L’image des investissements varie en fonction de la localisation géographique
Question du lecteur : Nous adorons notre résidence secondaire en France mais nous nous demandons parfois si cela constitue un bon investissement. Les Français achètent-ils encore des résidences secondaires dans le cadre de leur stratégie d’investissement ?
Les fortunes réalisées dans l’immobilier ailleurs (par exemple, une maison mitoyenne achetée à Londres pour 90 000 £ dans les années 1980 qui vaudra désormais au moins 600 000 £) sont rares en France, où les prix de l’immobilier n’ont pas autant augmenté.
Cependant, pour des raisons historiques – notamment les révolutions et les crises financières en particulier – la pierre est toujours perçue comme une valeur sûre en France, même lorsque ses rendements sont dépassés par les marchés boursiers.
L’agence statistique nationale Insee calcule que l’immobilier (principalement les résidences principales mais aussi les résidences secondaires et les biens locatifs) représente 62 % de la richesse totale des Français.
Pour les résidences secondaires, l’image d’investissement est compliquée par le droit français des successions, où la succession est répartie entre les frères et sœurs.
Il n’est pas rare que ces frères et sœurs soient en désaccord sur la vente ou la conservation d’une maison à la campagne, de sorte qu’elle fasse partie de l’héritage familial commun par défaut plutôt que par choix délibéré.
Un autre facteur de complication est la nature du marché immobilier français, où les cycles des propriétés rurales diffèrent de ceux des villes.
Il a fallu au moins dix ans pour que les propriétés rurales, dont la valeur marchande a chuté d’une moyenne de 25 % lors de la crise financière de 2007 et 2008, retrouve les niveaux de prix de 2006. Et à la suite des récentes hausses des taux d’intérêt, ces prix commencent à baisser légèrement de nouveau, tandis que ceux des villes ont majoritairement augmenté, malgré quelques revers occasionnels.
Les personnes qui achètent des résidences secondaires en France dans un objectif d’investissement, en particulier dans les villes et les stations balnéaires, les louent souvent via des plateformes telles qu’Airbnb, ce qui est devenu un modèle d’affaires très rentable.
Cependant, une partie de l’éclat a été atténuée depuis que le gouvernement a exigé que ces plateformes partagent les informations sur les revenus des propriétés avec les autorités fiscales. Certaines communes restreignent également désormais le nombre de jours pendant lesquels les propriétés peuvent être louées en tant qu’hébergement touristique, ce qui réduit aussi le potentiel d’investissement.
Les transformer en locations locatives traditionnelles n’est pas simple, d’autant plus que les baux de longue durée signifient qu’elles ne peuvent plus être utilisées comme résidence de vacances. Des changements législatifs récents visant à exclure du marché locatif les propriétés les moins économes en énergie ont également constitué un frein pour les investisseurs.
Donc, la réponse courte est que oui, les Français continuent d’investir dans des résidences secondaires, mais à moins qu’elles ne se trouvent dans des villes ou dans des stations balnéaires ou montagnardes prisées, ils n’espèrent pas toujours faire fortune en les revendant.
