hôpitaux, les services d’urgence ou certaines branches de l’industrie. Les employeurs qui enfreignent les règles s’exposent à des amendes d’environ 750 € par employé.

Loi soutenue par le Sénat et un comité de députés

La proposition de loi, approuvée pour la première fois par le Sénat en juin 2025, modifierait le Code du travail pour autoriser certaines entreprises, notamment les boulangeries, les fleuristes, les commerces d’alimentation, les cinémas et les théâtres, à employer du personnel le 1er mai, à condition que les travailleurs se portent volontaires et reçoivent une rémunération plus élevée.

Les partisans estiment que l’objectif est de lever « l’incertitude juridique » pour les professions qui ne savent pas si elles sont autorisées à opérer avec du personnel pendant le jour férié.

Le texte a été débattu par les députés en janvier mais n’a pas été soumis à un vote, et les partisans espèrent le revenir au parlement pour de nouveaux débats plus tard cette année.

Certains propriétaires de magasins soutiennent le changement, affirmant que cela leur donnerait plus de liberté un jour où les clients s’attendent encore à un service.

Les fleuristes et les boulangers affirment en particulier que le 1er mai est souvent l’un des jours les plus chargés de l’année.

Des chiffres du gouvernement ont également suggéré que des règles plus claires protègeraient mieux à la fois les employeurs et les employés.

Les syndicats rejettent la mesure

Les syndicats, toutefois, s’opposent fortement à la proposition, avertissant qu’elle pourrait affaiblir un droit social de longue date.

Laurent Rescanières, secrétaire général de la fédération Force Ouvrière couvrant l’agriculture, l’alimentation et les services connexes (FGTA FO), a déclaré que le projet représente « un recul social majeur ».

« Sous prétexte des besoins publics, il répond principalement à une pression économique et des consommateurs, au détriment de la santé des employés, de leur vie familiale et de l’équité entre les entreprises », a-t-il ajouté.

M. Rescanières a averti que permettre à davantage de secteurs de travailler le 1er mai risquerait de transformer une exception strictement limitée en règle générale.

« Les exemptions du Code du travail doivent rester limitées aux activités qui ne peuvent vraiment pas être interrompues », a-t-il déclaré.

Force Ouvrière remet également en question l’idée selon laquelle le travail le 1er mai pourrait être vraiment volontaire. Dans un contexte d’insécurité de l’emploi et de pression sur les salaires, M. Rescanières a déclaré que de nombreux travailleurs pourraient sentir qu’ils n’ont pas réellement le choix.

« Refuser de travailler le 1er mai ne doit jamais devenir une source de pression, de conflit ou de discrimination », a-t-il dit.

Le syndicat CGT a exprimé des préoccupations similaires.

Son secrétaire confédéral, Thomas Vacheron, a déclaré : « Dans une relation de subordination, les travailleurs n’ont pas réellement le choix, surtout dans les petites entreprises. »

« Comme pour le travail du dimanche, les employeurs pousseront les gens à travailler, sous la menace de ne pas être embauchés ou de perdre leur emploi. »

M. Vacheron a également contesté les affirmations selon lesquelles la loi offrirait une rémunération généreuse. Bien que la proposition fasse référence à une rémunération double, il a souligné que les employés sont déjà rémunérés le 1er mai même s’ils ne travaillent pas.

« Être payé ‘double’ pour avoir travaillé ce jour-là signifie en réalité être payé une seule fois pour le travail effectué », a-t-il déclaré. « Nous sommes censés être reconnaissants juste d’être payés pour avoir travaillé. »

La CGT estime que si la loi était adoptée, environ 1,6 million d’employés dans les secteurs concernés pourraient être sollicités pour travailler dès le 1er mai 2026.

« Oubliez votre week-end de trois jours », a déclaré M. Vacheron.

Les deux syndicats avertissent également que les petits commerces indépendants pourraient finir par être lésés. M. Vacheron a déclaré que les petites entreprises peuvent déjà ouvrir le 1er mai sans embaucher du personnel et bénéficier de l’aide familiale, tandis que la nouvelle loi profiterait principalement aux grandes chaînes de distribution.

« Présentée comme une loi au service du boulanger ou du fleuriste locaux, c’est en réalité une loi au profit des grands groupes », a-t-il déclaré.

Pour l’instant, le 1er mai reste protégé pour la plupart des travailleurs. Mais les syndicats estiment que le débat va au-delà d’un seul jour, avertissant que, une fois qu’une exception est élargie, elle se propage souvent, et les protections et les primes salariales ont tendance à disparaître avec le temps.


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