La France dévoile sa nouvelle stratégie contre la désinformation sanitaire

Campagnes en ligne et nouveaux chiens de garde au cœur de la stratégie, mais des « scores » pour l’information et des sanctions écartés pour l’instant

Le ministère français de la Santé a dévoilé un plan visant à lutter contre la désinformation en matière de santé, qu’il décrit comme « l’un des vecteurs d’attaque contre la démocratie » qui menace le pays.

Le plan, qui comprend plusieurs volets, a été annoncé par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à la suite de la remise d’un important rapport sur l’information et la désinformation en matière de santé en France.

« Lorsque de fausses informations circulent plus vite que la science, ce sont les plus vulnérables qui paient le prix le plus lourd. Et face à cela, l’État ne peut rester silencieux ni se contenter de réagir à chaque incident », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse sur la nouvelle campagne.

La stratégie s’appuiera sur les plans initiaux présentés par l’ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder.

La désinformation sanitaire est devenue un problème croissant en France, particulièrement depuis la pandémie de Covid-19. Les vaccins contre la maladie ont été particulièrement visés.

Stratégie en quatre volets

Le ministère utilisera un plan en quatre volets pour cibler la désinformation.

Le premier élément consistera en la mise en place d’un baromètre public mesurant les croyances nationales sur la désinformation en matière de santé, disponible à partir d’avril 2026 et qui compilera des données issues de plusieurs sondages d’opinion.

De plus, un comité de citoyens sur la désinformation sera formé le mois prochain pour évaluer la question.

La deuxième mesure consistera à mettre en place un « Observatoire de la Désinformation en Santé », dont le but sera de « partager des informations avec les partenaires du ministère, les médias, les sociétés savantes, les ordres professionnels et les professionnels de santé », concernant la désinformation en matière de santé.

Sa structure finale reste à confirmer et « sa gouvernance et les mécanismes garantissant son indépendance sont en cours d’examen », a déclaré le ministère.

La troisième mesure consiste en l’annonce d’un nouveau système de surveillance de l’information qui détectera la désinformation qui se propage en ligne, puis planifiera rapidement et publiera des contre-mesures et des informations correctives.

Le système « mobilisera une communauté d’alliés (agences régionales de santé, autorités de supervision, instituts de recherche, un réseau d’experts, journalistes et influenceurs) » pour fournir des réponses.

Celles-ci seront ensuite diffusées principalement via des sites de réseaux sociaux tels qu’Instagram et TikTok, où la désinformation peut se propager facilement.

L’observatoire et le système devraient être tous deux placés sous le contrôle du ministère, même si certains demandent qu’ils soient gérés par un organisme indépendant afin de garantir qu’ils ne deviennent pas un outil partisan du gouvernement.

Quoi qu’il en soit de la composition finale de l’observatoire, « il disposera d’un comité de supervision qui rendra compte au Parlement chaque année », a déclaré Mme Rist.

Une quatrième et dernière mesure mettra l’accent sur la lutte contre la désinformation sanitaire à travers la France, en améliorant l’éducation et la confiance dans le système de soins « de la crèche jusqu’aux maisons de retraite ».

Cela visera à intégrer les tactiques de désinformation sanitaire dans les programmes éducatifs, notamment dans les cours de recherche de haut niveau.

L’annonce n’a pas précisé le coût du dispositif.

Extensions supplémentaires possibles

Certains experts ont évoqué l’idée d’un « Info-Score » destiné à évaluer les affirmations sur la santé, semblable au label « Nutri-Score » utilisé pour les aliments.

Cette évaluation serait basée sur les sources utilisées, leur validation scientifique et l’éventuel conflit d’intérêts entre la personne qui diffuse l’information et sa vie personnelle ou professionnelle (par exemple, un lobbyiste du secteur laitier faisant la promotion des bienfaits du lait, etc.).

Cependant, le gouvernement « n’est pas prêt à attribuer une note à l’information », a déclaré Mme Rist.

Des extensions ultérieures de la campagne pourraient inclure une protection accrue pour les experts qui luttent contre la désinformation en ligne, ainsi que des sanctions pour ceux qui se sont rendus coupables de diffusion de désinformation.


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