Le comportement de certains skieurs, source d’inquiétude alors que la gravité des blessures s’aggrave
Les stations de ski en France mettent en place de nouvelles méthodes pour rappeler aux skieurs les règles de sécurité afin de réduire les collisions liées à la vitesse, à la drogue et à l’alcool sur les pistes.
La montée des campagnes de sécurité intervient après que 31 213 personnes (+8% par rapport à l’année précédente) ont été prises en charge par les équipes de secours en montagne au cours de la saison 2024-2025, réparties sur 52 stations de ski, comme le relève le Système national d’observation de la sécurité en montagne (SNOSM) dans leur rapport le plus récent.
La situation demeure toutefois relativement stable en tenant compte de l’augmentation du nombre de visiteurs (+5,5%) l’année dernière.
Le rapport a également révélé une augmentation du nombre d’appels d’hélicoptères médicaux (+40% par rapport aux deux hivers précédents) indiquant une aggravation de la gravité des blessures.
« Le comportement de certains skieurs demeure une source d’inquiétude (mauvaise gestion de la vitesse, manque de respect, incivilités, etc.). Il est donc nécessaire de poursuivre une politique de sensibilisation aux accidents et à un comportement approprié sur les pistes », déclare le rapport du SNOSM.
Dans certains cas particulièrement graves, les collisions ont été fatales.
Initiatives de sécurité créatives
Cette saison, la station Les Arcs/Peisey-Vallandry (Savoie) a lancé la piste « Chronoski » pour sensibiliser le public à sa vitesse.
Les skieurs sont invités à s’aligner au départ d’une piste droite et raide, où leur forfait déclenche une montre qui mesure leur vitesse. Au bas de la descente, des panneaux d’information présentent un « code d’honneur » à respecter sur l’ensemble du domaine.
« Le problème, c’est que nous ne réalisons pas toujours à quelle vitesse nous allons, et cet outil permettra à chacun de mesurer sa propre performance », a déclaré le responsable des communications de la station, Arthur Cotteverte, au Le Figaro.
La vitesse excessive et l’arrêt au milieu d’une piste sont les principales causes de collisions.
Pour cette raison, Val d’Isère a développé une nouvelle initiative « Ski tranquille », dans le cadre de laquelle la vitesse est interdite sur 30 % des pentes de la station.
Dans le reste du domaine, les skieurs peuvent voir des panneaux affichant des rappels de sécurité souvent accompagnés de rimes ou de jeux de mots : Si t’es champion, pas de queue de poisson (Si vous êtes un champion, ne vous faufilez pas devant les autres), Pense à freiner, t’es en congé ! (Souviens-toi de freiner, tu es en vacances).
Des séances d’information renforcent également la sensibilisation à la sécurité du ski. À Les Menuires (Savoie), « Safety After Ski » est organisé les mardis soirs pour offrir un aperçu du monde du sauvetage en montagne, tandis que Les Deux-Alpes (Isère) a lancé « Ski Safe » – le personnel de la station observe le comportement sur les pistes et prodigue des conseils de sécurité.
Le personnel de patrouille des pistes n’est toutefois pas autorisé à infliger des amendes pour comportement dangereux.
Avertissements concernant la consommation de drogue et d’alcool
La consommation de drogues et d’alcool sur les pistes est également intégrée dans les dernières campagnes de sécurité.
Une enquête a été ouverte récemment par les autorités locales sur le décès d’un touriste américain qui pratiquait le ski hors-piste, après que l’instructeur a été testé positif à l’usage de drogues.
Techniquement, il n’est pas illégal de boire ou d’être ivre sur les pistes, mais toute personne trouvée ivre en public et se comportant de manière dangereuse en conséquence risque une amende de 68 à 150 euros, ou davantage, selon les circonstances.
Cette règle s’applique à toute zone des stations de ski, des pistes et des remontées mécaniques.
Si une personne ivre est impliquée dans un accident qui blesse autrui, cela pourrait aussi la faire accuser d’« mettre en danger la vie d’autrui » et de provoquer un accident avec des « circonstances aggravantes ».
Les casques ne sont pas obligatoires
Les signalements de comportements téméraires et la gravité croissante des blessures sont d’autant plus préoccupants que les casques ne sont pas obligatoires en France – sauf pour les enfants dans les écoles de ski.
Une loi est entrée en vigueur en Italie le 1er novembre 2025 rendant le port du casque obligatoire sur toutes les pistes du pays, y compris pour les skieurs franchissant la frontière depuis la France. Toute personne sur une piste italienne sans casque est désormais passible d’une amende de 150 € et de la confiscation du forfait de remontée.
Pour le moment, les stations françaises continuent d’encourager le port du casque par le biais de campagnes de sensibilisation et des conseils des moniteurs, en l’intégrant dans une approche globale de protection des skieurs et des snowboardeurs.
Pensez-vous que les casques de ski devraient être rendus obligatoires en France ? Envoyez vos avis à [email protected]
