Hausse des primes d’assurance habitation en France liée aux inondations

Les coûts de compensation des récentes tempêtes et des inondations dans l’ouest et le sud-ouest sont estimés à des milliards d’euros

Les primes d’assurance habitation en France devraient augmenter de manière significative au cours des prochaines années alors que les inondations qui se poursuivent dans l’ouest et le sud-ouest font monter les coûts de compensation à des milliards d’euros.

Plusieurs départements restent en alerte maximale face aux risques d’inondation le 22 février avec le prévisionniste d’État Météo France et le service gouvernemental de surveillance des crues Vigicrues.

Des parties du Charente-Maritime, de la Gironde, du Lot-et-Garonne et du Maine-et-Loire ont connu d’importants débordements de rivières, tandis que les zones côtières ont également été placées sous des avertissements de submersion par les vagues.

Cela fait suite à une série de fortes tempêtes qui se sont abattues en succession rapide depuis décembre, et qui ont provoqué d’importantes inondations dans l’ouest de la France.

Le coût total des dégâts causés par les récentes tempêtes et inondations n’est pas encore connu mais les estimations préliminaires suggèrent que les pertes assurées pourraient atteindre entre 2,5 milliards et 3 milliards d’euros.

Pour la tempête Nils seulement, qui a touché environ 250 000 foyers, la facture a déjà atteint 1 milliard d’euros, selon la Caisse centrale de réassurance, le réassureur étatique qui soutient le système des catastrophes naturelles en France.

Les inondations constituent l’un des risques climatiques les plus coûteux pour les assureurs.

L’organisme professionnel France Assureurs estime une indemnisation moyenne comprise entre 10 000 et 14 000 euros par foyer touché, reflétant les dommages aux bâtiments, aux installations et au contenu.

La prévision de 8 à 11% pourrait être dépassée

En décembre 2025, le groupe de consommateurs UFC-Que Choisir a prévu des augmentations moyennes des primes d’assurance habitation de 8% à 11% en 2026.

Les assureurs soutiennent qu’ils ne répercutent pas l’intégralité du coût des sinistres sur les assurés. Néanmoins, la tarification demeure le principal levier d’ajustement dans un système sous tension croissante.

Le régime français des catastrophes naturelles, connu sous le nom de CatNat, est basé sur la solidarité nationale : 98 % des assurés paient une prime additionnelle fixe pour financer l’indemnisation des catastrophes naturelles officiellement reconnues, quel que soit l’exposition de leur propre habitation.

Cette surtaxe est passée de 12% à 20% sur les contrats d’assurance habitation à partir du 1er janvier 2025, faisant grimper les factures annuelles d’environ 16 euros en moyenne par foyer. L’objectif était de rétablir les finances du système de réassurance après plusieurs années de pertes importantes.

Depuis 1982, le régime CatNat a versé plus de 53 milliards d’euros en indemnisation, les inondations et les sécheresses représentant la grande majorité des sinistres. Des hivers récents, y compris les fortes inondations dans le Pas-de-Calais en 2023-2024, ont accentué la tendance à la hausse des pertes liées au climat.

Près de la moitié des communes à risque

La France est particulièrement vulnérable aux inondations, environ 47% des communes se trouvant dans des zones à risque d’inondation, affectant près de 17 millions d’habitants.

Les régulateurs ont averti que les primes d’assurance pourraient doubler d’ici 2050 si les trajectoires climatiques actuelles se poursuivent.

Il existe aussi des inquiétudes concernant l’émergence de « déserts d’assurance » dans les zones les plus exposées, où les maisons pourraient se voir refuser une couverture d’assurance – comme cela est récemment arrivé à un couple britannique.

Alors que l’assurance habitation est obligatoire pour les locataires et fortement recommandée pour les propriétaires, certains ménages situés dans les zones à haut risque font déjà face à des franchises beaucoup plus élevées ou à des difficultés pour obtenir une couverture.

Dans les cas extrêmes, le régulateur national de l’assurance, Le Bureau central de tarification, peut exiger d’un assureur qu’il fournisse une couverture de base, bien que celle-ci puisse être plus coûteuse.


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