Le gouvernement affirme que les flashs constituent un « bon outil pédagogique »
Les flashs visibles reviennent sur les radars routiers français cette année et doivent être testés dans les départements du Gard, de la Marne et des Yvelines en premier lieu, avant d’être déployés dans d’autres zones à l’échelle nationale.
Les flashs visibles – lorsque un radar émet une forte « flash » de lumière au moment où il enregistre une infraction pour excès de vitesse – n’étaient pas opérationnels sur la plupart des radars en France depuis plusieurs années, les dispositifs pouvant fonctionner efficacement sans eux, en utilisant des systèmes infrarouges invisibles à la place.
Les systèmes invisibles ont commencé à être introduits il y a environ dix ans, les autorités affirmant à l’époque que cela visait en partie à créer un sentiment d’incertitude chez les conducteurs, qui pourraient penser qu’ils pourraient être pris par un radar à tout moment sans s’en rendre compte, et qu’ils en viendraient à adopter une plus grande prudence.
Or, désormais, le gouvernement réintroduit le flash. Il est désormais considéré comme un bon outil « pédagogique », car il sensibilise les conducteurs au moment où un radar est en fonctionnement, et si eux (ou les conducteurs autour d’eux) ont été pris en excès de vitesse.
Trois départements testent le système
Le Gard (Occitanie) est l’un des trois départements à avoir testé le système depuis le début du mois de janvier.
Sa préfecture a déclaré dans un communiqué: « Le flash permet aux conducteurs qui dépassent la vitesse de réaliser immédiatement qu’ils ont commis une infraction, évitant ainsi qu’ils n’en prennent connaissance plus tard, lorsqu’ils n’auront plus le contexte en tête. Il avertit également les autres véhicules à proximité. »
Les Yvelines (Île-de-France) et la Marne (Grand Est) ont également vu le système de flash installé pour des tests.
Le système est coordonné et dirigé par le service national de vérification automatisée, le Département du contrôle automatisé (DCA), une section du Ministère de l’Intérieur chargée de planifier le déploiement des radars.
Les tests se poursuivront pendant environ un mois, et s’ils sont jugés concluants, les « flashs » seront ensuite déployés progressivement à l’échelle nationale.
Quelque 1 500 « caméras-tours » et 350 caméras urbaines fixes pourraient être équipées du système.
Cela s’inscrit dans le cadre de plans visant à augmenter considérablement le nombre de radars en France dans son ensemble, notamment en zones urbaines, où environ 5 000 nouvelles caméras des autorités locales devraient être installées de 2026 à 2035.
« Une bonne chose »
Les flashs rendent les radars plus visibles, et un sondage déjà réalisé dans les Yvelines – relayé par le site spécialisé dans la conduite Autoplus, et BFMTV – a révélé que 46 % des conducteurs préfèrent les radars qui flashent, et même 50 % des conducteurs qui ont été pris par une caméra qui flash préfèrent eux aussi.
Plus de la moitié (54 %) estiment que le principal avantage des radars flash est le fait qu’ils donnent une « information immédiate ».
Un conducteur a accueilli favorablement le système en déclarant à BFMTV: « Ce n’est pas si mal, au moins on sait si l’on a été « flashé » ou non. »
Un autre a déclaré: « Je pense que c’est une bonne chose, au moins on sait ce qui se passe, et on est moins surpris par ce qui va suivre, et si l’on aurait pu faire quelque chose [pour l’éviter] ou non. »
« Cela ne change absolument rien »
L’installation d’un « flash » sur les radars ne modifiera pas leur fonctionnement, et les seuils des infractions pour excès de vitesse resteront les mêmes.
De même, les véhicules-radar (véhicules qui suivent un itinéraire préétabli et qui peuvent relever les conducteurs qui dépassent la vitesse sur les routes) ne seront pas équipés de flashs et resteront dotés de systèmes de détection par infrarouge invisibles.
Pierre Chasseray, du syndicat d’associations de conducteurs 40 Millions d’Automobilistes, a déclaré à BFMTV: « Le problème principal que nous avons avec les radars est qu’ils affichent de petits excès de vitesse. » Il a ajouté que l’introduction de flashs visibles « ne changerait absolument rien », et que les conducteurs continueraient de recevoir des amendes comme par le passé.
