Les services de secours en montagne signalent une augmentation des interventions au cours des dernières saisons, attribuant les accidents à un ski plus rapide, des pistes surpeuplées et des comportements à risque
Des représentants de l’industrie du ski en France se sont largement félicités d’une nouvelle loi italienne rendant les casques obligatoires pour les sports d’hiver, mais ils insistent sur le fait que la France possède déjà une forte culture de sécurité sur les pistes.
L’Italie est devenue le premier pays d’Europe à instaurer ce texte pour tous les skieurs, snowboardeurs et luges sur les pistes balisées.
La nouvelle loi entre en vigueur cet hiver et exige que les casques respectent les normes de sécurité CE/UE.
Le non-respect peut entraîner des amendes ou une suspension temporaire des forfaits de ski.
Les responsables des stations italiennes notent que jusqu’à 95 % des participants portent déjà un casque, mais la législation vise à renforcer davantage la sécurité face à l’augmentation du nombre d’accidents et aux préoccupations concernant les comportements imprudents sur les pistes.
En France, il n’existe pas d’obligation nationale pour les adultes de porter un casque, bien que les écoles de ski l’exigent généralement pour les enfants.
Les taux d’utilisation sont déjà élevés, et les services de secours en montagne signalent une augmentation des interventions au cours des dernières saisons, attribuant les accidents à un ski plus rapide, des pistes bondées et des comportements risqués.
Domaines Skiables de France (DSF), l’association professionnelle des opérateurs de domaines skiables et des sociétés de transport par câble, a largement accueilli favorablement la décision italienne tout en apportant une perspective sur la situation française.
« DSF soutient toute mesure qui renforce la sécurité des pratiquants sur les pentes de ski. Avec des taux d’équipement désormais supérieurs à 90 %, l’utilisation du casque est pleinement intégrée par les skieurs sur les pistes françaises, reflétant l’évolution des comportements et une culture commune de la sécurité », a déclaré Marie Lourdel, responsable des relations médias chez France-Montagnes, au nom de la DSF.
Concernant la question de savoir si la France devrait emboîter le pas, Mme Lourdel a déclaré que, bien que la loi italienne ne modifie pas fondamentalement les taux d’accidents, « elle envoie un signal fort ».
Elle a expliqué : « Plus qu’un simple équipement, le casque incarne un engagement collectif en faveur de la prévention et de la protection de tous. »
Cependant, Mme Lourdel a mis en évidence l’approche plus large adoptée en France : « La prévention des accidents repose principalement sur des efforts soutenus de la part des acteurs des domaines skiables : information continue des participants, campagnes de sensibilisation, signalisation rigoureuse des pistes, gestion des flux de skieurs et formation professionnelle.
« Les patrouilles de ski sont au cœur de cette approche : présentes quotidiennement sur les pistes, elles interviennent, informent et délivrent des conseils éducatifs essentiels. »
Le Système National d’Observation de la Sécurité en Montagne (SNOSM), l’observatoire national de la sécurité en montagne et sur les pistes en France, affirme que ses données confirment que le port du casque est devenu répandu.
« Dans nos campagnes de prévention, nous privilégions de nous concentrer sur le comportement de certains skieurs, notamment la gestion de la vitesse et le respect des autres sur les pistes », a déclaré un porte-parole.
Alors que la nouvelle loi italienne pourrait accroître la pression en faveur de mesures similaires en France, la combinaison d’une adoption volontaire, d’une éducation et d’une surveillance active semble déjà avoir normalisé le port du casque.
Pour le moment, les stations françaises continuent d’encourager le port du casque par le biais de campagnes de sensibilisation et de l’orientation des moniteurs, l’intégrant dans le cadre d’une approche globale visant à protéger autant les skieurs que les snowboardeurs.
« Les skieurs français prennent leur sécurité en main », a déclaré le porte-parole du SNOSM.
