La maladie n’est plus classifiée comme psychologique
Le régime d’assurance maladie français a mis à jour sa classification de la fatigue chronique, ne parlant plus de la maladie comme d’un « trouble psychiatrique ou psychologique », sur son site internet.
La mise à jour de la page d’information sur le Ameli (site web de l’organisme d’assurance maladie d’État Assurance Maladie) a été saluée par les militantes et militants.
La maladie est désormais décrite comme « une maladie provoquant une fatigue chronique débilitante et une aggravation des symptômes après un effort mineur », et le site précise qu’elle « ne doit pas être considérée comme un trouble psychologique ».
Une augmentation des cas après la pandémie de Covid‑19 signifie qu’entre 700 000 et un million de personnes en France souffrent de fatigue chronique, pour laquelle il n’existe pas de remède connu.
Les estimations pré‑Covid de la maladie étaient d’environ 200 000 personnes souffrant en France.
Cependant, de nombreux cas restent non diagnostiqués.
Changement salué par les associations
« Cette reconnaissance institutionnelle est une étape importante », a déclaré l’Association française de l’encéphalomyélite myalgique et des intolérances systémiques à l’effort (AFEMISE) à France Inter.
Elle a salué le fait que l’Assurance Maladie « reconnaît spécifiquement le malaise post-effort comme un symptôme central, reconnaît les niveaux de gravité variables, et accepte l’importance de l’orientation (gestion de l’énergie) ainsi que les risques associés aux programmes d’exercices gradués ».
Il est à espérer que le changement facilitera l’accès à l’aide pour les malades, car la « psychologisation de la maladie » constitue un obstacle fréquent au diagnostic, a déclaré le président de l’AFEMISE, Pietro Tomé, à France Inter.
Les symptômes de la maladie répertoriés par l’Assurance Maladie incluent :
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Fatigue profonde et débilitante qui est chronique depuis plusieurs mois, non expliquée et non soulagée par le repos ou le sommeil
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Malaise après l’effort
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Altération cognitive
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Difficulté à rester droit
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Intolérance orthostatique
Cependant, elle souligne aussi qu’il existe de nombreux autres symptômes possibles « sans lien apparent entre eux, variant d’un patient à l’autre et fluctuant d’un jour à l’autre ».
Le changement rapproche la France du Royaume‑Uni, où la ME/CFS n’est pas considérée comme une condition psychologique et où les patients sont conseillés de gérer avec prudence leur niveau d’activité afin d’éviter l’aggravation des symptômes.
Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États‑Unis décrivent également explicitement la ME/CFS comme une « maladie biologique affectant de nombreuses parties du corps ».
Aucune prise en charge additionnelle
Malgré les changements et la reconnaissance que la maladie peut affecter les patients sur une longue période, la mise à jour n’a pas été accompagnée d’un changement de classification de la maladie.
Elle n’a pas été ajoutée à la liste officielle française des affections de longue durée (Affection Longue Durée, ALD), dont les malades bénéficient d’une prise en charge complémentaire par l’assurance maladie.
Cela signifie que les rendez-vous liés à la fatigue chronique chez un médecin généraliste continuent d’être remboursés à hauteur de 70 % pour les détenteurs d’une carte Vitale, le reste étant pris en charge par une mutuelle si la personne en possède une.
Les niveaux de remboursement peuvent différer pour les rendez-vous avec des spécialistes.
