Pour de nombreux ressortissants non européens qui s’installent en France pour une période qui dépasse un simple séjour, le Contrat d’intégration républicaine (CIR) constitue l’une des premières étapes vers l’établissement d’un statut de résident établi.
Organisé par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), il vise à soutenir l’intégration des nouveaux arrivants.
Les personnes concernées comprennent les salariés sous contrat de travail standard, les personnes venues pour un regroupement familial avec des citoyens français, et les travailleurs indépendants.
Ne sont pas concernés les personnes – telles que les retraités étrangers et les retraités précoces – portant des visas de « visiteur », celles titulaires de cartes d’étudiant ou de contrats de travail temporaires, les travailleurs saisonniers, les proches de citoyens de l’UE (mais non citoyens français), et les détenteurs de cartes « talent », par exemple pour certains postes hautement qualifiés, et les cartes d’Accord de retrait.
Le CIR ne doit pas être confondu avec le Contrat d’engagement à respecter les principes de la République, un document simple que les demandeurs de cartes de résidence françaises se voient demander de signer pour confirmer leur soutien aux valeurs républicaines, telles que l’égalité entre les sexes et l’État laïque.
Des modifications ont été apportées aux éléments linguistiques et civiques/culturels du CIR depuis l’été 2025 et il est désormais nécessaire de réussir des épreuves de langue et de culture civique pour ceux qui déposent une demande de première carte de séjour pluriannuelle (délivrée pour deux à quatre ans renouvelables), ou d’une première carte de résident de dix ans, ou pour les voies habituelles vers la citoyenneté française.
Ces tests, souvent passés dans les mois qui suivent l’achèvement du CIR, ne font pas partie du CIR lui-même.
Votre guichet principal pour le CIR est l’un des 31 centres de l’Ofii (voir ofii.fr/ou-nous-trouver). Les nouveaux arrivants sont généralement convoqués pour une visite d’accueil une fois qu’ils ont validé un visa VLS-TS (« équivalent à une carte de résident ») ou ont déposé une demande de première carte de résidence physique.
Si vous n’avez pas de nouvelles dans les 45 jours, il est conseillé de contacter l’Ofii, en fournissant une copie de votre passeport et les détails de votre visa.
La visite d’accueil dur ses demi-journée et comprend un test écrit et oral pour évaluer les compétences en langue française, ainsi qu’un entretien vous donnant des informations sur l’accès aux services locaux pour faciliter votre installation.
Il vous sera demandé de signer un document CIR, présenté avec une traduction si nécessaire. Dans ce document, vous êtes invité à confirmer que vous respecterez les valeurs essentielles de la société française et de la République, à adopter une attitude sérieuse quant à l’achèvement de la formation requise et à faire un suivi des conseils qui vous seront donnés.
Un examen médical est souvent effectué le même jour.
Exigences linguistiques
Si une personne atteint au moins le niveau A2 européen en français (sur une échelle A1–A2–B1–B2–C1–C2), c’est-à-dire capable d’effectuer des tâches simples et d’avoir de courts échanges sur des sujets familiers, aucune formation linguistique supplémentaire n’est proposée. Dans le cas contraire, dans la plupart des situations, un accès gratuit à une plateforme en ligne automatisée sera offert, permettant aux apprenants d’étudier à leur rythme.
Quiconque dépose une demande de première carte de séjour pluriannuelle (souvent peu après avoir achevé le CIR) doit désormais apporter une preuve d’atteinte du niveau A2, en passant un test de français coûtant entre 130 et 190 €. Plusieurs tests sont acceptés, tels que le TCF, le TEF et le Delf. Le niveau B1 sera exigé pour une carte de dix ans et le B2 pour la citoyenneté.
Vous pouvez trouver des centres de tests ici et ici. Demandez si le test se fait sur papier ou, s’il se fait sur ordinateur, s’il existe des claviers QWERTY disponibles. Si vous passez le TCF ou le TEF, choisissez celui étiqueté IRN (intégration, résidence, nationalité).
Les personnes sans certificat au niveau A2 ou plus ne peuvent plus (avec certaines exceptions) postuler pour une première carte pluriannuelle, mais ne peuvent accéder qu’à une carte d’un an. Cette dernière peut être délivrée au maximum trois fois de suite sous la même dénomination aux personnes éligibles à une carte pluriannuelle équivalente (à noter qu’il n’existe pas de carte « visiteur » pluriannuelle).
Les exceptions à cette exigence incluent les personnes titulaires de diplômes d’universités françaises, les personnes de plus de 65 ans et les personnes présentant des conditions physiques/santé rendant le passage d’un test impossible, même avec des adaptations.
Les demandeurs d’une première carte de résident de dix ans, qui comprend certains nouveaux arrivants ayant des liens familiaux ou des personnes ayant vécu en France pendant cinq ans sous un autre statut, doivent prouver le niveau suivant, B1, nécessitant des compétences de communication plus complexes (les mêmes exceptions s’appliquent). La citoyenneté exige le B2 et il n’existe pas d’exemption automatique pour les plus de 65 ans.
Le CIR engage les nouveaux arrivants à quatre jours de formation à l’intégration sur plusieurs mois.
Celle-ci couvre des thèmes tels que les institutions françaises, les systèmes de santé et sociaux, le travail, les droits et obligations et le logement, ainsi que les points clés de l’histoire et de la culture françaises.
Le « contrat » CIR dure un an, parfois renouvelable une fois.
Six à neuf mois après le début de la formation, vous serez invités à revenir à l’Ofii pour faire le point sur ce que vous avez appris et recevoir des conseils supplémentaires sur les services locaux qui vous concernent.
Nouveau test civique maintenant en place
Un réseau de centres privés propose désormais un examen civique à choix multiples sur les thèmes couverts pendant les journées de formation, qui doit être réussi à 80 % ou plus par les mêmes personnes tenues de passer les tests linguistiques.
Il est structuré à trois niveaux : carte pluriannuelle, carte de dix ans ou naturalisation.
Pour plus d’informations, y compris des exemples de contenu et comment trouver les centres, rendez-vous sur formation-civique.interieur.gouv.fr.
Laurent de Vathaire, responsable de Kangourou Provence à Marseille, qui propose le TEF et les tests civiques, a déclaré que le coût du test civique sera de 70 €. Cela reflète qu’il s’agit d’un test plus simple, passé en une seule fois et ne durant pas plus d’une heure. Les tests de langue comportent plusieurs modules, dont une partie orale, la rédaction de textes courts et des exercices de compréhension orale et écrite.
Les questions du test civique seront factuelles (telles que : « Quelles sont les deux chambres du parlement français ? ») ou « situations » (par exemple : « Un employé du service de protection sociale de votre mairie porte un foulard islamique pour accueillir le public : cela est-il acceptable au regard du principe de laïcité ? »).
M. de Vathaire a déclaré : « Il est comparable au test du Code de la route : les personnes viennent, s’installent, le passent sur ordinateur et repartent. »
Il a indiqué que les centres seront largement les mêmes que ceux qui proposent des tests de langue. Ses centres proposeront initialement des séances de groupe deux fois par mois, mais cela évoluera en fonction de la demande.
Un autre centre, Provence Lingua à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), a déclaré qu’ils proposeront uniquement des sessions individuelles, sur demande, à 100 €.
