La répression se propage à travers la France, mais la durée et les conditions des suspensions varient d’un département à l’autre.
La Corrèze est le dernier département français à annoncer des mesures plus strictes contre les automobilistes surpris à utiliser leur téléphone en conduisant, rejoignant une liste croissante de départements où des suspensions de permis sont utilisées.
Contrairement à d’autres départements qui ont instauré suspensions de permis immédiates pour la première infraction, la nouvelle mesure de la Corrèze cible spécifiquement les récidivistes.
À partir du 1er septembre, les récidivistes (c’est-à-dire les conducteurs pris à commettre la même infraction à nouveau dans les trois ans) en Corrèze encourront une suspension de trois semaines du permis, en plus de l’amende standard de 135 € et de la perte de trois points sur leur permis de conduire.
« Nous visons spécifiquement ceux qui poursuivent ce comportement néfaste et qui constituent un danger pour nos concitoyens », a déclaré Alban d’Herbigny, chef de cabinet du préfet, selon Franceinfo.
Les mesures plus strictes s’appuient sur les pouvoirs existants du Code de la route français qui permettent aux préfets de suspendre les permis de conduire pour certaines infractions routières.
La loi prévoit déjà qu’un permis puisse être retenu et suspendu lorsqu’on utilise un téléphone tenu en main en parallèle d’autres infractions.
Plusieurs préfets sont désormais allés plus loin, en introduisant des mesures locales permettant une suspension du permis pour l’usage du téléphone seul.
Cela signifie que, lorsqu’un conducteur est contrôlé par la police ou la gendarmerie pour utilisation du téléphone au volant, les agents peuvent retenir le permis et le préfet peut ensuite ordonner une suspension administrative.
Plus de départements français instaurent la mesure
Les Landes ont été les premiers à introduire la mesure en novembre 2025. Elle a été suivie par d’autres départements au cours de 2026, à mesure que les préfets répondaient aux préoccupations relatives à la sécurité routière et à la distraction du conducteur.
Les départements appliquant actuellement des mesures similaires comprennent les Landes, Lot-et-Garonne, Pas-de-Calais, Charente-Maritime, Ardèche, Deux-Sèvres, Vaucluse, Oise, Aisne, Réunion, Indre-et-Loire, Haute-Loire et Yonne.
L’Eure-et-Loir a également introduit la mesure en juillet, avec une suspension d’un mois pour une première infraction et deux mois pour une récidive.
Les règles varient d’un département à l’autre, tant en ce qui concerne la durée de la suspension que la possibilité ou non d’imposer une suspension pour une première infraction.
Dans plusieurs départements, les conducteurs peuvent faire retenir leur permis par la police ou la gendarmerie sur le bord de la route après avoir été surpris à tenir un téléphone, le préfet pouvant ensuite ordonner une suspension administrative.
Autrement dit, un conducteur n’a pas nécessairement besoin d’être récidiviste pour perdre son permis.
Par exemple, dans la Drôme, une mesure annoncée en juillet prévoit une suspension d’un mois pour les conducteurs surpris à utiliser leur téléphone au volant, passant à trois mois en cas de récidive.
Bien que la mesure soit entrée en vigueur officiellement le 24 juillet, son application est prévue à partir du 1er septembre après une période initiale d’information et de sensibilisation.
En Indre-et-Loire, une première infraction peut entraîner une suspension d’un mois, passant à deux mois pour les récidivistes, les titulaires d’un permis probatoire et les conducteurs professionnels.
Dans les Landes, où la mesure a été introduite pour la première fois, la suspension peut aussi durer jusqu’à six mois.
Cela signifie que les conséquences de l’utilisation d’un téléphone au volant peuvent désormais varier considérablement selon le lieu où l’infraction est commise.
Pouvons-nous utiliser votre téléphone comme GPS ?
L’introduction de mesures plus strictes a également soulevé des questions chez les conducteurs qui utilisent leurs smartphones comme systèmes de navigation.
L’utilisation d’un téléphone comme GPS est autorisée en France, à condition que l’appareil soit solidement fixé et que le conducteur ne le tienne pas ni ne le manipule pendant la conduite.
Un téléphone fixé sur un support adapté sur le pare-brise, le tableau de bord ou la grille d’aération peut donc être utilisé pour la navigation.
La distinction importante est entre l’utilisation du téléphone comme appareil de navigation et le fait de le manipuler physiquement.
Les conducteurs ne doivent pas prendre le téléphone pour changer la destination, lire un message ou ajuster la navigation pendant que le véhicule est en mouvement.
La gendarmerie des Landes a indiqué précédemment à The Connexion qu’un conducteur peut utiliser un téléphone monté pour la navigation, à condition qu’il reste dans son support et qu’il n’est pas manipulé.
Si un itinéraire doit être modifié, les conducteurs doivent s’arrêter sur le bord et dans un endroit sûr avant de toucher l’appareil.
Sur une autoroute, cela signifie utiliser une aire de services ou un autre endroit d’arrêt désigné plutôt que d’apporter des changements pendant la conduite.
