L’extrême droite et la gauche enregistrent des gains importants

Points principaux du vote qui survient un peu plus d’un an avant l’élection nationale

Les partis d’extrême droite et d’extrême gauche ont tous deux enregistré des avancées notables lors du premier tour des élections municipales françaises, dimanche 15 mars, préparant une série de duels serrés dans les grandes villes avant le scrutin décisif du second tour le 22 mars.

Environ 48,7 millions d’électeurs ont été appelés à voter dans 34 875 communes pour ce premier tour, avec une participation estimée à 56%*.

Le premier tour détermine quels candidats se qualifient pour le second tour décisif du 22 mars, lorsque jusqu’à trois candidats ou plus peuvent rester sur les bulletins s’ils dépassent le seuil de 10% requis pour rester dans la course.

Les candidats qui remportent une majorité absolue dès le premier tour n’ont pas besoin d’affronter un second vote.

Les résultats du premier tour ont commencé à filtrer à partir de 20h après le vote.

Ils suggèrent un élan local croissant tant pour le Rassemblement national (RN) d’extrême droite que pour La France insoumise (LFI) d’extrême gauche, alors que les partis traditionnels et les centristes font face à des scrutins fragmentés dans de nombreuses villes.

Duels serrés dans les grandes villes

Plusieurs grands centres urbains restent fortement disputés avant le second tour.  

À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet est en tête de peu avec 37,36% des voix, juste devant le challenger centriste-droit Jean‑Michel Aulas, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, à 36,78%. La candidate LFI Anaïs Belouassa‑Cherifi a obtenu 10,41% et pourrait rester dans la course.

À Paris, la candidate socialiste Emmanuel Grégoire est arrivée en tête avec 37,98%, devant la conservatrice Rachida Dati à 25,46%. Le scrutin pourrait se transformer en un second tour à cinq, avec Sophia Chikirou de la LFI, Pierre‑Yves Bournazel du centre, et Sarah Knafo de Reconquête qui dépassent tous le seuil pour rester dans la course.

À Marseille, le maire socialiste Benoît Payan menait de peu face au candidat du RN Franck Allisio, avec 36,7% contre 35,02%. Les deux candidats LFI Sébastien Delogu (11,94%) et conservatrice Martine Vassal (12,41%) se qualifient pour le second tour, laissant présager des négociations complexes à gauche.

Notez que les résultats cités dans le texte ci-dessous diffèrent légèrement du graphique ci-dessous en raison du moment où davantage de votes sont finalisés.

La percée de LFI dans les zones urbaines

Les chiffres de LFI ont été salués comme une avancée notable dans les villes. Le coordinateur du parti, Manuel Bompard, a déclaré que le mouvement serait présent dans “des centaines” de scrutins du second tour.

À Roubaix, le député LFI David Guiraud a obtenu environ 46% des voix et pourrait remporter la mairie le week-end prochain. À Saint‑Denis, le parti a également fini largement en tête et pourrait s’emparer de la mairie dès le prochain tour.

Les analystes estiment que le parti a axé sa campagne sur les quartiers urbains les plus défavorisés et les électeurs plus jeunes, des zones où il a obtenu de bons résultats lors des récentes élections nationales.

Notez que les chiffres cités dans le texte ci-dessous diffèrent légèrement du graphique ci-dessous en raison du moment où davantage de votes sont finalisés.

Le RN consolide ses assises locales

Le RN a également célébré des victoires précoces. Des maires dans plusieurs communes ont été réélus dès le premier tour, notamment Beaucaire, tandis que Louis Aliot a obtenu sa réélection à Perpignan avec 50,61% des voix.

Le chef du parti, Jordan Bardella, a déclaré que le parti chercherait des alliances avec des « listes de droite sincères » pour le second tour.

Tensions autour des alliances à gauche et au centre

Les résultats ont également mis en évidence des divisions au sein des partis centrés et de la gauche. Le leader socialiste Olivier Faure a rejeté tout accord national avec la LFI, malgré les appels de la gauche radicale à un « front antifasciste » contre le RN.

Les centristes de Renaissance, dirigés par Gabriel Attal, ont également exclu des alliances avec l’extrême droite ou l’extrême gauche, bien qu’ils aient indiqué que des arrangements locaux pourraient être envisagés pour bloquer les victoires des extrémistes.

Le dénouement final dépendra des négociations dans les jours qui viennent.

Les candidats disposent jusqu’au mardi soir pour déposer des listes révisées pour le second tour, qui déterminera le contrôle des mairies à travers la France.

* Données Ipsos-BVA pour les diffuseurs publics français


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