L’activité des médecins généralistes à l’échelle nationale a diminué de 19 % la semaine dernière, selon les données électroniques de santé
Une grève de dix jours des médecins en France est en cours et devrait s’intensifier, a prévenu ce week-end un dirigeant syndical, l’un des groupes appelant à une action continue et illimitée.
« Le mouvement va s’intensifier [à partir de samedi 10 janvier]… la semaine dernière n’était que le début », a déclaré à FranceInfo Anna Boctor, présidente du syndicat des jeunes médecins (union des jeunes médecins).
Environ 20 000 médecins et autres professionnels de santé ont manifesté à Paris ce week-end dans le cadre d’une démonstration coordonnée. D’autres manifestations prévoient un « exil vers Bruxelles » qui mènera des milliers de médecins dans la capitale belge.
Le syndicat des jeunes médecins est l’un des sept principaux groupes soutenant la grève actuelle de dix jours des médecins privés (médecins libéraux) en France. Ils protestent contre le budget de la sécurité sociale 2026, ainsi que plusieurs récentes mesures de santé et accusent le gouvernement de prendre une position « autoritaire ».
La grève, qui se déroule du 5 au 15 janvier, a vu des groupes se joindre progressivement à l’action, avec une perturbation maximale attendue pour cette semaine.
On s’attend à ce que cela se poursuive dans les jours qui suivent, des rendez-vous annulés devant être réorganisés et un afflux de personnes cherchant à obtenir des rendez-vous.
La semaine dernière, l’activité des médecins généralistes à l’échelle nationale a chuté de 19 %, l’activité des spécialistes d’environ 12 %, selon le volume des données électroniques de santé soumises.
Le manque de rendez-vous disponibles a entraîné une pression accrue sur les hôpitaux publics et le personnel de santé — qui ne participe pas à la grève — à un moment où le nombre de patients augmentait en raison de l’augmentation des cas de grippe et des accidents liés au mauvais temps.
Vous pouvez lire notre article ici sur la façon de trouver des soins pendant la grève.
La poursuite de l’action de grève ?
Le syndicat des jeunes médecins a appelé à une motion de grève « renouvelable » en place après le 15 janvier, ce qui signifie qu’il n’y aura pas de date spécifique de fin.
Elle permet à ceux qui figurent dans la motion de faire grève à leur gré tout au long de la période. Il convient de noter que les médecins privés n’ont pas besoin de préavis de leur intention de faire grève, contrairement à certaines autres professions (bien que le personnel de santé puisse être réquisitionné en cas de pénurie).
Cependant, au 12 janvier, aucun des six autres syndicats participant à l’action en cours n’a renforcé l’appel.
La colère dans le secteur reste élevée, toutefois, et les enjeux à l’origine de la grève sont très peu susceptibles d’être résolus dans les prochains jours.
« Si nous voulons que ce système de santé dure et soit aussi efficace que possible, nous devons travailler ensemble entre l’Assurance Maladie et les prestataires de soins », a déclaré Mme Boctor.
« Il y a eu « une rupture historique du dialogue social entre les organismes gouvernementaux et ceux d’entre nous qui fournissent les soins sur le terrain », a-t-elle ajouté.
« Le chef de l’Assurance Maladie [Thomas Fatôme, en poste depuis juillet 2020] est un fonctionnaire technocrate à l’extrême… tant qu’il est à la tête de notre système d’assurance maladie national, nous ne pouvons pas aller dans la bonne direction.
« Nous ne travaillons pas ensemble, nous sommes sur la même longueur d’onde, nous sommes contraints d’obéir aux ordres… [nous voulons] un retour à un véritable dialogue social », a ajouté Mme Boctor.
Vendredi, les dirigeants syndicaux ont refusé une invitation à rencontrer le Ministère de la Santé et cherchent plutôt à obtenir une rencontre avec le Premier ministre en difficulté, Sébastien Lecornu, cette semaine.
« Nous avons la responsabilité d’avancer ensemble », a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
« Il existe des moyens d’avancer, mais je veux le faire avec les professionnels… il vient un moment où chacun doit prendre ses responsabilités », a-t-elle ajouté.
La ministre a déclaré être prête à ouvrir le débat autour de certaines mesures incluses dans le budget de la sécurité sociale, que Mme Rist a affirmé « avoir été quelque peu déformées parce que le débat politique a été compliqué ».
Que veulent les médecins ?
L’exigence principale des syndicats est la « réouverture du dialogue social » entre les autorités et les syndicats, qui selon eux s’est progressivement érodé et a conduit à l’ajout de plusieurs mesures dans le budget sans consultation.
Dans ce contexte, le dialogue social signifie que les autorités sanitaires du gouvernement (y compris la ministre de la Santé et le chef de l’Assurance Maladie) se réunissent avec les dirigeants syndicaux pour discuter de tout changement potentiel de tarifs ou de soins, afin de s’assurer que toutes les parties sont d’accord sur la marche à suivre.
Les médecins citent la capacité du budget à permettre à l’Assurance Maladie de fixer unilatéralement certains frais sans consultation comme un exemple majeur, aux côtés de nouvelles restrictions sur la durée des certificats d’arrêt maladie.
En dehors du texte lui-même, les médecins évoquent d’autres mesures, notamment :
Des objectifs proposés de réduction des ordonnances pour les professionnels qui « sur-prescrivent » des médicaments, qui font l’objet d’un débat parlementaire.
Des restrictions sur l’emplacement des nouveaux cabinets médicaux afin de s’attaquer aux déserts médicaux en France
Des actions précédentes dans le secteur l’automne dernier ont vu des propositions telles qu’une surtaxe sur les suppléments d’honoraires et des obligations pour les médecins de consulter et de remplir des dossiers médicaux en ligne des patients retirées du budget et d’autres lois potentielles.
