La France envisage d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans pour des raisons de conformité à l’UE

Le projet de loi définit également des règles pour lycées

[Mise à jour, 28 janvier : La Commission européenne a désormais jugé que la France a le droit d’appliquer sa législation nationale et d’établir un âge numérique de la majorité.]

« Les autorités françaises ont le droit d’introduire un âge numérique de la majorité pour leurs citoyens », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne Thomas Regnier lors d’un point-presse le 27 janvier. « Les grandes plateformes en ligne ont l’obligation de respecter la législation nationale, mais s’assurer qu’elle est applicable et qu’elles disposent de mécanismes de vérification d’âge adéquats relève de la Commission. »

« Si la France applique une loi qui interdira aux moins de 15 ans d’utiliser certaines plateformes, « la Commission veillera à ce que les grandes plateformes l’appliquent », a ajouté M. Regnier.]

Des députés français ont approuvé une loi qui interdirait aux moins de 15 ans d’utiliser les réseaux sociaux, dans une démarche que le président Emmanuel Macron a qualifiée de « étape majeure ».

L’Assemblée nationale a voté en faveur du projet de loi dans la nuit du 26 au 27 janvier, par 116 voix pour 23.

La première partie du texte stipule que « l’accès aux services de réseautage social en ligne fournis par des plateformes en ligne est interdit aux mineurs âgés de moins de 15 ans ». 

Certaines applications, y compris des plateformes éducatives et certains services de messagerie privée, tels que WhatsApp, resteront autorisées pour les moins de 15 ans.

Un amendement au projet ajoute également que les plateformes de médias sociaux ne doivent pas exposer les mineurs à « une pression commerciale excessive » ou « promouvoir des produits ou services susceptibles d’affecter la santé physique ou mentale des mineurs ».

L’objectif global du texte est de « protéger la santé des adolescents ».

Utilisation des téléphones dans les lycées

La deuxième partie du texte proposait initialement d’interdire les téléphones portables dans les lycées (lycées) à partir du 1er septembre 2026 (cette règle est déjà en vigueur dans les écoles primaires et collèges, les collèges).

Cependant, les parlementaires ont réécrit le texte pour le transformer d’une interdiction pure et simple des téléphones portables, et prévoient désormais que les lycées doivent clairement « indiquer les lieux et les conditions d’utilisation » des téléphones portables, ainsi que :

  • Interdire l’usage du téléphone portable pendant les cours

  • Interdire l’usage du téléphone portable dans les couloirs, mais les autoriser « dans une zone extérieure désignée ».

Calendrier accéléré

« Le texte sera rapidement ajouté à l’ordre du jour du gouvernement au Sénat… dans les prochaines semaines », a déclaré Anne Le Hénanff, ministre des Affaires numériques – rapporté par FranceInfo – tandis que l’ancienne première ministre Gabriel Attal a dit que la mesure était l’une de ses « priorités clés », et qu’elle serait discutée vers la mi-février.

Cette accélération du processus est motivée par le fait que les députés veulent que les règles entrent en vigueur dès le début de l’année scolaire 2026-2027, les plateformes de réseaux sociaux en France devant exiger une vérification d’âge pour tous les utilisateurs d’ici janvier 2027.

Conflit de conformité européenne ?

Le projet de loi devrait être adopté après les discussions au Sénat. 

Cependant, la rapporteure du texte, Laure Miller, a déclaré qu’elle pense que les stipulations relatives à la « pression commerciale excessive » pourraient compliquer son adoption, car ces dispositions « ne sont pas conformes au droit de l’Union européenne » et risquent que le texte « soit rejeté par la Commission européenne », a-t-elle précisé.

Cela a déjà posé problème : une loi précédente (surnommée la loi Marcangeli), adoptée par les députés en France en 2023 et qui aurait instauré une « majorité numérique » à 15 ans, n’a pas pu être appliquée car elle n’était pas conforme au Digital Services Act (DSA) de l’Union européenne.

Le DSA est un règlement de l’Union européenne de 2024 qui vise à gérer la publicité en ligne et le contenu commercial dans l’environnement en ligne. La loi Marcangeli n’a pas pu être appliquée car elle aurait imposé des contrôles plus stricts en France que ceux prévus par le DSA à l’échelle européenne.

Les députés visent désormais à s’assurer que le nouveau projet de loi ne connaîtra pas le même sort.

Si le texte est adopté et appliqué, la France sera alors le seul deuxième pays au monde à imposer une telle loi sur l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes, après que l’Australie a interdit les plateformes sociales pour les moins de 16 ans en décembre 2025.


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