Des tribunaux dans le Finistère, l’Ille-et-Vilaine, le Morbihan, l’Orne, l’Eure-et-Loir, l’Aisne et l’Indre-et-Loire ont bloqué les efforts visant à chasser les animaux cet été
Plusieurs tribunaux dans différentes régions de France ont suspendu les mesures autorisant la chasse au blaireau cet été, les juges estimant que les autorités locales n’avaient pas fourni suffisamment de preuves pour justifier l’abattage des animaux.
Dans le Finistère, le tribunal administratif de Rennes a suspendu 14 arrêtés autorisant des chasses administratives et la chasse le long des parcours empruntés par les blaireaux jusqu’à la fin de 2026.
La décision, prise fin du mois dernier, fait suite à un recours déposé par des associations de protection de la faune ASPAS, AVES France et One Voice, et s’inscrit après que les tribunaux dans plusieurs autres départements, dont l’Ille-et-Vilaine, le Morbihan, l’Orne, l’Eure-et-Loir, l’Aisne et l’Indre-et-Loire, aient adopté des mesures similaires.
Le tribunal de Rennes a déclaré que l’arrêté de chasse pourrait avoir des « conséquences significatives » sur la population de blaireaux, faute d’informations suffisantes sur le nombre d’animaux vivant dans le Finistère.
Il a également indiqué que le préfet n’avait pas présenté suffisamment de preuves démontrant que la population de blaireaux causait un déséquilibre agricole, forestier ou cynégétique suffisamment grave pour nécessiter la chasse.
17 signalements de dégâts
« Le préfet du Finistère soutient que les mesures sont justifiées, en particulier par les dégâts causés par les blaireaux aux cultures, aux digues et aux infrastructures ferroviaires », a déclaré le tribunal administratif de Rennes dans son arrêt.
Mais le juge a estimé que les éléments de preuve se limitaient à un tableau répertoriant seulement 17 signalements de dégâts, tous effectués après la signature des arrêtés de chasse.
Le tribunal a également indiqué que 96 blaireaux avaient déjà été abattus avant la signature des arrêtés, mais que les preuves présentées ne suffisaient pas à démontrer que les blaireaux causaient actuellement des risques suffisamment graves pour justifier le maintien des mesures.
Pour cette raison, les 14 arrêtés ont été suspendus.
Décisions similaires ailleurs
La décision rendue en Finistère s’inscrit parmi plusieurs autres décisions de tribunaux cet été.
En Ille-et-Vilaine, le tribunal administratif de Rennes a suspendu une période supplémentaire de vénerie sous terre, le 9 juillet. Cette pratique consiste à utiliser des chiens pour acculer l’animal dans son terrier avant de le déloger et de l’attraper. Le juge a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment d’informations fiables sur la population locale de blaireaux ni assez de preuves des dégâts causés par les animaux.
Dans le Morbihan, le même tribunal a suspendu une chasse sous terre supplémentaire le 6 août.
Des tribunaux dans l’Orne, l’Eure-et-Loir et l’Aisne ont également suspendu des mesures supplémentaires de chasse au blaireau cet été. En Indre-et-Loire, le tribunal a suspendu un plan de chasse triennal qui autorisait jusqu’à 700 blaireaux à être tués chaque année.
Restrictions de chasse après les incendies
Les blocages de la chasse au blaireau interviennent alors que certaines zones de France imposent également des restrictions de chasse à la suite des incendies de cet été.
Dans le Var, les autorités préparent une interdiction de chasser dans les bois brûlés à partir du 13 septembre pour la saison de chasse 2026-2027.
Cette interdiction proposée vise sept communes touchées par les incendies.
La chasse au sanglier pourra toutefois se poursuivre, car la préfecture a indiqué que les animaux causent d’importants dégâts aux cultures, notamment autour des vignobles.
Si des changements nationaux à la saison de chasse devaient être apportés, ils seront annoncés par le gouvernement sur leur site officiel.
