Le nombre d’étrangers en France atteint son niveau le plus élevé jamais enregistré
Plus de ressortissants étrangers vivent en France avec des permis de séjour valides que jamais auparavant, selon des chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, avec davantage de visas et de cartes de séjour délivrés qu’en 2024, et une hausse des expulsions de personnes en situation irrégulière.
La France a terminé l’année 2025 avec plus de 4,5 millions de permis de séjour valides en circulation, soit une hausse annuelle de juste plus de 3 %, décrite par les autorités comme sans précédent.
Les chiffres, publiés par la Direction générale des étrangers en France (DGEF), montrent une croissance tant du nombre total de permis que des nouveaux permis délivrés au cours de l’année.
Cartes de séjour pour une première demande
Au total, 384 230 premières cartes de séjour ont été délivrées en 2025, soit une hausse de 11,2 % par rapport à 2024.
Les titres étudiants demeuraient la catégorie dominante, avec environ 118 000 délivrées, suivis de ceux sur motifs humanitaires, qui ont enregistré la hausse la plus marquée.
Les titres délivrés pour raisons humanitaires ont augmenté de 65 % pour atteindre 92 600, reflétant le poids continu de la protection liée à l’asile.
En revanche, les titres délivrés pour des raisons économiques ont reculé de 13 % au cours de l’année, à un peu plus de 51 000.
Cette diminution a été particulièrement marquée pour les travailleurs saisonniers, tandis que les titres pour emplois salariées ont aussi reculé.
Parallèlement aux nouveaux titres, les renouvellements ont continué d’augmenter, contribuant à l’augmentation globale du nombre d’étrangers résidant légalement en France.
Les titres liés à la vie familiale représentent désormais environ un tiers de l’ensemble des titres de séjour valides.
Visas
Le nombre de visas délivrés a également augmenté. Le ministère de l’Intérieur a indiqué que les demandes et les visas accordés ont continué de progresser en 2025, prolongeant une tendance observée depuis 2024, bien que plus modérée. Les visas de court séjour ont constitué la majeure partie de cette hausse.
Par ailleurs, les régularisations (le processus qui conduit à la stabilisation du statut d’un immigrant en France) ont fortement diminué. Seulement 28 610 personnes ont été regularisés en 2025, soit une baisse de 10,1 % par rapport à l’année précédente.
Cette diminution a touché à la fois les régularisations pour raisons économiques et celles fondées sur la vie familiale. La DGEF a attribué en partie cette baisse à l’effet d’une circulaire publiée en janvier 2025 resserrant les conditions dans lesquelles une régularisation peut être accordée.
Expulsions
L’activité de répression s’est intensifiée, mais de manière plus inégale.
Les interpellations par la police de personnes en situation irrégulière ont augmenté d’environ 30 % en 2025. Le nombre d’expulsions du territoire français s’est élevé à 24 985, en hausse de près de 16 % d’une année sur l’autre. Les expulsions forcées seules ont augmenté de 21 %, pour atteindre 15 569.
Le besoin d’asile a néanmoins légèrement reculé. 151 665 demandes d’asile ont été enregistrées en 2025, en baisse de 3,7 %, marquant une deuxième baisse annuelle consécutive.
L’Ukraine, la République démocratique du Congo et l’Afghanistan ont été les principaux pays d’origine. Le taux d’acceptation est passé à 52 %, ce qui signifie que plus d’un demandeur sur deux a obtenu une protection.
Enfin, 62 235 personnes ont acquis la citoyenneté française en 2025, soit une baisse de 6,8 %, principalement en raison d’un nombre plus faible de naturalisations par décret suite au resserrement des règles à la mi-2025.
