Des agriculteurs bloquent les routes du sud-ouest de la France contre la politique d’abattage des bovins

L’action en cours répond à l’abattage d’élevages touchés par la dermatose nodulaire contagieuse

Des agriculteurs du sud de la France bloquent des routes majeures et des autoroutes pour protester contre la gestion par le gouvernement de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), alors que le ministre de l’Agriculture tente de désamorcer la situation.

L’A64 entre Toulouse et Bayonne demeure fermée pour le quatrième jour, tandis que des barrages touchent aussi des portions de l’A63, A65, A75 et A9.

En Occitanie, les agriculteurs bloquent la RN20 près de Tarascon-sur-Ariège, bloquant l’accès à Andorre, tandis que d’autres actions sont en cours dans le Tarn, l’Aveyron et le Gard.

Dans de nombreuses communes, des agriculteurs se rassemblent pour protester devant les mairies, déversant parfois du fumier — ou même le pulvérisant.

Des syndicats agricoles affirment que la mobilisation se poursuivra indéfiniment à moins que l’abattage massif des troupeaux ne soit suspendu, avec d’autres protestations prévues tout au long de la semaine.

Le ministre ouvre la porte au changement

Pour la première fois depuis le début de la crise, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a laissé entendre publiquement que le gouvernement pourrait être disposé à reconsidérer sa politique d’abattage systématique.

Lors d’une intervention sur France 2 le 15 décembre, elle a déclaré que « la discussion est ouverte » sur une éventuelle suspension de l’abattage systématique des troupeaux touchés, ajoutant que les agriculteurs avaient présenté des « propositions sérieuses et mûrement réfléchies ».

« Je suis une femme de dialogue », a-t-elle déclaré, promettant de rencontrer « tout le monde » impliqué dans le différend cette semaine, sans annoncer toutefois de changement immédiat du protocole.

L’abattage au cœur de la colère

Les protestations ont été déclenchées par l’abattage de troupeaux entiers après des cas confirmés de DNC en Ariège et en Haute-Garonne, dont 207 bovins ont été abattus la semaine dernière dans une ferme de l’Ariège.

Plusieurs autres fermes dans la Haute-Garonne font actuellement l’objet d’une enquête pour des cas suspects, les résultats des tests étant en attente.

Cette maladie virale hautement contagieuse provoque fièvre, lésions cutanées et baisse de productivité chez les bovins, mais ne présente pas de risque pour l’homme à travers la viande ou le lait.

Depuis fin juin, 111 foyers ont été détectés en France, selon le ministère de l’Agriculture.

Alors que le gouvernement affirme que l’abattage rapide, les restrictions de déplacement et la vaccination ciblée ont permis de contenir avec succès les épidémies antérieures dans l’est de la France, de nombreux agriculteurs estiment que la stratégie est disproportionnée et économiquement dévastatrice.

Lancement d’une campagne de vaccination

Mme Genevard se rend en Haute-Garonne lundi après-midi pour lancer une campagne de vaccination de masse couvrant entre 600 000 et un million de bovins dans les zones touchées et les zones tampons environnantes. Elle présidera également une réunion de crise à la préfecture de Toulouse avec les responsables locaux, les services vétérinaires et les syndicats agricoles.

« La campagne de vaccination est aujourd’hui le principal horizon d’espoir pour les éleveurs bovins », indique le ministère, la ministre insistant sur le fait que « la situation est maîtrisée », ne citant à présent que deux fermes actives infectées.

La Coordination rurale, qui mène nombre des blocages, a directement appelé le Premier ministre Sébastien Lecornu à intervenir.

Son président, Bertrand Venteau, a déclaré que la stratégie actuelle « ne fonctionne pas » et a appelé à une vaccination préventive au-delà des zones infectées et à un arrêt immédiat de l’abattage massif.

À mesure que les discussions commencent, les agriculteurs qui occupent des sites autoroutiers affirment être prêts à rester en place pendant des jours — voire plus longtemps — si des engagements concrets ne suivent pas.


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