La star hollywoodienne George Clooney, son épouse avocate Amal et leurs deux enfants sont devenus Français, soulevant des questions de « double standards ».
Plusieurs lecteurs ont envoyé des messages à ce sujet.
Il a aussi été évoqué lors d’une récente interview sur FranceInfo par une ministre junior au ministère de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, après discussion des questions d’immigration incluant des ordres de quitter la France et une baisse globale de l’octroi de la citoyenneté française l’année dernière, après un durcissement des attitudes.
Interrogée sur la possibilité, compte tenu du fait que, selon George Clooney lui-même, il parle peu le français, elle a déclaré : « Sur le plan personnel, je peux comprendre le sentiment de certains Français que cela relève d’un problème de double standard. »
Interrogée sur le fait que les règles pourraient être assouplies pour les Clooneys, elle a répondu qu’elle ne savait pas mais « je pense que cela n’envoie pas le bon message ».
Elle a ajouté : « Je peux être très fière du fait que George Clooney a demandé la nationalité française, c’est très bien – il vit en France … mais il y a une question d’équité qui, à mon avis, est absolument essentielle. »
La sénatrice Nicole Bonnefoy a également évoqué cette question dans une correspondance avec le ministre de l’Intérieur au sujet de nombreux refus de citoyenneté pour des personnes dont les revenus proviennent principalement de l’étranger.
Coud caractère, cependant, suite aux propos de Mme Vedrenne, le ministre, Laurent Nuñez, aurait démenti qu’il s’agisse d’un cas de double standard, déclarant que l’attribution de la citoyenneté aux Clooney était « une excellente opportunité pour notre pays ».
M. Nuñez a également confirmé que leur citoyenneté avait été conférée par naturalisation par décret du ministère (c’est‑à‑dire par la voie ordinaire, contrairement aux méthodes de « déclaration » possibles pour certaines personnes bénéficiant de liens familiaux en France, ou par exemple une réclamation fondée sur une naissance en France ou des ancêtres français).
Cela nécessite normalement un bon niveau de français, une « assimilation » à la vie française et la connaissance de sa culture, ainsi qu’une « résidence habituelle » dans le pays pendant au moins cinq ans au moment de la demande.
Cependant, nous notons que le Code civil, qui énonce les règles principales d’acquisition de la citoyenneté, précise que celle‑ci peut être réduite à deux pour les personnes dont les talents permettent de rendre un service important à la France ou qui sont jugées exceptionnellement bien intégrées en raison d’activités dans des domaines tels que la vie culturelle (ou à zéro, si leur candidature présente un intérêt exceptionnel pour la France, soutenue par le gouvernement et un avis favorable du Conseil d’État).
Le temps passé à travailler à l’étranger pour une « organisation d’intérêt particulier pour l’économie ou la culture française » peut aussi parfois être traité comme équivalent à une résidence en France, pour les besoins de la naturalisation.
À partir de 2026, réussir un test de connaissance civique est requis et le niveau de langue exigé a été relevé d’un niveau intermédiaire inférieur B1 à un niveau intermédiaire élevé B2 (ce niveau est également celui demandé à la plupart des étrangers poursuivant un diplôme en français dans une université française). Cependant, la citoyenneté des Clooney a été officialisée en décembre 2025.
George Clooney est‑il intégré en France ?
Les Clooney ont acheté une ferme en 2021 à Brignoles, dans le Var, où les enfants sont scolarisés, ce qui laisse penser à un engagement sérieux envers la France.
M. Clooney a déclaré que leurs enfants peuvent y mener une « vie normale », éloignée des paparazzis.
« Nous ne vivons pas seulement dans le sud de la France, nous avons aussi une maison aux États‑Unis, mais notre lieu le plus heureux est notre ferme française », a-t‑il déclaré.
Il n’est pas clair si le couple est considéré comme résident fiscal en France, ce qui est le cas pour la plupart des candidats à la naturalisation.
Le Code civil indique qu’une personne doit « résider en France » lorsqu’elle est naturalisée, bien que les définitions de ce concept pour la citoyenneté ne soient pas exactement les mêmes que pour l’imposition.
Quant à ses compétences linguistiques, M. Clooney, âgé de 64 ans, a déclaré à la radio RTL : « J’aime la culture française et j’apprends la langue, même si je suis terrible à cela. Je suis sur Duolingo [application gratuite d’apprentissage des langues], et je suis au jour 400. »
Lors de la présentation aux Golden Globes en janvier, il a commencé par : « Bonsoir, mes amis, c’est un [sic] honneur d’être ici.” Cependant, dans ses vœux du Nouvel An pour sa commune en 2024, il n’a réussi que Bonjour Didier [le maire] avant de poursuivre en anglais.
Il semble donc qu’il ne réponde pas à l’exigence habituelle d’un bon français.
Des responsables affirment qu’il a bénéficié de la règle pour les étrangers « illustres »
Il apparaît que les Clooney aient bénéficié de l’article 21-21 du Code civil, qui prévoit la possibilité de naturalisation accordée à « tout étranger francophone qui demande la citoyenneté et contribue par ses actions illustres à la renommée internationale de la France et à la prospérité de ses relations économiques ».
Le Code précise que cet argument doit être proposé par le ministère des Affaires étrangères, qui est, selon des médias français dont Le Monde, censé confirmer que cette règle a été utilisée.
Le Monde a rapporté que le ministère des Affaires étrangères aurait également déclaré que les Clooney « ont suivi une procédure rigoureuse, allant des enquêtes de sécurité aux entretiens de naturalisation requis à la préfecture, sans oublier le paiement des timbres fiscaux [frais administratifs]. »
Cependant, on note l’expression « étranger francophone » (étranger francophone).
Également, l’article 21-24 du Code civil stipule que « nul ne peut être naturalisé sans justifier son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa situation, de la langue… dont le niveau et les méthodes d’évaluation sont fixés par décret ».
Les règles en vigueur jusqu’en janvier 2026, trouvées ici et ici, indiquaient que cela devait être prouvé par un certificat de niveau B1 ou par un diplôme d’études supérieures après étude du français dans un organisme éducatif français.
Le Code n’indique pas explicitement que la considération des « actions illustres » dilue ces exigences, de sorte qu’il subsiste une certaine incertitude quant aux critères exacts sur lesquels la décision a été fondée.
Cependant, l’octroi de la citoyenneté est en fin de compte perçu comme une « faveur de l’État », il peut donc y avoir une certaine flexibilité lorsque la candidature est jugée particulièrement désirable.
