De nombreuses régions en France se trouvent désormais au niveau de crise en matière d’eau – consultez notre carte
Un maire français a augmenté sept fois le prix de l’eau du robinet afin d’encourager les habitants à réduire leur consommation alors que le pays fait face à une sécheresse généralisée.
Hervé Girardot, maire de Pillemoine dans le Jura, dans l’est de la France, a pris cette décision alors que la source qui alimente le village en eau potable est sur le point de s’épuiser.
La source produit actuellement seulement deux à trois mètres cubes d’eau par jour, alors que le village a normalement besoin d’environ 10 mètres cubes.
Pour encourager une réduction de l’usage, il a augmenté le prix de l’eau de 1,10 € à 8 € le mètre cube.
Le maire a déclaré que les 60 habitants avaient déjà été avertis de la nécessité d’économiser l’eau, mais que cela n’avait pas entraîné de changements significatifs dans leurs habitudes.
« Nous avions eu une expérience similaire en 2018 où nous avions averti les habitants une fois, puis une seconde fois, et il n’y a pas eu de changement dans leurs habitudes, » a-t-il déclaré à France 2.
L’augmentation du prix semble avoir eu un effet immédiat. La consommation d’eau à Pillemoine a chuté d’environ 20 %.
Les habitants ont également déclaré qu’ils portent désormais une attention beaucoup plus stricte, notamment en prenant des douches plus courtes et en évitant de laisser les robinets couler lors de la vaisselle.
Cependant, la mesure n’a pas résolu la pénurie d’eau du village. La municipalité devrait désormais acheter de l’eau potable à une commune voisine, à un coût estimé par M. Girardot entre 3 000 et 5 000 €.
Pour un petit village, cela représente une dépense importante, selon le maire.
La situation à Pillemoine survient alors que les restrictions d’eau se renforcent à travers la France.
À partir du 24 août, 63 départements métropolitains et la Corse avaient au moins une commune sous le niveau le plus élevé de crise des restrictions liées à l’eau du robinet, où presque toutes les utilisations non essentielles de l’eau du robinet sont interdites.
De plus, deux sections supplémentaires avaient au moins une commune sous le deuxième niveau d’alerte renforcée.
Au total, 92 départements en métropole et en Corse avaient des restrictions en vigueur dans au moins certaines de leurs communes, notamment des limitations sur le remplissage des piscines, l’arrosage des pelouses et le lavage des voitures.
La France compte quatre niveaux d’alerte pour la sécheresse: vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. Au niveau le plus élevé, crise, des restrictions sont imposées sur l’usage domestique, agricole et public de l’eau afin de préserver l’approvisionnement pour les besoins essentiels.
Au niveau le plus bas, vigilance, il n’y a pas de restrictions obligatoires, mais les habitants sont invités à utiliser l’eau avec prudence.
De plus, environ 40 000 personnes ont été privées d’eau du robinet au cours de la semaine précédente alors que les approvisionnements pour environ 550 000 habitants étaient considérés comme sous tension plus tôt ce mois-ci.
Les autorités dans les zones touchées ont dû acheminer l’eau par camions-citerne ou distribuer de l’eau en bouteille aux habitants.
Vous pouvez aussi consulter la plateforme en ligne du gouvernement vigieau.gouv.fr pour voir le niveau actuel dans votre département.
Ces restrictions interviennent alors que les réserves d’eau souterraine continuent de diminuer. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), 92% des sites de surveillance de l’eau souterraine ont enregistré des niveaux en baisse le 15 août, tandis que 64% se situaient en dessous de leur niveau habituel pour cette période de l’année.
La longue période de temps chaud et sec a rendu la situation particulièrement difficile. Des sols secs peuvent absorber moins d’eau lorsque de fortes pluies finissent par arriver, ce qui signifie que des averses soudaines peuvent provoquer des inondations sans nécessairement reconstituer les réserves d’eau souterraines.
Ceci a été illustré par des orages qui ont frappé certaines parties du sud et du sud-est de la France le 20 août. Certaines zones ont reçu l’équivalent de plusieurs semaines, voire d’un mois de précipitations en seulement quelques heures, provoquant des inondations éclair.
Ainsi, des orages isolés et forts ne suffisent pas à mettre fin à la sécheresse, car les réserves d’eau souterraine nécessitent des précipitations soutenues sur plusieurs jours pour se rétablir correctement.
Cependant, des températures plus basses pourraient aider à réduire la pression sur les eaux souterraines en réduisant la demande d’irrigation et d’eau potable.
