Le gouvernement recherche des milliards d’euros d’économies dans le budget 2027
Une proposition de gel des augmentations de pensions pour les retraités les plus aisés est à l’étude alors que le gouvernement français cherche des économies à hauteur de milliards d’euros dans le budget 2027. Cela soulève la question de savoir ce qui est considéré comme un retraité « confortable » ?
L’enjeu est apparu début août lorsque le gouvernement a commencé à travailler sur son budget 2027.
Le Journal du Dimanche a rapporté le 8 août que le ministère français des Finances préparait une « année blanche » ciblée, avec l’accord du Premier ministre, selon laquelle certaines dépenses publiques n’augmenteraient plus automatiquement avec l’inflation.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu aurait été opposé à des « coupes budgétaires aveugles ».
Les discussions se dirigeaient plutôt vers un système ciblé dans lequel les augmentations des pensions seraient réduites progressivement en fonction des revenus.
Les pensions plus faibles et le minimum vieillesse seraient protégés, une gelation complète pouvant s’appliquer au-delà d’un seuil qui n’a pas encore été décidé.
Pourquoi les pensions sont-elles visées ?
Les dépenses liées aux pensions en France augmentent d’environ 7 milliards d’euros par an, soit environ 7 milliards d’euros de plus que la moyenne européenne.
Un expert gouvernemental anonyme a déclaré au Journal du Dimanche que les dépenses liées aux pensions pourraient augmenter de 12 milliards d’euros en 2027 si rien ne change, l’indexation liée à l’inflation représentant environ la moitié de cette hausse.
Les pensions de base de l’État avaient été augmentées de 0,9 % en janvier 2026.
L’objectif serait donc de réduire l’augmentation automatique des dépenses tout en protégeant ceux qui ont les revenus les plus faibles.
Qu’est-ce qu’une pension « confortable » ?
Il n’existe pas en France de seuil officiel définissant une pension de retraite confortable.
La pension moyenne perçue directement par les retraités vivant en France était de 1 666 euros brut par mois en 2023, soit 1 541 euros après les prélèvements sociaux, selon l’agence de statistiques du ministère des Finances, la Drees.
Une pension de 2 000 € net est donc au-dessus de la moyenne, mais cela ne signifie pas automatiquement que quelqu’un est aisé.
Gaëtan Cochard, expert en retraite chez Kereis Expertises, a déclaré à Capital qu’il situerait le niveau d’aisance entre environ 3 000 et 5 000 euros par mois.
Ce chiffre inclut les revenus tirés des actifs. Une personne percevant 2 000 euros de pensions et 1 000 euros provenant de biens ou d’investissements pourrait donc se situer dans cette fourchette.
Les coûts de logement jouent également un rôle important. Un couple retraité possédant sa résidence et vivant hors d’une grande ville peut disposer d’un revenu disponible bien plus élevé que celui d’un locataire à Paris au même niveau de revenu.
Comment cela se compare-t-il avec d’autres retraités ?
Le niveau de vie médian des retraités s’élevait à 26 830 euros par an en 2024, soit environ 2 236 euros par mois, selon l’Insee.
Cela ne correspond pas au revenu des pensions. Le niveau de vie prend en compte l’ensemble des ressources disponibles du ménage et sa taille, y compris les revenus tirés des actifs.
Il est donc possible que deux retraités ayant des pensions identiques aient des niveaux de vie très différents.
Où commence la notion de « riche » ?
L’observatoire indépendant des inégalités utilise une mesure distincte de la richesse. Il situe actuellement le seuil pour une personne seule à 4 292 euros par mois après impôt.
Cela n’est pas un seuil lié à une pension : il concerne le revenu global. Il fournit néanmoins une référence utile pour comprendre la différence entre être au-dessus de la moyenne et être réellement aisé.
Un retraité percevant 2 000 euros de pensions peut être financièrement à l’aise s’il est propriétaire de son logement et s’il a peu de coûts fixes.
A contrario, une personne percevant 3 000 euros avec un loyer important ou d’autres dépenses peut avoir moins de revenu disponible.
Que va-t-il se passer ensuite ?
Le gouvernement n’a pas encore décidé du seuil ni du mécanisme précis pour toute déindexation des pensions en 2027.
Le débat ne porte donc pas seulement sur le montant dont un retraité a besoin pour vivre confortablement. Il s’agit de déterminer où le gouvernement doit tracer la ligne entre les pensions qu’il considère comme nécessaires à protéger et celles qu’il estime pouvoir absorber une augmentation plus faible.
Pour l’instant, les chiffres clés sont :
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1 666 € brut : pension directe moyenne en 2023
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2 236 € : niveau de vie mensuel médian des retraités en 2024
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3 000–5 000 € : globalement aisés
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4 292 € : revenu mensuel après impôt auquel l’Observatoire des inégalités considère qu’une personne célibataire est riche
Cependant, le seuil de 2027 – s’il est maintenu – pourrait se situer n’importe où dans ces fourchettes. Il demeure une décision politique, plutôt qu’une définition établie d’une pension « confortable ».
