La France lutte contre les fourmis électriques invasives alors que les coupes budgétaires menacent l’éradication

Des colonies agressives sont difficiles à éradiquer et les chercheurs doivent obtenir l’approbation pour tester de nouvelles méthodes

Des inquiétudes sont exprimées quant au risque que les colonies de fourmis électriques se propagent à travers la France, alors que des problèmes budgétaires et des tracasseries administratives entravent l’effort d’éradication de deux « supercolonies » dans le sud.

Première observation en France en 2022 près de Toulon (Var), une seconde colonie de fourmis a été découverte plus tard dans le département en 2024, près de La-Croix-Valmer, à environ 60 km à l’est de Toulon.

Depuis leur apparition en Espagne en 2016, la Commission européenne a répertorié les fourmis comme une « espèce préoccupante ». 

Les minuscules insectes, aussi connus sous le nom de petites fourmis-feu, mesurent environ 1,5 mm et doivent leur nom à leurs piqûres puissantes et à leur tendance à viser les humains. Ils présentent une couleur brun-roux terne.

Leurs piqûres peuvent provoquer un choc anaphylactique chez l’humain. Elles peuvent aussi attaquer les animaux domestiques tels que les chats et les chiens, en concentrant leurs piqûres autour des yeux, entraînant souvent la cécité chez ces animaux.

Les fourmis sont aussi agressives envers d’autres insectes et leurs colonies peuvent souvent neutraliser celles d’autres espèces, envahissant d’immenses étendues de terrain et perturbant des écosystèmes naturels qui dépendaient de la présence des colonies précédentes. 

À La-Croix-Valmer, la colonie a attaqué des nids d’oiseaux et des mouches. 

Les fourmis proviennent d’Amérique centrale et du Sud bien que celles observées dans le Var soient issues d’une souche israélienne de l’espèce, qui est plus résistante au froid, redoutant qu’elles ne se propagent plus loin vers le nord que la côte méditerranéenne. 

On pense qu’elles arrivent avec les importations de plantes, on sait qu’elles se reposent dans les débris végétaux et le sol, un lieu de repos qui les rend particulièrement difficiles à éradiquer. 

Des difficultés de financement au milieu des coupes budgétaires 

La perspective que ces colonies se propagent davantage le long de la côte ou vers la France continentale est redoutée par les écologistes, avec l’Office français de la biodiversité (OFB) déclarant que leur « arrivée pourrait perturber l’ensemble de notre écosystème ». 

« Le suivi des voies d’introduction et de propagation de cette espèce exotique invasive… relève entièrement de la responsabilité de l’État », a déclaré Laurine Karkidès, directrice adjointe de Fredon Paca, un réseau d’experts dédié à la santé des plantes et à l’environnement, qui fait partie du groupe chargé d’éradiquer les fourmis. 

Une subvention initiale de 200 000 € a été accordée à une équipe recherchant la colonie de Toulon, mais cela n’a pas suffi à éradiquer la colonie qui peut prendre environ trois ans.

Lorsque la seconde colonie a été découverte, un financement supplémentaire était prévu mais a été bloqué alors que la France fait face à une dette d’État croissante.

Les propositions initiales pour le budget de 2026 prévoyaient une réduction des niveaux du « fonds vert » qui a été utilisé à ce jour. Si les niveaux plus bas restent en vigueur dans le texte éventuel de 2026, il pourrait être difficile d’obtenir l’aide nécessaire. 

Colonies difficiles à éradiquer 

Les chercheurs chargés d’éliminer les colonies soulignent également les difficultés à faire approuver les mesures. 

Les pièges à fourmis typiques utilisés pour les espèces domestiques en France sont basés sur des appâts au goût sucré et à l’odeur attirante, auxquelles les fourmis électriques ne sont pas attirées.

Un produit australien, Campaign, est efficace pour éliminer les colonies, mais les règles actuelles font qu’il ne peut être importé que pour une utilisation sur un site précis, à un moment donné et selon une méthode particulière. 

Cependant, les fourmis peuvent largement éviter les pièges à appâts dans lesquels le produit est utilisé, des recherches suggérant que la meilleure méthode pour tuer les colonies est de répandre largement le produit – une mesure actuellement interdite par les réglementations de sécurité. 

Le Ministère de la Transition écologique a déclaré à l’AFP qu’il « examinait » les exemptions pour l’utilisation du produit, mais que les « risques toxicologiques » subsistent et que d’autres tests doivent être effectués, ajoutant aussi que, comme les fourmis se propagent par les plantes, le sol et les débris, la mesure n’est pas garantie d’éradiquer les colonies. 


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