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Aucun moustique n’a encore été arrêté – mais la commune prend les nuisances au sérieux
Les moustiques ne savent peut-être pas lire, mais cela n’a pas empêché un maire français d’émettre une ordonnance municipale interdisant leur vol au-dessus de sa commune.
Olivier Joly, maire de Saint-Just-Saint-Rambert dans le département de la Loire, a signé cet ordre inhabituel le 1er septembre.
« Face à un nombre croissant de signalements de la part des habitants concernant la prolifération des moustiques tigres, Olivier Joly, maire de Saint-Just-Saint-Rambert, vient d’émettre une ordonnance municipale les interdisant de voler au-dessus de la commune », a indiqué la mairie dans son communiqué.
L’ordonnance interdit les moustiques tigres (Aedes albopictus) de voler au-dessus de l’ensemble de la commune « jour et nuit ».
Elle couvre les rues, les places, les jardins et parcs publics, les cours d’eau et les bâtiments publics, en fait l’ensemble du territoire communal.
Elle précise que les « vols répétés, à basse altitude ou circulaires » des moustiques tigres et leurs piqûres peuvent provoquer « agacement et exaspération », ajoutant que tout moustique tigre qui ne se conformera pas à l’ordonnance « sera poursuivi pénalement ».
Cependant, une difficulté pratique subsiste : la commune n’a pas encore réussi à faire respecter l’interdiction.
« À ce stade, aucun moustique n’a été arrêté ni verbalisé », a déclaré M. Joly à l’AFP.
Un problème sérieux derrière la plaisanterie
Aussi légère qu’elle puisse paraître, l’ordonnance municipale est accompagnée d’un programme sérieux de lutte contre les moustiques mené par la commune.
La commune a déclaré que Saint-Just-Saint-Rambert figure parmi des centaines de communes de la région Auvergne-Rhône-Alpes colonisées par des moustiques tigres.
Cette espèce peut transmettre des virus tels que la dengue, le chikungunya et le Zika.
Cependant, comme l’insecte reste généralement dans un rayon d’environ 150 mètres par rapport à son lieu de naissance, éliminer les sites de reproduction proches des habitations peut faire une différence significative.
La commune a déjà installé huit pièges à moustiques dans des zones pilotes, dont quatre pièges autonomes plus grands conçus pour les espaces publics. Ceux-ci utilisent des attractifs dont le CO₂ et des phéromones pour attirer et capturer les moustiques sur une zone de plus de 3 000 m².
La municipalité encourage également les prédateurs naturels en installant des refuges pour chauves-souris et des nichoirs pour les oiseaux, qui se nourrissent tous deux de moustiques.
La mairie a également distribué 250 kits comprenant des refuges pour chauves-souris et des nichoirs à des habitants volontaires.
Les habitants sont invités à faire leur part
Le l’ordonnance municipale prévoit également une série de mesures pratiques pour les habitants.
Il est conseillé aux habitants d’enlever ou de couvrir hermétiquement tout ce qui peut recueillir de l’eau stagnante, notamment les seaux, les arrosoirs, les soucoupes de pots de fleurs et les vieux pneus.
Eux sont aussi priés de maintenir les gouttières, les canalisations et les canaux dégagés, et de couvrir ou traiter les piscines et étangs non utilisés.
Les conseils de la mairie se basent sur le fait que les moustiques tigres peuvent se reproduire dans des quantités remarquablement petites d’eau stagnante. Même un petit récipient laissé dehors peut constituer un site de reproduction.
Pour l’instant, les moustiques tigres de Saint-Just-Saint-Rambert restent en liberté. Pire encore, selon une étude de 2026 publiée dans la revue Global Change Biology, dans un scénario pessimiste, entre 89 et 96 % de la France pourraient présenter des conditions climatiques compatibles avec l’établissement d’Aedes albopictus d’ici 2085, les chaînes montagneuses étant la principale exception.
