Les pesticides font partie de la famille controversée des néonicotinoïdes
Le Sénat français est sur le point de débattre de la réintroduction de deux pesticides interdits, afin d’aider à lever les contraintes pesant sur la profession agricole.
Le sénateur Laurent Duplomb – lui-même agriculteur – a déposé le nouveau projet de loi lundi 2 février, seulement quelques mois après qu’un autre texte sur le même sujet a été partiellement censuré par le Conseil constitutionnel et a suscité des manifestations d’associations écologistes.
Les pesticides concernés sont les insecticides acétamipride et flupyradifurone. Le nouveau texte prévoit de permettre l’utilisation de ces insecticides pendant une période limitée sur les cultures de betteraves à sucre, de pommes, de noisettes et de cerises. Il qualifie l’interdiction de ces insecticides d’« excessive », et affirme que ne pas les réintroduire mènerait à « la disparition de certains secteurs agricoles ».
Les deux pesticides appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, considérés comme hautement toxiques pour les pollinisateurs tels que les abeilles, et qui peuvent aussi rester dans le sol pendant jusqu’à un an. Ils sont interdits en France mais autorisés dans certains États européens.
« Aberration dangereuse pour la santé »
La précédente « loi Duplomb » a été fortement controversée. Une pétition lancée en juin 2025 pour stopper la réintroduction des pesticides a recueilli plus de 2,1 millions de signatures, bien au-delà des 500 000 signatures minimales requises pour déclencher un débat à l’Assemblée nationale.
L’auteure de la pétition, étudiante en master Eléonore Pattery, a écrit que la loi Duplomb est « une aberration dangereuse pour la santé… scientifique, éthique, environnementale et sanitaire [qui] représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire et le bon sens ».
Maintenant, un débat sur le dernier projet de loi « loi Duplomb » est prévu pour se tenir le mercredi 11 février.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, n’a pas encore commenté le nouveau projet de loi, mais elle n’a pas non plus exclu la possibilité d’inclure ces propositions dans un futur « projet de loi agricole d’urgence ».
« Cette loi d’urgence est actuellement en cours de rédaction, et nous recueillons des propositions des syndicats, des parlementaires… Nous verrons », a-t-elle déclaré à la presse.
Il y a eu de nombreux débats en France sur la distance à laquelle les produits chimiques doivent être tenus des habitations et des entreprises, sur l’impact des pesticides sur l’agriculture locale et les sources d’eau, et sur la colère suscitée par la manière dont l’usage des pesticides est mesuré.
