Meurtres de Chevaline : la France prévoit une reconstitution avec les sœurs survivantes de la famille al-Hilli

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Affaire froide non élucidée après 14 ans

Les autorités françaises veulent organiser une reconstitution d’un meurtre notoire non élucidé d’une famille britannique, avec les deux sœurs qui avaient survécu au drame.

À la suite d’un regain d’intérêt pour l’affaire, les enquêteurs espèrent organiser une reconstitution des meurtres de Chevaline en 2012, qui avaient coûté la vie à quatre personnes dont Saad al-Hilli, un Britannico-Iraki, sa femme et sa belle-mère, ont été abattus.

Les enquêteurs de l’unité française des affaires non élucidées (le Pôle des Crimes Sériels ou Non Elucidés basé à Nanterre) veulent effectuer une « reconstitution de scène » des meurtres de 2012 à Chevaline, (Haute-Savoie) afin d’obtenir plus d’informations. 

Confirmé par le procureur de la République à Nanterre le mardi 15 septembre, l’unité espère également faire venir en France, depuis le Royaume-Uni, les deux filles survivantes de M. al-Hilli – Zeena et Zainab, alors âgées de quatre et sept ans – pour participer à la reconstitution.

L’intérêt pour l’affaire, souvent surnommée les « meurtres des Alpes » dans les médias britanniques, a récemment été ravivé après que des touristes britanniques aient trouvé une arme en nageant dans le lac d’Annecy, proche du site du meurtre, ce qui avait été initialement perçu comme lié à l’affaire. 

L’analyse de l’arme par des chercheurs à Chambéry a confirmé que l’arme était d’un modèle différent de celui que l’on pensait avoir été utilisé lors des meurtres de 2012.

L’unité des affaires non élucidées a néanmoins ordonné une analyse balistique de l’arme pour le confirmer de manière définitive, et n’a pas encore publiquement déclaré qu’elle avait écarté un lien entre l’arme retrouvée en août et les meurtres. 

L’affaire n’a jamais été « close » par l’unité, et demeure une affaire active faisant l’objet d’une enquête.

Ramener les sœurs sur les lieux de la fusillade

Les enquêteurs veulent « amener les sœurs al-Hilli en France, sur les lieux de l’incident, pour tenter de travailler sur leurs souvenirs et peut-être obtenir des informations supplémentaires », a déclaré à RTL la substitut du procureur de la République à Nanterre, Marie-Céline Lawrysz.

Il n’est en revanche pas du tout facile d’organiser une reconstitution en présence des sœurs, qui auraient selon des sources changé d’identité depuis le meurtre. 

Le parquet a reconnu que ce serait « très difficile à organiser [et nécessiterait] un soutien approprié sur les lieux ». 

La reconstitution utiliserait « des méthodes très particulières [y compris] des compétences spécialisées détenues par des enquêteurs hautement expérimentés dans l’interrogatoire de victimes traumatisées… et peuvent susciter des détails précis et de nouvelles informations auprès de ces témoins ou victimes. »

La fille aînée en particulier pourrait être en mesure de fournir de nouvelles informations car elle est entrée en contact direct avec le tueur pendant l’incident, lorsque celui-ci l’a saisie par derrière et l’a frappée avec l’arme.

Elle a déjà évoqué des éléments du profil de l’attaquant – notamment le fait qu’il s’agissait d’un homme et qu’il avait mordu ses ongles – mais elle ne se souvient pas de son visage.

Non résolu depuis plus d’une décennie

Les meurtres restent l’un des plus grands mystères non élucidés de la France.

Le 5 septembre 2012, un tireur a abattu Saad al-Hilli, un Britannique de 50 ans d’origine irakienne, aux côtés de sa femme Iqbal (47) et de sa belle-mère Suhaila al-Allaf (74) alors qu’ils étaient assis dans une voiture garée à Chevaline, près du lac d’Annecy.

Le tireur a également tué Sylvain Mollier, un habitant local de 45 ans qui passait à vélo au moment des faits.

La fille de sept ans a été touchée par balle mais a survécu, et la fille de quatre ans a survécu indemne en se cachant entre les cuisses de sa mère décédée jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée. 

L’exactitude de l’assassin — ayant tiré 21 balles, dont 17 ont touché des victimes et tous les morts présentaient au moins une blessure à la tête — suggère qu’il était un expert en armes.

Cela a alimenté les spéculations sur les raisons des meurtres, y compris une éventuelle querelle familiale, ou l’ancien travail de M. al-Hilli en tant qu’ingénieur en Irak.

M. Mollier est généralement vu comme un innocent témoin pris au mauvais endroit au mauvais moment, mais certains ont avancé que l’attaque visait en réalité lui et que la famille se trouvait sur son chemin.

Quoi qu’il en soit, l’affaire demeure un mystère.

Non résolu depuis une décennie, elle a été confiée à l’unité des affaires non élucidées de Nanterre en 2022, qui a organisé une reconstitution en 2024 sans la présence des sœurs dans le but d’en apprendre davantage sur l’affaire, mais cela n’a pas apporté d’informations supplémentaires. 

Les experts en armes estiment que l’arme utilisée lors des fusillades est un modèle rare de 1935, le pistolet Luger P06-29, calibre 7,65 parabellum, basé sur des fragments retrouvés sur les lieux du crime.

Seulement 940 de ces pistolets ont été fabriqués, donc trouver l’arme utilisée pourrait être la clé pour lever le voile sur le mystère.


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