questions
We review whether recall notices are really increasing
Question du lecteur : J’ai l’impression d’avoir vu The Connexion et d’autres médias en français rapporter beaucoup plus de rappels alimentaires. Est-ce le cas, et si oui, quelle en est la raison ?
Fromage, viande, œufs… il semble qu’un nouveau rappel alimentaire entre en vigueur régulièrement, RappelConso (le site public de rappels du gouvernement), répertoriant des produits à ne pas consommer ou à retourner.
Les chiffres de RappelConso indiquent que le nombre d’avis de rappel publiés a varié d’une année à l’autre depuis l’introduction du système. Il y avait 2 720 avis de rappel en 2021, bien que ce chiffre ne couvre que la période à partir de mars, lorsque le système est entré en service.
Le nombre est descendu à 1 882 en 2022 et 1 445 en 2023, avant de remonter à 1 473 en 2024 et 1 642 en 2025.
À ce jour en 2026, jusqu’au 25 août, 1 060 avis de rappel avaient été enregistrés.
Les chiffres ne montrent donc pas une simple hausse année après année. En fait, le nombre d’avis en 2025 restait bien inférieur à celui de 2021, bien que les rappels aient augmenté depuis le point le plus bas enregistré en 2023.
Pourquoi a-t-on l’impression qu’il y en a tellement ?
Le ministère de l’Agriculture a dit que la raison principale est une meilleure visibilité.
« Les efforts réalisés ces dernières années, y compris le lancement du site RappelConso en 2021, la publication du nouveau Guide de la gestion des alertes d’origine alimentaire en 2023, et les opérations de contrôle menées par les services de l’État, ont conduit à une meilleure visibilité des rappels auprès des consommateurs », a déclaré le ministère à The Connexion.
« Cette visibilité accrue des alertes alimentaires peut donner l’impression qu’elles sont plus nombreuses, mais ce n’est pas le cas. »
RappelConso est désormais le site public officiel des rappels de produits de consommation en France. Depuis avril 2021, les professionnels sont tenus de déclarer les rappels destinés aux consommateurs sur la plateforme.
Cela signifie que les consommateurs disposent d’un moyen bien plus facile de savoir quand un produit a été rappelé qu’auparavant.
Le système réunit également les rappels alimentaires et non alimentaires, le ministère de l’Agriculture étant responsable des produits alimentaires.
Une alerte ne correspond pas nécessairement à un seul produit
Le ministère a également précisé qu’une alerte alimentaire peut donner lieu à plusieurs avis distincts sur RappelConso. Par exemple, le même produit peut être vendu sous différentes marques, ou plusieurs variantes de recettes peuvent être concernées.
Les données montrent aussi que le nombre de produits ou de GTIN (codes-barres des produits) concernés est supérieur au nombre d’avis de rappel. En 2025, par exemple, il y avait 1 642 avis de rappel couvrant 2 056 produits/GTINs.
Cette distinction signifie que le simple comptage du nombre d’avis ne permet pas nécessairement de dire combien d’incidents distincts de sécurité alimentaire se sont produits.
Qu’est-ce qui provoque un rappel alimentaire ?
Une alerte alimentaire est déclenchée lorsqu’une anomalie est identifiée dans un produit alimentaire pouvant présenter un danger potentiel pour les consommateurs. Cela peut inclure des bactéries ou des contaminants chimiques.
Le ministère de l’Agriculture a déclaré que les alertes sont le plus souvent détectées lors de contrôles et d’analyses réalisés par les entreprises agroalimentaires elles‑mêmes. Elles peuvent également résulter de plaintes de consommateurs ou d’enquêtes sur des groupes de personnes tombées malades.
Lorsqu’un produit a déjà atteint les consommateurs et pourrait encore être consommé ou causer du tort, il est rappelé.
L’objectif n’est pas seulement de retirer le produit de la circulation, mais aussi d’informer les personnes qui l’ont peut-être déjà acheté et d’empêcher que le même problème ne se reproduise.
Nouveaux produits, entreprises et habitudes de consommation
Le ministère a aussi indiqué que le système d’alerte alimentaire est en constante évolution.
« Les alertes alimentaires évoluent en permanence », a-t-il déclaré. « De nouvelles entreprises se créent, de nouveaux produits et de nouvelles habitudes de consommation se développent, ce qui peut générer de nouveaux dangers. »
Parallèlement, les normes de sécurité alimentaire évoluent elles aussi à mesure que les connaissances et les pratiques scientifiques se développent.
« Les normes sanitaires évoluent également. Elles accompagnent les progrès réalisés et les changements de pratiques afin de garantir un niveau élevé de sécurité alimentaire. »
Le ministère a également indiqué qu’au lieu de voir les rappels comme une preuve que le système alimentaire devient moins sûr, on peut aussi les interpréter comme une indication que des problèmes potentiels sont détectés.
« Les alertes sont donc la preuve d’un système de contrôle actif et vigilant », a-t-il déclaré.
