La moitié de la chambre haute sera en jeu — et l’extrême droite pourrait remporter une grande victoire
Les élections sénatoriales de 2026 auront lieu le mois prochain, marquant le dernier scrutin du calendrier politique français.
Les élections, prévues le 27 septembre, porteront sur 178 sièges répartis dans 64 circonscriptions, soit environ la moitié du total dans la chambre haute.
Ces « circonscriptions » couvrent environ la moitié des départements métropolitains de la France ainsi que plusieurs territoires d’outre-mer. La moitié des sénateurs représentant les Français résidant à l’étranger (six sur douze) sont également en réélection.
La carte ci-dessous montre les départements où se déroulent les élections.
Le chiffre inscrit à l’intérieur des contours du département indique le nombre de sénateurs qui seront élus dans ce département.
Dans les départements où un ou deux sénateurs sont élus, un système de majorité est utilisé, et le ou les candidats arrivant en tête obtiennent directement leur siège.
Dans les départements où trois ou plus sont élus, on utilise une forme de représentation proportionnelle, les sièges étant attribués en fonction de la part de voix totale.
Un système de vote différent utilisé
Le mode de scrutin pour la chambre haute française diffère des autres scrutins en France.
Les sénateurs français sont élus au moyen d’un « suffrage universel indirect ».
Les sénateurs ne se présentent pas à une élection publique, mais sont élus par les conseillers municipaux et d’autres fonctionnaires, connus sous le nom de grands électeurs.
Il y a environ 150 000 personnes en France qui peuvent être considérées comme de potentiels grands électeurs.
Plus une commune est grande, plus ses conseillers municipaux participent au scrutin à l’échelle du département, et les plus grandes communes (30 000 habitants ou plus) voient des délégués supplémentaires désignés pour voter dans les élections départementales.
Pour les sénateurs représentant les Français de l’étranger, ils sont élus par 150 membres élus de l’Assemblée des Français de l’étranger.
Une surprise est-elle en perspective ?
Ce système électoral a tendance à favoriser les partis traditionnels français, en particulier la droite qui a contrôlé la chambre pour la quasi-totalité de la Vème République.
Moins de personnes votent lors des élections municipales que lors des scrutins législatifs ou présidentiels, ce qui signifie que seuls les électeurs les plus engagés se mobilisent.
À leur tour, les partis à l’appareil organisationnel plus solide (les socialistes et, en particulier, la droite — Les Républicains) en ont bénéficié, et les partis d’extrême ont généralement enregistré de faibles résultats lors de ces scrutins locaux.
À cela s’ajoute que davantage de conseillers municipaux votent pour ces partis traditionnels (du fait des victoires lors des municipales), les maintenant comme principaux groupes au Sénat.
Les partis possèdent soit leurs propres groupes sénatoriaux, soit s’allient avec des partis similaires.
Ces groupes diffèrent légèrement des partis de l’Assemblée nationale, la chambre des députés directement élue lors des élections législatives.
Un groupe doit compter au moins 10 sénateurs, ce qui limite les sénateurs marginaux qui sont exclus par les partis dominants.
Les groupes actuels au Sénat sont les suivants :
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Les Républicains – 102 sièges
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Socialistes, Écologistes – 63 sièges
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Union centriste (Union des démocrates et indépendants, Mouvement démocrate et Alliance centriste) – 52 sièges
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LIRT (indépendants, typiquement centre-droit) – 20 sièges
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CRCE (Groupe des communistes, républicains, citoyens et écologistes, gauche) – 18 sièges
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RDPI (centristes, y compris des membres du parti du président Emmanuel Macron) – 17 sièges
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RDSE (Rassemblement démocratique européen et social, à la fois gauche et droite mais tous pro-européens) – 16 sièges
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E (Écologistes) – 15 sièges
Certains sénateurs siègent avec des groupes par association mais n’en font pas officiellement partie.
Le Rassemblement National n’a que trois sénateurs, malgré le fait qu’il soit le plus grand parti de l’Assemblée nationale, et il n’appartient à aucun groupe ni ne siège dans l’un d’eux par affiliation.
La dirigeante du Rassemblement National Marine Le Pen avait auparavant critiqué le Sénat pour son manque de représentation directe – une critique également formulée par l’extrême gauche, elle aussi sous-représentée dans la chambre par rapport à l’Assemblée nationale – et jusqu’en 2014 avait même appelé à abolir le Sénat dans son ensemble.
Cependant, lorsque l’extrême droite a remporté un certain nombre de conseils lors des élections municipales de 2026 dans les départements où se tiennent les élections sénatoriales, il est possible qu’un nombre croissant de sénateurs d’extrême droite soient élus.
Le parti a également cherché à s’allier avec d’autres groupes à l’extrême droite, ce qui fait partie intégrante de sa quête de légitimité, et il est certainement possible qu’après les elections de septembre qu’un groupe d’extrême droite soit formé.
Il est moins probable qu’un groupe d’extrême gauche composé de sénateurs de La France insoumise voie le jour, car le parti reste limité au niveau du soutien municipal malgré de bons résultats à l’Assemblée nationale.
Beaucoup de sénateurs sont aussi des experts dans d’autres domaines, tels que l’éducation, la santé, ou sont des fonctionnaires.
Les sénateurs peuvent déposer des amendements au projet de loi et voter sur les amendements déposés par les députés lorsque le texte est en cours d’examen entre les deux chambres.
Cela peut entraîner un processus prolongé et plusieurs échanges pour les projets de loi les plus débattus, ralentissant considérablement la rapidité avec laquelle les lois peuvent être adoptées.
Malgré le fait que toutes les lois doivent passer par le Sénat, l’Assemblée nationale a généralement le dernier mot et peut rejeter les modifications apportées par la chambre haute.
Les sénateurs, de cette manière, sont similaires à la Chambre des Lords du Royaume-Uni (bien qu’ils ne soient pas nommés), dans la mesure où ils constituent principalement une chambre de révision (mais peuvent proposer leurs propres projets de loi).
