50% des ventes en dehors de l’Europe seront à moteur à combustion traditionnelle ou hybride
Le constructeur automobile emblématique français Renault va se limiter, pour les voitures neuves en Europe, à la vente de modèles électriques et hybrides au cours des quatre prochaines années, a-t-il confirmé.
Les nouveaux modèles à essence et diesel ne seront plus fabriqués ni vendus en Europe après 2030, dans le cadre d’une initiative que le groupe a baptisée « futuREady ».
« D’ici 2030, la marque Renault vise à réaliser 100% des ventes électrifiées en Europe et 50% en dehors de l’Europe », a déclaré le groupe dans un communiqué de presse le 10 mars.
Actuellement, 40% des ventes de la marque en Europe sont encore à motorisation à combustion. La nouvelle déclaration marque toutefois un changement par rapport à la déclaration initiale du groupe sur la question, car l’objectif inclut désormais les véhicules hybrides. En 2021, Renault avait déclaré viser 100% électrique d’ici 2030.
« FutuREady, notre nouveau plan stratégique, est une étape cruciale pour l’avenir du Groupe Renault… Depuis ma nomination au poste de PDG en juillet dernier, nous travaillons avec l’ensemble de l’équipe mondiale pour développer un plan qui mettra le groupe sur la voie d’une performance robuste et durable, quels que soient les défis à venir », a déclaré François Provost, PDG du Groupe Renault.
Marchés européens et internationaux
Renault prévoit de lancer 36 nouveaux modèles de véhicules entre 2026 et 2030, dont 16 seront électriques. Cela représente plus que les 32 modèles lancés au cours des quatre années entre 2021 et 2025. De plus, 14 des nouveaux modèles sont prévus en pensant aux régions de l’Inde, de la Corée et de l’Amérique latine; parallèlement, 12 sont destinés au marché européen.
Le groupe vise à vendre plus de deux millions de véhicules par an d’ici 2030, contre 1,6 million actuellement (dont 50% vendus en dehors de l’Europe).
Il vise également à augmenter l’électrification de sa marque à bas coût, Dacia. Le groupe vise à disposer de quatre modèles électriques d’ici 2030 (contre un actuellement), et porter les ventes électriques de Dacia à deux tiers du total dans le même laps de temps.
Renault prévoit d’inclure des « range extenders » dans ses nouveaux modèles, qui sont de petits moteurs à combustion qui chargent la batterie pendant la conduite. Le groupe affirme que cela permettra à ses véhicules électriques d’atteindre une autonomie allant jusqu’à 1 400 km.
Orientation vers l’électrique
Même avec l’inclusion de véhicules hybrides (et non entièrement électriques) dans son nouvel objectif, Renault adopte néanmoins une orientation axée sur l’électrique par rapport à certains de ses principaux concurrents. Cela inclut notamment le groupe Stellantis (dont les marques comprennent Citroën, Fiat et Peugeot), qui prévoit toujours de continuer à vendre des véhicules à essence et diesel.
Cela survient à un moment où les ventes de véhicules électriques n’ont pas connu la croissance escomptée, les hybrides restant populaires. De même, en décembre 2025, l’UE a étendu son objectif de 100% de véhicules électrifiés d’ici 2035, qui inclut les hybrides ainsi que le 100% électrique.
En novembre 2025, en France, plus d’un quart des immatriculations de voitures neuves étaient électriques, 20% au total l’année dernière. Le chiffre était de 17% au cours de 2023 et 2024.
Cette croissance a été en partie attribuée au succès du dispositif gouvernemental de location sociale, relancé à la fin septembre pour aider les ménages à faible revenu à louer des voitures électriques neuves. L’exigence pour les entreprises d’inclure au moins 20% de véhicules électriques dans leurs flottes a également soutenu les ventes.
En France, l’aide à l’achat de voitures électriques a changé en juillet lorsque le gouvernement a mis fin à l’incitation du bonus écologique, qui offrait jusqu’à 4 000 € pour les acheteurs privés éligibles, au profit d’un nouveau dispositif appelé le « coup de pouce véhicules particuliers électriques ».
L’aide financière s’élève à 4 200 € pour les ménages à faible revenu et 3 100 € pour les ménages à revenu élevé. La catégorie à laquelle appartiennent les demandeurs dépendra de leur revenu fiscal de référence.
