Arme du lac d’Annecy : enquête sur les meurtres de Chevaline en 2012

Le meurtre de quatre personnes, dont une famille britanno-irakienne, reste non résolu après 14 ans

Un pistolet Luger trouvé par un groupe de touristes britanniques dans le lac d’Annecy le mois dernier pourrait avoir été utilisé lors des meurtres de Chevaline en 2012, et les autorités enquêtent désormais sur l’arme.

Les touristes ont trouvé l’arme alors qu’ils nageaient dans le lac le 20 août, et elle a rapidement été remarquée pour ses similitudes avec l’arme soupçonnée d’avoir été utilisée dans les meurtres notoires de 2012.

Le parquet de Nanterre a confirmé cette semaine à l’AFP qu’il enquêtait désormais sur l’arme pour son lien avec l’affaire.

Le parquet des Hauts-de-Seine, siège du parquet du pôle des crimes sériels ou non élucidés, est une unité chargée des crimes non élucidés.

Des experts balistiques ayant déjà travaillé sur l’affaire estiment qu’un modèle suisse Luger de 1935 spécifique a été utilisé, dont seulement 940 exemplaires ont été produits.

Des fragments de la poignée de ce modèle précis (Luger P06-29, calibre 7,65 parabellum) ont été retrouvés sur les lieux de l’incident en 2012.

L’arme retrouvée dans le lac portera un numéro de fabrication, ce qui peut aider les autorités à retracer l’historique de son propriétaire.

Les meurtres violents restent non résolus

Les meurtres de Chevaline, souvent appelés les meurtres des Alpes dans la presse britannique, restent l’un des crimes les plus violents non élucidés en France.

L’incident du 5 septembre 2012 a vu Saad al-Hilli, un Britannique de 50 ans d’origine irakienne, être tué par balle aux côtés de sa femme Iqbal (47) et de sa belle-mère Suhaila al-Allaf (74).

L’attaque a eu lieu sur la route de la Combe d’Ire près de Chevaline (Haute-Savoie), à quelques minutes de route du lac d’Annecy.

L’un de ses enfants âgé de sept ans a été blessé par des balles à la tête et à l’épaule mais a survécu, et sa fille de quatre ans a été retrouvée physiquement indemne après s’être cachée sous les jambes de sa mère décédée.

Les deux enfants ont depuis reçu de nouvelles identités pour les protéger et ont été à nouveau auditionnés au fil des années par la police.

Un homme local de 45 ans nommé Sylvain Mollier se trouvait dans la zone au moment des faits et a également été tué par balle. Les enquêteurs ne savent pas s’il a été attaqué en premier lors de l’incident, soit par accident, soit volontairement pour éviter tout témoin, ou s’il était impliqué plus profondément dans l’affaire.

Les enquêteurs français ont émis plusieurs hypothèses sur l’incident, allant du travail de M. al-Hilli comme ingénieur satellite au Royaume-Uni et en Irak à une querelle familiale, mais à ce jour l’affaire reste non résolue.

On pense que le tueur était un expert des armes à feu, ayant tiré 21 balles en moins de deux minutes – 17 d’entre elles touchant une victime.

De plus, toutes les victimes ont été retrouvées avec plusieurs balles dans la tête, ce qui indique une personne capable d’utiliser les armes avec précision.

Une reconstruction de l’incident en 2024 n’a pas permis d’obtenir d’informations supplémentaires.


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