Appel à la vigilance contre les escroqueries après le vol de données personnelles appartenant à 678 000 utilisateurs
Les personnes touchées par une importante cyberattaque contre l’administration fiscale française devraient être contactées à partir de lundi, après que des données personnelles appartenant à environ 678 000 utilisateurs ont été volées.
La brèche, qui a visé l’administration fiscale française, la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), concerne les données à la fois des particuliers et des entreprises.
La DGFiP confirme que l’attaque a eu lieu en juillet.
Pour les particuliers, les informations volées incluent les noms, les dates de naissance, les adresses domiciliaires, les numéros de téléphone, les situations familiales, le revenu fiscal de référence et les taux de prélèvement à la source.
Le même groupe de hackers affirme également avoir volé environ 200 000 comptes contenant prétendument des informations cadastrales, relatives à la propriété et à la possession de terrains, lors d’une attaque précédente en juin.
La DGFiP précise que les informations volées ne peuvent pas être utilisées pour accéder aux comptes fiscaux sécurisés sur le site impots.gouv.fr , toutefois l’utilisation de ces données personnelles pourrait rendre les tentatives d’hameçonnage et d’usurpation d’identité considérablement plus convaincantes.
Pour les entreprises, les données volées sont considérées comme moins sensibles et comprennent les numéros d’immatriculation SIREN, les adresses des entreprises et les adresses des représentants autorisés.
Contribuables concernés seront contactés
Le ministre des Comptes publics de France, David Amiel, a demandé à la DGFiP de commencer à informer les utilisateurs affectés à partir du lundi 17 août.
Il a également demandé des propositions sur la manière dont les procédures de sécurité pourraient être renforcées et sur les leçons à tirer de ce que les responsables ont décrit comme une attaque sans précédent contre l’administration fiscale.
La directrice générale de la DGFiP, Amélie Verdier, s’est excusée auprès des contribuables et a exhorté les personnes touchées à faire preuve d’une vigilance particulière.
Risque accru d’arnaques liées à la fiscalité
Les informations volées pourraient permettre aux criminels de rendre les e-mails de phishing, les messages texte ou les appels téléphoniques plus crédibles en faisant référence à des détails tels que la situation fiscale d’une personne.
La DGFiP rappelle aux contribuables que ses services ne demandent jamais par courriel ou par téléphone des coordonnées bancaires, des informations personnelles ou des données d’identification.
Les e-mails authentiques de l’administration fiscale utilisent des adresses se terminant par @dgfip.finances.gouv.fr.
Les contribuables doivent également se méfier des liens les conduisant vers des sites web qui ne se terminent pas par .gouv.fr.
Même si un numéro de téléphone semble authentique, les contribuables ne doivent pas fournir d’informations personnelles ou bancaires. Les fraudeurs peuvent utiliser ce que l’on appelle des techniques de spoofing pour faire passer des appels pour des numéros légitimes.
La DGFiP a spécifiquement averti des tentatives de phishing à un moment où les contribuables pourraient s’attendre à des remboursements d’impôt ou à d’autres communications de l’administration.
Ouverture d’une enquête pénale
Cette brèche survient après plusieurs cyberattaques récentes visant des institutions publiques françaises, y compris l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).
Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur l’attaque.
Les enquêteurs tenteront d’établir comment les auteurs sont parvenus à pénétrer dans les systèmes de l’administration fiscale, qui est responsable et si les informations volées ont été utilisées ou partagées par la suite.
