Pourquoi les départements français rétablissent la limitation à 90 km/h

Les limitations de vitesse varient désormais considérablement à travers le pays

Un nombre croissant de départements en France rétablissent les limitations de vitesse à 90 km/h, huit ans après que le gouvernement ait modifié la vitesse autorisée à 80 km/h sur certaines routes, certains qualifiant ce changement de « erreur ».

Sous l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, le gouvernement avait introduit ce changement à partir du 1er janvier 2018, présenté comme une mesure visant à améliorer la sécurité routière.

Huit ans après la mise en œuvre initiale du changement, M. Philippe demeure associé à celle-ci. Il a récemment déclaré à Sud Radio : « Peut-être que je ferais les choses différemment aujourd’hui. J’ai probablement échoué à expliquer, et c’est ma responsabilité, que ce règlement n’avait pas pour but d’agacer les gens ou de rapporter de l’argent, mais de prévenir les accidents. »

Erreur impopulaire

Le changement a été immédiatement impopulaire, certaines associations de conducteurs affirmant qu’il affectait injustement les populations rurales.

C ceci constitue une des raisons majeures pour lesquelles le gouvernement a permis aux départements locaux de retourner sur la décision peu après en décembre 2019 (ce choix a également été critiqué, les autorités locales devant toutefois débourser des centaines d’euros ou plus pour mettre en œuvre le changement, puisque changer un panneau routier coûte au moins 80 €, rapporte La Dépêche du Midi).

Plus de 61 000 kilomètres de routes à travers la France seraient désormais considérés comme ayant une vitesse limitée à 90 km/h. Désormais, les routes peuvent afficher une limitation de 70, 80 ou 90 km/h, selon le type de chaussée.

Plus de la moitié des départements du pays ont désormais rétabli leurs limites à 90 km/h lorsque cela est possible, mais la répartition varie considérablement. Par exemple, 87% des routes de Lozère présentent désormais la limitation la plus élevée, contre seulement 1% dans le Haut-Rhin.

Même des zones voisines peuvent avoir des règles différentes ; par exemple, en Occitanie, les départements du Gers, du Tarn et du Tarn-et-Garonne sont revenus à 90 km/h, mais la Haute-Garonne et le Lot ne l’ont pas fait.

Au niveau national, l’Eure est le dernier département à être revenu sur le changement, et a depuis le 9 février relevé la limite à 90 km/h sur certaines sections de route.

« La décision de limiter la vitesse maximale sur les routes secondaires était une erreur », a déclaré Arnaud Viala, président du conseil départemental de l’Aveyron, à La Dépêche. « La réforme n’avait d’autre but que de créer de la confusion. »

Mesure salvatrice ?

Les critiques de la mesure affirment qu’elle n’a pas rendu les routes plus sûres ; mais les partisans ne sont pas d’accord. 

« Dire que la limite de 80 km/h [pourrait] être inutile est faux et irresponsable », a déclaré le vice-président du groupe de campagne pour la sécurité routière, la Ligue contre la violence routière, Pierre Lagache. 

Il estime que le changement a sauvé environ 350 vies sur une période de 20 mois, chiffre issu d’un rapport de 2020.

Cependant, depuis 2013, le nombre de décès sur les routes en France est resté entre 3 000 et 3 500 par an (à l’exception de 2020, qui a vu une baisse de la circulation routière en raison des confinements liés à la Covid-19).

En 2025, le nombre de décès sur le territoire métropolitain a légèrement augmenté par rapport à 2024, avec 3 260 victimes contre 3 193 respectivement (une hausse de 2,1 %), selon les données provisoires de l’organisme de sécurité routière, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

Les militants estiment que la vitesse n’est pas toujours le facteur déterminant des décès sur les routes ; récemment, le gouvernement s’est attaqué à l’usage de protoxyde d’azote et à l’usage d’autres drogues, tout en priorisant les cibles habituelles de vitesse excessive et d’alcoolisme problématique.


Autres actualités


Dernière interview


Rachida DATI - Matinale RTL du 13 juin 2019

Interview de Rachida DATI dans la matinale RTL du 13 juin 2019

Voir toutes les interviews

Dernier communiqué

Mise au vote du rapport sur la lutte contre la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne en séance plénière à Strasbourg

17 avril 2019

Les députés européens se prononçaient hier à Strasbourg sur le règlement pour lutter contre la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne et leur retrait dans un délai d'une heure.

Voir tous les communiqués

Dernier article de presse

Antiterrorisme : Rachida Dati en première ligne au Parlement européen

18 décembre 2018

Le Parlement européen a adopté la semaine dernière le rapport final de la[...]

Voir tous les articles