Loi sur l’aide médicale à mourir en France : des militants estiment les nouvelles règles trop restrictives.

Le changement est néanmoins salué comme ‘un pas important’

La nouvelle loi française sur le droit à l’aide médicale à mourir est un pas important, attendu de longue date, selon les militants, bien qu’ils estiment qu’elle demeure trop restrictive.

Philippe Lohéac, délégué général de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a déclaré qu’elle rapproche la France de pays comme la Belgique et la Suisse, mais qu’elle n’irait pas encore assez loin.

La loi entrera en vigueur une fois que des décrets ministériels seront publiés. Le droit sera disponible pour les adultes capables d’exprimer une décision libre et éclairée qui présentent une condition grave et incurable mettant leur vie en danger et qui est dans une phase « avancée » ou « terminale ».

Cela doit s’accompagner de souffrances qui ne peuvent être soulagées par un traitement, ou qui sont insupportables lorsque le patient a choisi d’arrêter ou de ne pas recevoir de traitement.

Comment la nouvelle loi change les règles

Sous les lois en vigueur, les patients pouvaient refuser un traitement même si cela pouvait raccourcir leur vie, tandis que les médecins étaient tenus d’éviter les traitements considérés comme ne servant qu’à maintenir quelqu’un artificiellement en vie.

Dans certaines circonstances, des patients dont le décès est attendu dans un avenir proche pouvaient également demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Mr Lohéac a dit que ce dernier cas s’appliquait essentiellement à des personnes « dans les toutes dernières heures de leur vie ».

« Nous parlons désormais de l’administration d’un médicament létal, à la demande de la personne, pour des patients dont la vie est certes en danger, mais sans période temporelle précise. Cela nous emmène beaucoup plus loin. »

Il a donné l’exemple d’une personne atteinte d’un cancer incurable et de métastases étendues qui souffre mais n’est pas encore considérée comme en phase terminale.

Les militants estiment que la loi demeure restrictive

Beaucoup de partisans rapprochent l’aide à mourir de l’euthanasie d’un animal souffrant.

« Ils nous disent : ‘Quand mon chien était malade, j’ai fait ce qui était nécessaire. Il est mort sans souffrir. Et mon mari était en proie à l’agonie. Il hurlait, mais nous n’avons rien fait.’ »

M. Lohéac a souligné que l’ADMD ne fait pas cette comparaison, car un animal ne peut pas exprimer ses souhaits.

Il a dit que l’exigence selon laquelle une affection doit être « potentiellement mortelle » devrait laisser aux médecins une certaine marge d’interprétation.

Cependant, l’ADMD s’inquiète de l’exclusion de la loi des personnes dont la souffrance est purement psychologique.

« Il existe des maladies très graves et potentiellement mortelles, comme la sclérose latérale amyotrophique, qui parfois ne provoquent pas de souffrance physique jusqu’aux stades les plus avancés… Nous excluons des personnes qui se trouvent, en fait, dans des situations épouvantables sur le plan de leur santé. »

Appels à un choix plus large

L’ADMD souhaiterait également que les personnes aient le choix libre de demander l’euthanasie par un médecin, alors que la loi prévoit que le médicament sera auto-administré, sauf si la personne est physiquement incapable de le faire.

Mr Lohéac souhaiterait également que les personnes puissent solliciter l’aide à mourir par le biais de leurs directives anticipées (directives anticipées) – par exemple, si elles développent plus tard une démence grave.

À l’heure actuelle, les patients doivent encore être capables de prendre une décision lucide au moment de l’acte.

The Connexion a interrogé à plusieurs reprises l’ancienne vice-présidente de l’ADMD, Jacqueline Jencquel, de Paris, qui souhaitait que les personnes approchant d’un âge avancé aient le droit de choisir de mourir avant de connaître la fragilité et la maladie qui peuvent l’accompagner.

Elle s’est suicidée à 78 ans.

M. Lohéac a dit qu’elle nous manque, mais qu’elle n’aurait probablement pas bénéficié de la nouvelle loi.

Bien qu’il ait dit que son état de santé global n’était pas connu, « dans le cas de Jacqueline, il s’agissait surtout d’un épuisement de la vie, ce qui est tout à fait compréhensible, mais là nous sommes confrontés à quelque chose de tout à fait différent ».

Il ajouta : « Cela est légitime et respectable, et nous ne pouvons pas juger, mais la loi ne peut pas couvrir ce type de projet de vie, qui n’est pas fondé sur une condition médicale mais, plutôt, sur une philosophie. »


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