Les agriculteurs poursuivent le blocus de plusieurs routes en prévision du vote sur le Mercosur prévu vendredi
Des centaines d’agriculteurs ont afflué sur Paris aujourd’hui (8 janvier) dans le cadre de manifestations que les autorités gouvernementales ont qualifiées d’« illégales ».
Les agriculteurs se sont rendus dans la capitale malgré l’interdiction de convois décrétée par plusieurs préfectures, parfois après avoir roulé toute la nuit pour atteindre la capitale ce matin.
Environ 100 tracteurs ont été stationnés dans toute la capitale, dans des lieux emblématiques tels que l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel.
Conds certains ont tenté de se diriger vers l’Assemblée nationale pour s’arrêter dehors, mais ont été interceptés par la police, un seul véhicule ayant pu passer.
Cependant, les agriculteurs se sont rendus à pied au bâtiment pour poursuivre les manifestations.
La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet est venue rencontrer les manifestants devant le bâtiment, mais a été visée par de la neige et accueillie par des cris de « démission ! » (démission).
Elle a proposé une rencontre avec les responsables syndicaux à 14h00, mais pour l’instant les agriculteurs poursuivent leur protestation devant le parlement.
L’action matinale a entraîné des perturbations pour les navetteurs et les conducteurs dans la ville et dans les zones environnantes.
La A13 a été temporairement fermée à la suite d’une démonstration, avant de rouvrir vers 08h15.
Dans d’autres emplacements autour de la capitale, les agriculteurs ont abattu des arbres pour mettre en place des barrages routiers improvisés.
En dehors de la capitale, les protestations agricoles locales se poursuivent, notamment une blocus le long de l’A9 près de Perpignan, ainsi que la N20 près de Foix (Ariège) et la N125 en Haute-Garonne.
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Un important « siège » de Toulouse a vu plus de 200 voitures et tracteurs bloquer la rocade de la ville hier. Il a été dégagé de force par les forces de l’ordre, entraînant plus d’une dizaine d’arrestations.
Les protestations portent sur le traitement des éleveurs de bovins atteints de la maladie de la peau bossellée et sur l’accord commercial UE-Mercosur proposé, qui donnera lieu à un vote clé demain.
Action des agriculteurs illégale et le ministère de l’Intérieur ne l’autorisera pas
Les appels à manifester dans la capitale ont été lancés par le groupe Coordination rurale, l’une des quatre grandes unions du secteur, des agriculteurs allant du sud jusqu’aux Pyrénées-Atlantiques et à la Corse se rendant à Paris.
Les autorités gouvernementales ont critiqué les agriculteurs pour leurs manifestations, car dans certains cas ils ont ignoré les ordres préfectoraux et contourné ou détruit des barrages routiers « prenant parfois des risques inconsidérés », a indiqué le ministère de l’Agriculture.
« La situation que nous avons vue depuis la nuit dernière est inacceptable… Ce qui se passe ce matin est illégal », a déclaré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, à FranceInfo.
« Le gouvernement ne cautionne pas les blocus… et a toujours été engagé dans un dialogue avec les syndicats », a-t-elle ajouté, citant plusieurs réunions au début de la semaine.
« Des discussions sont en cours, (…) nous avons autorisé un certain degré de compréhension et pour que les gens puissent exprimer leurs opinions, mais bloquer partiellement l’autoroute A13 ou tenter de se rassembler devant l’Assemblée nationale est illégal… Le ministère de l’Intérieur ne l’autorisera pas. »
Des dizaines d’arrestations et des dégagements forcés de tracteurs ont déjà eu lieu ce matin, selon le président du syndicat Coordination rurale Bertrand Venteau.
