Waymo enregistre ses activités en France avant un possible lancement de taxis autonomes

Waymo affirme que ses taxis sont plus sûrs que les voitures conduites par des humains

La société de voitures autonomes Waymo, qui exploite des taxis autonomes aux États-Unis, a enregistré une activité commerciale « pour le transport urbain et suburbain de passagers » en France.

Propriété de la société mère de Google, Alphabet, elle avait auparavant exprimé son intérêt à étendre ses taxis dans le monde, suggérant que Londres serait la première ville européenne à en disposer.

Ni Waymo ni Google France n’ont répondu aux demandes de détails de The Connexion.

Waymo affirme que ses taxis américains, basés sur une Jaguar électrique, sont dix fois plus sûrs que ceux conduits par des humains.

Doutes concernant les conditions de conduite en France

Des doutes subsistent quant à la capacité de la technologie à s’adapter aux conditions de conduite en France, en particulier à Paris.

Le fameux rond-point de l’Arc de Triomphe, où la circulation cède le passage aux véhicules qui s’y insèrent, n’est qu’un sujet de préoccupation. Des rues plus étroites pour accueillir des voies dédiées aux bus, taxis et vélos pourraient également poser problème.

En outre, Waymo devra naviguer dans les syndicats de taxis et de voitures de chauffeur parisien, connus pour organiser des protestations perturbatrices et très médiatisées.

La France a soutenu la technologie autonome

Le gouvernement français a déployé des efforts considérables pour soutenir la technologie sans conducteur.

Entre 2010 et 2020, il a introduit une législation et un cadre réglementaire régissant les flottes de véhicules autonomes, allant jusqu’à proposer la construction d’une ville modèle pour que les entreprises puissent tester leurs systèmes.

Malgré cela, peu d’entreprises françaises ont réalisé des avancées significatives.

La plus avancée – EasyMile, basée à Toulouse, qui a développé des minibus autonomes électriques destinés à des environnements contrôlés – a rencontré des difficultés financières et a été rachetée par une entreprise basée à Singapour.

Elle se concentre désormais sur les véhicules utilitaires autonomes.

Minibus autonome testé en France

WeRide, en collaboration avec beti, le Groupe Renault et Macif, teste depuis l’an dernier un service public de minibus autonomes sur route à Valence, Drôme, depuis l’an dernier.

Près de 100 passagers par jour empruntent un itinéraire de 3,3 km reliant la gare, un parking longue durée et un parc d’activités. Les véhicules peuvent être surveillés à distance par des opérateurs humains et sont autorisés à atteindre des vitesses allant jusqu’à 40 km/h.

Tesla s’est vu refuser l’autorisation pour la France

La France a pour le moment refusé la demande de Tesla d’enregistrer son système de conduite autonome en France, bien qu’il ait été autorisé aux Pays-Bas.

En juillet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a publié une vidéo en réponse à une « question d’un citoyen » de « Ludovic ».

Dans celle-ci, M. Tabarot loue la technologie mais affirme que la France a des préoccupations en matière de sécurité.

La première et la plus préoccupante était que le système proposé par Tesla pour la France permettait aux voitures de franchir la vitesse limite jusqu’à 50 %.

Il est conçu pour ajuster la vitesse de la voiture à celle du trafic environnant; si le trafic environnant dépasse la vitesse autorisée, elle le fait aussi.

M. Tabarot a indiqué que des tests avaient montré des Tesla roulant à 70 km/h dans des zones limitées à 50 km/h, et que dans d’autres cas les voitures dépassaient de 50 % la limitation de vitesse.

Un autre problème était le niveau d’implication requis des conducteurs en milieu urbain.

Tesla recommande au moins une main sur le volant, mais M. Tabarot a déclaré que la France estimait que cela ne suffisait pas pour négocier les rond-points ou changer de voie dans une circulation urbaine dense.

La France a envoyé en juillet un ingénieur de haut niveau du secteur des transports aux Pays-Bas pour évaluer, avec les responsables néerlandais et Tesla, l’introduction du système là-bas, afin que les ajustements nécessaires puissent être réglés.

M. Tabarot a déclaré que quelque 200 essais de systèmes de conduite autonome avaient eu lieu en France depuis 2015, et il était convaincu que le premier système de conduite autonome serait autorisé en 2027.

Ce journaliste a remarqué, sur l’une des principales routes de vacances de la France (la N10 et l’A10), que les conducteurs de Tesla sont devenus bien plus agressifs et rapides — reprenant une place qui était autrefois celle de certains conducteurs BMW.

Sur la N10, dont la vitesse est limitée à 110 km/h, ils roulaient fréquemment autour de 130 km/h, clignottaient des phares et suivaient de trop près les autres voitures.


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