La France va supprimer des milliers de places de parking pour la sécurité des piétons

Les échéances liées aux modifications de la loi mobilité de 2019 approchent rapidement

Des milliers de places de stationnement en France devraient disparaître alors que les règles imposent des zones sans véhicule autour des passages piétons. 

Les réglementations de la « loi mobilité » stipulent que tous les passages piétons doivent comporter une zone de cinq mètres dégagée de tout véhicule motorisé. Cela s’applique dans le sens du passage (ou, sur les rues à double sens, pour les deux sens). 

Désormais votée en 2019, la date d’observation des règles approche à la fin de l’année prochaine, toutefois des milliers d’emplacements restent à modifier.

Le changement signifie que les places de stationnement adjacentes aux passages — fréquentes dans les zones urbaines où les emplacements manquent — devront être supprimées.

Le coût du déplacement de ces emplacements incombera entièrement aux communes, certaines devant dépenser des millions d’euros pour se conformer.

Améliorer la sécurité des piétons lors de la traversée des routes

Les nouvelles règles visent à améliorer la sécurité des piétons aux passages, en permettant aux conducteurs et aux piétons de se voir plus facilement et plus tôt. 

Les véhicules stationnés à proximité des passages peuvent empêcher les piétons et les conducteurs de se voir mutuellement jusqu’à ce qu’il soit trop tard, ce qui peut conduire à des accidents. 

« Si vous avez un grand SUV ou une camionnette garés sur le côté, vous ne voyez rien. Vous devez vraiment regarder jusqu’à l’autre côté du véhicule », a déclaré un piéton au média français TF1. 

« Je fais attention, surtout avec mes petits-enfants, car si nous avons une poussette située plus bas devant nous, les conducteurs ne la voient pas et ils peuvent la heurter », a déclaré une autre personne.

La règle s’applique à tous les passages, y compris ceux sans feux rouges (où les piétons ont la priorité mais les véhicules peuvent passer sans s’arrêter s’il n’y a personne sur le passage). 

Bien que cela puisse sembler une mesure lourde, les responsables politiques invoquent les décès routiers, notamment ceux des piétons, qui s’élevaient à 451 en 2024. 

Ce chiffre a peu varié depuis 2018 (471), l’année finale avant l’introduction de la Loi mobilité. 

Il n’est pas précisé combien de ces décès ont lieu sur les passages piétons, toutefois le député Jean-Luc Fugit avait déclaré « ces décès touchent principalement nos jeunes enfants et nos personnes âgées ». 

Implications financières pour les communes

Cependant, ce sont les autorités locales qui sont responsables des changements, ce qui, même dans les petites villes, représente un obstacle important — et coûteux. 

À Amiens (Somme), une ville comptant un peu moins de 135 000 habitants, environ 3 325 places de stationnement devaient être modifiées pour se conformer à la loi, soit environ 7 % des places de parking disponibles dans la ville. 

Non seulement cela réduira la disponibilité des places pour les automobilistes, mais cela entraînera aussi des coûts importants pour la municipalité, dans un contexte de crise de financement plus vaste pour les communes. 

« Installer des racks pour vélos coûte moins cher que de créer une structure avec un arbre, qui peut coûter jusqu’à 5 000 € ou même 7 000 € tout inclus », a déclaré Anne Verrier, adjointe au maire d’Amiens, à TF1. 

Dans la ville voisine de Saint-Quentin (Aisne), nettement plus petite avec environ 52 000 habitants, il a fallu 3 millions d’euros pour convertir les espaces nécessaires. 

Bien que les communes de taille moyenne et plus grandes soient les plus touchées, avec des centaines ou des milliers d’emplacements à modifier, les règles s’appliquent à tous les niveaux. 

Cela signifie que même les plus petites communes devront trouver ce qu’elles feront des espaces — et financer leur conversion — au cours de l’année à venir.

Assurer la disponibilité du stationnement avant le trajet

La réduction du nombre de places de stationnement signifie que les conducteurs devront se battre pour des espaces moins nombreux, et ceux qui ne prévoient pas à l’avance pourraient avoir du mal à trouver une place. 

Pour rappel, la France dispose de « zones bleues » de stationnement gratuit de courte durée qui peuvent être utilisées par tout conducteur, qui existent dans de nombreuses municipalités. 

Si vous avez besoin d’une place sur une période plus longue tout au long de la journée, plusieurs applications pour smartphone fournissent des informations sur les emplacements de parking dans les villes françaises. 

Vous pouvez lire notre article sur ces applications ici.


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