Vols de pièces détachées en France : pourquoi les modèles Renault, Peugeot et Citroën sont visés

Les composants volés alimentent un marché noir en France et à l’étranger

Plus de 95 000 vols d’accessoires de véhicules ont été enregistrés en France en 2025, les phares, les catalyseurs d’échappement, les jantes et des équipements électroniques de plus en plus sophistiqués figurant parmi les cibles.

Ce chiffre est en baisse de 1 % par rapport aux chiffres de 2024, mais le vol de pièces automobiles demeure un problème répandu. Les composants volés peuvent être vendus en ligne, proposés à des garages ou démantelés pour la valeur des matériaux qu’ils contiennent.

Les modèles populaires sont particulièrement attractifs car il existe un large vivier d’acheteurs potentiels recherchant leurs pièces.

La Renault Clio figure parmi les modèles fréquemment ciblés pour leurs pièces, tandis que les véhicules de marque Peugeot et Citroën le sont aussi en raison du grand nombre de ces véhicules sur les routes françaises.

Cela s’inscrit dans un cadre plus large du vol de véhicules. Les voitures les plus volées en France sont souvent celles dont la demande sur le marché de la revente est élevée, selon Argos et France Assurances.

Leurs chiffres pour 2025 font état de 64 088 vols de véhicules, en baisse de 9 % par rapport à l’année précédente. Le Toyota RAV4 V était le modèle le plus volé, suivi par le Hyundai Tucson IV, le Toyota C-HR, la Renault Mégane IV et la Renault Talisman. 

Les chiffres ont été présentés en février, sur la base des sinistres déclarés par 55 compagnies d’assurance représentant environ 99 % du marché de l’assurance automobile en France.

La même logique d’offre et de demande s’applique aux pièces détachées : une voiture courante offre un marché prêt à l’emploi pour des composants qui peuvent être difficiles ou coûteux à obtenir légalement.

Phares, jantes et catalyseurs

Les phares figurent parmi les composants les plus fréquemment volés, suivis des catalyseurs et des jantes.

Les catalyseurs ont traditionnellement été ciblés pour les métaux précieux qu’ils contiennent, notamment le platine, le palladium et le rhodium. 

Leur valeur les rendait attractifs pour les voleurs organisés, bien que les catalyseurs plus récents contiennent généralement des quantités plus faibles de ces métaux et puissent être plus difficiles d’accès.

Plus récemment, les voleurs s’en prennent également aux caméras de recul et à d’autres équipements électroniques, alors que la valeur des pièces de remplacement a augmenté.

Les composants volés peuvent être annoncés sur des places de marché comme Leboncoin comme pièces d’occasion ou articles récupérés de véhicules endommagés. Certains se vendent à des prix sensiblement inférieurs à ceux des pièces de remplacement légitimes.

Un marché noir structuré

Le président d’Argos, Benoît Leclerc, a déclaré à Franceinfo que le commerce était devenu de plus en plus organisé.

« Les réseaux sociaux amplifient le phénomène », a-t-il déclaré, les acheteurs pouvant utiliser des plateformes telles que Telegram pour demander des pièces spécifiques.

Le commerce peut impliquer des voleurs, des lieux de stockage, des mécaniciens, des transporteurs et des négociants. Certains composants volés restent en France, tandis que d’autres sont exportés vers d’autres pays où la demande est également élevée.

Une enquête de 2020 menée par la section de recherche de Nantes de la gendarmerie et le bureau central pour lutter contre la criminalité itinérante a démantelé un réseau spécialisé dans le vol de pièces automobiles.

Le groupe visait des véhicules BMW et Mercedes dans des concessionnaires et des garages. Certaines pièces volées ont été transportées par la route vers la Géorgie et vendues à des négociants de pièces automobiles, tandis que d’autres ont été réutilisées en France.

Les enquêteurs ont attribué 31 infractions à ce réseau, pour des pertes de plus de 600 000 €.


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