Blocages de l’A64 et mises à jour de la loi d’urgence

Les sections locales des syndicats protestent à l’échelle nationale, mais les syndicats restent divisés sur les prochaines étapes

Les agriculteurs français continuent d’escalader les protestations dans le sud de la France, alors qu’un nouveau blocus de l’A64 près de Toulouse a commencé ce matin avant d’être démantelé par la police.

Les agriculteurs qui bloquaient l’autoroute depuis plusieurs jours avaient levé leur blocus hier, suscitant l’espoir que la route serait à nouveau libre de toute perturbation.

Cependant, un nouveau groupe de manifestants soutenu par les sections locales du FDSEA, des Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale et Confédération Paysanne l’a rapidement remplacé.

Les manifestants de ce groupe se sont également dirigés vers le Centre d’expositions Métropole de la ville pour manifester.

Le blocage de l’A64 a été levé plus tôt ce matin par la police, entraînant de nouvelles perturbations sur la route et plusieurs arrestations, bien que la circulation à midi se soit améliorée. 

La préfecture de Haute-Garonne a ajouté que les conditions de circulation dans la ville étaient « fluides » et que les perturbations liées aux manifestations restaient minimes.

Ailleurs, des manifestants bloquent des routes dont la N51, l’A304 et la N12, avec une nouvelle manifestation le long de l’A50 dans le Var.

Les agriculteurs bloquent également des dépôts de carburant dans les départements de la Marne et de l’Indre-et-Loire.

Utilisez notre article pour connaître la situation des routes près de chez vous.

Dans la capitale, une délégation d’agriculteurs s’est garée devant le bâtiment du Parlement de l’Assemblée nationale et est en train de quitter la ville après une réunion tardive avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. 

Cette protestation a vu environ 350 tracteurs venus des régions locales faire irruption à Paris mardi et a été dirigée par le plus grand syndicat agricole de France, la FNSEA.

Le syndicat cherchait des assurances sur certaines mesures, notamment des prêts et une aide pour les agriculteurs endettés. 

Satisfait de la réunion, la FNSEA a appelé les agriculteurs à quitter Paris et à rentrer chez eux.

Une nouvelle loi d’urgence agricole suffira-t-elle à apaiser les protestations ?

Dans le but d’apaiser les protestations, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé hier une « loi d’urgence agricole » qu’il entend déposer à l’Assemblée nationale pour examen avant l’été. 

La loi comprendra des changements dans les politiques d’utilisation de l’eau pour les agriculteurs — avec une pause sur toutes les réglementations relatives à l’eau jusqu’au dépôt du projet de loi — des changements dans les règles sur la façon dont les agriculteurs peuvent faire face aux loups qui s’attaquent au bétail, et de nouvelles règles concernant les « moyens de production », c’est-à-dire les ressources et les méthodes que les agriculteurs peuvent utiliser. 

Il est possible que la France demande des dérogations à certaines mesures environnementales de l’UE, notamment l’utilisation d’engrais à base de nitrates. 

Cela s’ajoute à 300 millions d’euros d’aide promis la semaine dernière, qui est distincte de la nouvelle loi.

Cependant, M. Lecornu ne peut rien faire au sujet de l’accord commercial Mercosur, qui a été adopté la semaine dernière après un soutien majoritaire au sein de l’UE malgré que la France ait voté contre. 

Alors que la FNSEA a appelé à ce que les protestations liées à l’accord cessent en France – arguant que c’est inutile car le gouvernement français ne peut rien y faire – les sections locales d’autres syndicats continuent d’attribuer à cet accord au moins une partie de leur colère. 

De plus, la loi d’urgence n’inclut pas des mesures concernant la maladie de la peau bosselée touchant les bovins français, une autre raison de colère citée par les manifestants, notamment dans le sud (bien que le gouvernement prenne des mesures séparées et plus immédiates, y compris une campagne de vaccination). 

Les syndicats ne sont pas unis

La loi d’urgence traite directement de plusieurs questions soulevées par la FNSEA, qui cherche à utiliser cette colère plus large mais peut-être passagère pour obtenir des concessions durables pour les agriculteurs. 

Le syndicat semble désormais satisfait et concentrera son attention sur une grande protestation prévue le 20 janvier à Strasbourg, visant le Parlement européen. 

Des actions supplémentaires ailleurs en France par le syndicat semblent limitées, du moins avant cette date.

La FNSEA a traditionnellement été le syndicat qui mène (ou du moins le premier invité à le faire) les discussions avec le gouvernement pendant les périodes de protestation et de colère. 

D’autres syndicats peuvent se sentir mis à l’écart par cela et, comme on l’a vu lors de la récente vague d’actions, organiser souvent leurs propres manifestations sans le soutien de la FNSEA.

Suite aux protestations d’aujourd’hui à Toulouse, il semble que seule la FNSEA demandera à ses membres de s’abstenir de toute action supplémentaire dans les jours à venir, tandis que tous les autres groupes participent à des actions ailleurs dans le pays.

Cela inclut les Jeunes Agriculteurs, une branche jeunesse de la FNSEA, ce qui souligne des tensions internes entre les groupes. 

Les démonstrations parisiennes de la FNSEA ont également provoqué l’indignation d’autres syndicats. 

La Coordination rurale, à droite, a critiqué « le traitement inégal du gouvernement envers les mobilisations des agriculteurs », contrastant la capacité de la FNSEA à camper devant l’Assemblée avec les difficultés et les interdictions auxquels ils ont été confrontés lors de leurs protestations la semaine dernière. 

De même, la Confédération Paysanne, à gauche, a déclaré que la nouvelle loi, apparemment approuvée par la FNSEA à la suite de la réunion d’hier soir, « ne répond pas à la colère » dans le secteur. 

Cela laisse entrevoir de futures actions de protestation dans le secteur. 


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