Nouvelle taxe de 0,8 % sur les assurances habitation et auto en France à partir de 2027

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Une hausse de 0,8 % des assurances habitation et automobile est prévue à partir de 2027

Une nouvelle soi-disant « taxe sur les émeutes » destinée à couvrir le coût des réparations liées aux manifestations en France devrait être prélevée sur les polices d’assurance à partir de janvier 2027.

La « taxe » prendra la forme d’une surtaxe de 0,8 % sur les assurances habitation et automobile, ainsi que sur les polices détenues par les collectivités locales et les entreprises. 

Les fonds récoltés seront versés dans un fonds spécifiquement destiné aux dommages causés par les émeutes et la violence urbaine. Le fonds percevra environ 400 millions d’euros par an, la part principale provenant directement de cette nouvelle taxe.

La mesure, d’abord proposée en 2023 et inscrite dans le budget 2026 mais non entrée en vigueur, a de nouveau fait les gros titres après les dégâts causés lors de protestations les 17 et 24 octobre, dont les estimations suggèrent qu’ils atteignent 1 milliard d’euros. 

Cependant, le fonds n’est pas rétroactif et ne couvrira pas les dégâts de ces émeutes ni de toute autre qui pourraient avoir lieu cette année.

Bien que la taxe soit légale après son inclusion dans le budget 2026, le décret l’instaurant doit encore être approuvé par le Conseil d’État, qui examinera la proposition dans les semaines à venir. 

Si elle est validée, une vue d’ensemble complète des règlements sera publiée dans le Journal officiel de la République.

Elle est modélisée d’après une taxe similaire pour les catastrophes naturelles (catastrophe naturelle), qui réserve les fonds recueillis par le biais d’une taxe spéciale sur les polices afin d’être utilisés uniquement en cas de sinistres consécutifs à une catastrophe naturelle. 

La « taxe sur les émeutes » a été critiquée comme une dépense supplémentaire pour les ménages en période de crise du coût de la vie, et comme une punition envers les résidents et les propriétaires de véhicules qui doivent désormais supporter le coût des actes d’une minorité violente. 

Cependant, l’État soutient qu’il est nécessaire d’apporter une aide aux petites entreprises endommagées pendant les manifestations par le biais d’un effort collectif. Il a aussi noté que certains assureurs hésitent désormais à proposer une couverture contre les émeutes, laissant les petites entreprises en danger.

Indépendamment de cette taxe, un projet de loi « casseurs-payeurs » (casseurs-payeurs) a récemment été approuvé par les sénateurs. Il prévoit que les personnes reconnues coupables de participation à un rassemblement violent puissent être tenues responsables civilement d’une partie des coûts de réparation.

Dans les cas où des pillards ne pourraient pas payer mais bénéficient de prestations, la version actuelle de la loi permettrait à l’État de prélever une partie de leurs prestations pour couvrir ces coûts – une mesure controversée. 

Elle doit encore obtenir l’approbation finale des députés et n’est pas encore garantie d’entrer en vigueur.

La taxe couvre la plupart des polices d’assurance

L’idée d’une telle taxe n’est pas nouvelle et avait été envisagée initialement à la suite des émeutes de juin 2023 dans toute la France, à la suite de la mort de Nahel, un adolescent de 17 ans tué par un officier de police dans la banlieue parisienne.

Sa mort a conduit à plusieurs jours de protestations et de pillages à grande échelle, causant des dégâts d’une valeur de centaines de millions d’euros.

À l’époque, ni l’État ni les compagnies d’assurance n’ont déclaré disposer des fonds nécessaires pour payer les réparations, ce qui a amené le gouvernement à proposer une taxe supplémentaire sur les contrats d’assurance pour couvrir les dommages. 

La mesure a été formellement introduite dans le budget 2026, avec une taxe proposée à 5%, puis réduite à 1,5%. Bien qu’acceptée dans le budget, un décret instaurant la taxe n’a pas été mis en œuvre. 

L’idée a été relancée à la suite des émeutes du 17 octobre cette année, le gouvernement optant pour une taxe de 0,8% plus faible. 

Les assureurs resteront le premier interlocuteur après les dégâts lors des manifestations, le fonds étant utilisé pour aider à payer les sinistres. 

Un plafond de 4 milliards d’euros sur la garantie de l’État est inclus.

Sous les propositions actuelles, les fonds ne pourraient être accessibles qu’après une émeute liée à des revendications sociales ou politiques, où une certaine réponse policière était nécessaire, et lorsque certains seuils de dommages étaient atteints.

Cela serait classé comme une perturbation entraînant un total de 700 000 euros de pertes assurées, 300 000 euros de dégâts sur les bâtiments publics ou au moins 30 sinistres individuels chacun dépassant 10 000 euros.

Comment les titulaires de police seront-ils affectés ?

Si la nouvelle taxe est approuvée, les assureurs informeront les titulaires de police des changements.

Alors que la taxe est une hausse forfaitaire de 0,8 % sur les primes, il appartiendra aux assureurs de déterminer comment ils préleveront et transféreront ces fonds à l’État, en fonction de leurs pratiques commerciales.

Elle pourrait ne pas prendre la forme d’une hausse directe de 0,8 % sur la facture finale.

Comme les polices d’assurance peuvent augmenter indépendamment de cette taxe, les assurés devraient vérifier attentivement leurs contrats pour voir l’impact de la nouvelle taxe.

Projet de loi « casseurs-payeurs »

La taxe fonctionnerait de concert avec le projet de loi « casseurs-payeurs », récemment adopté par le Sénat et introduit pour la première fois suite à une perturbation généralisée en mai 2026, après la victoire du Paris Saint‑Germain en finale de Ligue des champions.

Le texte prévoit que les personnes qui participent à une assemblée violente pourraient être tenues conjointement responsables des dommages, même si elles n’ont pas directement causé les dégâts.

La version actuelle du projet de loi fixe une limite de 10 000 € de dommages qui pourraient être prélevés, le parti d’extrême droite, le Rassemblement National, ayant tenté sans succès d’augmenter cette somme à 30 000 €.

Dans son état actuel, le projet de loi permet également de prélever des revenus de l’aide au logement APL et le revenu de solidarité active (RSA, aide pour les faibles revenus) pour couvrir les coûts, si l’individu ne peut pas payer.

Qu’en pensez-vous de la taxe proposée sur les polices d’assurance ? Et du projet de loi « casseurs-payeurs » ? Quelle est selon vous la meilleure façon de financer les dégâts causés lors des manifestations qui deviennent violentes ? Faites-nous part de vos réflexions à l’adresse [email protected]


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