Une nouvelle étude de l’Insee examine les effets des ZFE depuis leur introduction
Les zones à faibles émissions (zones à faibles émissions, ou ZFE) en France restent en place, mais ce que les conducteurs peuvent et ne peuvent pas faire dépend de l’endroit où elles se situent.
Le système restreint l’accès à certains véhicules en fonction de leur classement Crit’Air des émissions, visant à réduire la pollution atmosphérique en milieu urbain.
Cependant, les villes disposent d’une marge de manœuvre pour décider quels véhicules sont restreints, quand les restrictions s’appliquent et quelles exemptions peuvent être accordées.
Cette absence d’une liste unique à l’échelle nationale des véhicules interdits dans les ZFE oblige les conducteurs à vérifier les règles selon la zone où ils se rendent ou qu’ils traversent.
Comment fonctionnent les ZFE ?
Une ZFE est une zone où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte. Le système utilise le médaillon Crit’Air, qui classe les véhicules selon divers critères, notamment le type de carburant, la norme européenne d’émissions et la catégorie du véhicule.
Plus le numéro Crit’Air est élevé, plus le véhicule est considéré polluant. Les véhicules électriques et à hydrogène obtiennent Crit’Air 0, tandis que les véhicules les plus anciens et les plus polluants sont classés Crit’Air 5 ou non classés.
Le système ZFE a été introduit par des lois adoptées en 2019 et 2021. Les règles les plus strictes s’appliquent dans les zones où la pollution de l’air dépasse régulièrement les limites légales, tandis que d’autres villes disposent de plus de flexibilité quant aux véhicules qu’elles restreignent.
Paris et Lyon sont actuellement les deux zones soumises aux exigences nationales les plus strictes.
D’autres villes disposent de plus de flexibilité. À Dijon, par exemple, tous les véhicules, y compris les voitures Crit’Air 5, peuvent actuellement circuler dans la ZFE. Pendant ce temps, Reims applique des restrictions sur les véhicules Crit’Air 5 et 4, mais a retardé les restrictions sur les véhicules Crit’Air 3 jusqu’en janvier 2029 dans le cadre d’un moratoire de cinq ans.
Les règles peuvent aussi varier selon le type de véhicule. Des restrictions peuvent s’appliquer aux voitures particulières, aux véhicules utilitaires légers et aux véhicules lourds à des moments différents.
Comment vérifier si votre véhicule est concerné ?
Le moyen le plus simple pour les automobilistes de vérifier les règles est d’utiliser la carte officielle des ZFE fournie par Bison Futé.
La carte montre les ZFE actuellement en vigueur sur l’ensemble de la France. Les conducteurs peuvent repérer leur zone, zoomer sur la zone concernée puis la sélectionner pour vérifier les restrictions qui s’appliquent.
Ceci est très important pour les conducteurs voyageant entre différentes villes, car un véhicule autorisé dans une ZFE peut être restreint dans une autre.
Le médaillon Crit’Air est requis pour conduire dans une ZFE. Les conducteurs peuvent vérifier la classification de leur véhicule et commander le médaillon officiel via le service Crit’Air du gouvernement.
Les restrictions peuvent aussi être renforcées temporairement lors d’épisodes de pollution, lorsque des restrictions de circulation distinctes peuvent entrer en vigueur.
Les informations actuelles du ministère de la Transition écologique sur les ZFE répertorient 25 zones actives en métropole :
Angers, Annecy, Annemasse, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Paris, Pau, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg et Toulouse.
Les ZFE ont-elles réellement réduit la pollution ?
Une nouvelle étude de l’institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée le 27 août 2026, livre une évaluation de l’impact des zones à faibles émissions.
L’étude a examiné neuf ZFE régionales introduites pour les voitures particulières d’ici 2023. Les chercheurs ont comparé ces zones avec 26 zones intercommunales similaires qui n’avaient pas de ZFE.
Paris a été exclue de la comparaison principale car elle était considérée comme trop différente des autres zones étudiées.
Les résultats ont révélé que les ZFE ont eu un effet relativement modeste.
Dans les neuf zones ZFE étudiées, le nombre de véhicules Crit’Air 1 et de véhicules électriques a augmenté de 88,4 % sur la période de cinq ans examinée, allant de trois ans avant l’introduction d’une ZFE à deux ans après.
L’Insee estime que les ZFE sont responsables de 5,8 points de pourcentage de cette augmentation.
L’étude suggère donc que la majeure partie de ce changement se serait produite de toute façon, les voitures plus anciennes atteignant la fin de leur vie et étant remplacées par des modèles plus récents soumis à des normes européennes d’émissions de plus en plus strictes.
Les ZFE ont également contribué de manière relativement modeste à la réduction de certains des véhicules les plus polluants.
Les voitures Crit’Air 3 ont diminué de 34,5 % sur la période, les restrictions ZFE étant estimées pour expliquer 4,5 points de cette baisse.
Les voitures Crit’Air 4 ont chuté de 53,6 %, et 5,5 points de pourcentage de cette baisse seraient attribuables à la ZFE.
Pour les véhicules Crit’Air 5 et non classés, l’Insee n’a pas trouvé d’effet ZFE statistiquement significatif. Au moment où bon nombre de zones ont été introduites, ces véhicules représentaient déjà moins de 5% de la flotte dans les zones étudiées.
L’effet sur la pollution a été plus faible
Une flotte automobile plus propre a également entraîné une diminution des émissions polluantes, mais les ZFE ne représentent qu’une petite part de la diminution globale.
Les émissions de NOx des voitures particulières ont chuté de 38,9 % dans les zones étudiées, les ZFE représentant 4,6 points de pourcentage de cette baisse. Les émissions de PM2,5 ont chuté de 31,1 %, les ZFE étant responsables de 1,4 point de pourcentage.
Par ailleurs, les ZFE n’ont pas réduit l’utilisation de la voiture de manière significative. Deux ans après leur introduction, le nombre de voitures en circulation avait chuté d’à peine 1,3 %, tandis que les distances parcourues en voiture et le nombre de trajets domicile-travail n’avaient pas diminué sensiblement.
