Un pit-bull illégal a-t-il tué une femme enceinte ?

Pit bull terrier Curtis «obsédé» par les morsures et pourrait avoir été entraîné par le partenaire de la femme

Une procédure judiciaire est en cours dans le nord de la France après qu’une femme, Elisa Pilarski, 29 ans, a été retrouvée morte dans une forêt, couverte de morsures de chien. Elle était enceinte de six mois.

Son compagnon, Christophe Ellul, est accusé d’homicide involontaire, son chien Curtis étant décrit comme «obsédé» par les morsures. 

M. Ellul affirme que Curtis est innocent et que c’est des chiens de chasse présents lors d’une battue dans la forêt qui l’ont tuée. 

Bien que cela puisse sembler improbable Curtis pourrait, en théorie, être présenté à l’audience comme élément de preuve. Si c’était le cas, cela ne serait pas une première en France. 

Chien illégal non enregistré

Mme Pilarski a été retrouvée morte en 2019 dans une forêt de l’Aisne, après avoir promené Curtis, âgé de deux ans.

Le chien n’était ni muzzlé ni castré au moment de l’incident, et pèserait environ 20 kg.

M. Ellul, réputé fasciné par les chiens pitt-bull, aurait affirmé que Curtis était un croisement entre un Patterdale terrier et un whippet; il a été ensuite identifié comme un American Pit Bull Terrier, une race qui nécessite une autorisation spéciale pour l’importer ou la posséder

M. Ellul n’avait pas cette autorisation et avait importé illégalement le chien en 2017 des Pays-Bas. 

De plus, il ne l’avait pas enregistré dans la base de données I-CAD pour les animaux de compagnie.

« Bombe à retardement » chien entraîné à mordre

Les avocats de l’affaire affirment que Curtis avait été entouré d’indices à mordre et à agir de manière agressive depuis son importation.

Trois mois avant le décès de Mme Pilarski, Curtis avait remporté une compétition de « mordant sportif » (sport de morsure) en Belgique, une sorte de parcours « commando » pour certaines races.

Curtis était « un chien qui avait suivi un entraînement spécifique qui a contribué à la tragédie ; c’est clair » a déclaré l’avocat Guillaume Demarcq lors d’un podcast de RTL. 

« C’est un chien qui a mordu à plusieurs reprises, y compris son propriétaire… Christophe Ellul avait créé une sorte de bombe à retardement », a-t-il ajouté. M. Demarcq représente un groupe de chasse local impliqué dans le procès, qui affirme que les commentaires de M. Ellul ont porté atteinte à l’image de sa communauté.

Un examen vétérinaire effectué deux jours après l’incident de 2019 a décrit le chien comme « gentil » mais obsédé par le « jeu » de la chasse et couvert de plusieurs cicatrices. 

Curtis aurait déchiré un ballon de basket après qu’il a été introduit dans la salle d’examen. 

Des examens ultérieurs ont montré que le chien était « fixé sur l’acte de mordre », et capable de tenir un leurre fixé au plafond d’une pièce pendant des minutes, en utilisant uniquement la puissance de ses mâchoires.

Les experts ont conclu que Curtis avait probablement été entraîné à mordre avec un « leurre fixe », une pratique interdite en France. 

Un vétérinaire cité par le média Le Dauphiné Libéré a déclaré que le chien n’était pas intrinsèquement vicieux mais qu’il aurait pu être conditionné à voir la morsure comme une « activité récréative », équivalant à de la maltraitance animale.

M. Ellul et ses avocats de la défense affirment toutefois que lui et Curtis sont innocents, et que Elisa Pilarski a été tuée par des chiens de chasse. 

Des examens de Curtis ont été réalisés pendant une période de stress pour le chien, expliquent-ils, car il a été immédiatement retiré de l’incident et conduit vers un refuge qui était nouveau pour lui, et ne peuvent donc pas être utilisés comme preuve objective. 

Cependant, un message de M. Ellul à sa partenaire disant « Je fais euthanasier [Curtis] » ajoute à la complexité de l’affaire. 

Quel sort pour le chien ?

Si reconnu coupable d’homicide involontaire, M. Ellul risque une peine de prison, mais l’impact sur Curtis demeure incertain.

Le jury pourrait également décider que le chien est euthanasié pour des raisons de sécurité publique, même si M. Ellul est acquitté.

En même temps, le chien pourrait être épargné par le tribunal.

Des avocats pour les droits des animaux « représentant » Curtis déclarent qu’il ne devrait pas être euthanasié dans aucune circonstance.

« Curtis n’a pas la conscience d’un humain… Ce chien doit recevoir une seconde chance, » a déclaré l’avocate Sophia Salmeron-Albert au Le Dauphiné Libéré. 

Mme Salmeron-Albert demandera un report de six mois pour que Curtis puisse suivre une autre clinique spécialisée du comportement et être réévalué après cela si la cour requiert une euthanasie. 


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