La France met à jour ses directives sur la réserve héréditaire pour les testaments régis par des lois étrangères

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Le site est désormais plus clair sur les clarifications de la loi française de 2021

Le gouvernement français a mis à jour son site d’information officiel Service-Public afin de fournir des informations plus claires sur sa position concernant la loi française de 2021 sur la réserve héréditaire.

Le site expose désormais clairement les différents scénarios qui s’appliquent à la succession d’une personne décédée, selon que son testament relève du droit français ou d’une loi successorale étrangère.

Autrefois, le site ne faisait aucune distinction entre les décès survenus en France ou à l’étranger.

La nouvelle présentation est conforme aux clarifications que le gouvernement français a fournies à la Commission européenne après que de nombreux étrangers résidant en France se soient plaints que les règles françaises adoptées par le Parlement en 2021 entraient en conflit avec le Règlement Successoral de l’UE.

Cela survient alors que The Connexion cherche à contacter des notaires qui peuvent aider nos lecteurs à progresser dans leurs testaments et leur planification successorale en tenant compte de l’avis exprimé par le gouvernement.

Pourquoi la loi de 2021 a suscité de la confusion

Pour résumer, le règlement européen précise qu’une loi successorale étrangère peut s’appliquer à la succession d’une personne, y compris pour des biens situés en France, si la personne décède à l’étranger ou si elle choisit clairement dans son testament que la succession soit soumise à la loi successorale de sa nationalité – ou de l’une de ses nationalités, si elle en possède plusieurs.

Une loi française de 2021 a suscité de la confusion car elle indiquait que si une loi successorale étrangère régit une succession mais que la loi ne protège pas les droits d’héritage des enfants comme le font les règles françaises de réserve héréditaire alors le notaire chargé de la succession doit intervenir.

Cela impliquerait que le notaire contacte les enfants du défunt pour leur offrir la possibilité de réclamer un prélèvement compensatoire prélevé sur la succession située en France. En d’autres termes, les enfants auraient droit à une partie des biens du défunt situés en France jusqu’à la valeur de l’héritage qu’ils auraient obtenu selon le droit français des successions.

Cette règle s’applique si le défunt et/ou l’un de ses enfants est citoyen ou résident d’un État membre de l’UE.

Les notaires ont trouvé les nouvelles règles frustrantes, et de nombreuses personnes étrangères en France, en particulier des Britanniques, se sont plaintes à la Commission européenne au sujet de la loi française, affirmant qu’elle entravait l’intention du règlement de l’UE, qui vise à offrir la liberté de choisir la loi de son pays de nationalité. Les couples particulièrement touchés qui souhaitaient tout léguer au survivant.

L’explication donnée par la France à la Commission, jugée suffisante pour clore le dossier de plainte, était que la loi de 2021 doit être comprise comme ayant un effet limité.

Les autorités françaises ont dit qu’elle ne devrait pas s’appliquer si la loi étrangère contient un mécanisme protégeant les enfants, en citant comme exemple les règles anglaises de « family provision ». Elles ont ajouté que la loi n’a pas besoin d’être exactement identique à la réserve héréditaire française, qui fixe les parts des héritiers.

Ce qui a changé maintenant

La page Service-Public intitulée « Peut-on déshériter ses enfants ? » (en français, Peut-on déshériter ses enfants ?), porte désormais une formulation indiquant que si la loi française sur les successions s’applique à votre succession, vous ne pouvez pas déshériter vos enfants en raison de la réserve héréditaire.

Cependant, elle précise que certaines lois étrangères permettent à quelqu’un de déshériter ses enfants, ses descendants, dans ce cas les enfants pourraient avoir droit à un prélèvement compensatoire sur la succession située en France, mais uniquement sous les deux conditions suivantes :

  • Vous (le défunt) ou au moins l’un de vos enfants devez être citoyen ou résident habituel d’un État de l’UE au moment du décès

  • La loi étrangère applicable à la succession ne doit contenir aucun mécanisme de protection des enfants.

La section renvoie ensuite à la lettre pré-clôture de la Commission européenne, expliquant cette interprétation plus en profondeur, y compris le fait que la loi anglaise contient un « équivalent fonctionnel » à la réserve héréditaire française à ces fins.

La page explique également clairement les règles du Règlement de l’UE sur le choix de la loi applicable.

Elle divise ensuite le reste des informations entre les clarifications pour les successions où s’applique le droit français et celles où s’applique un droit étranger.

La section relative au droit étranger rappelle les règles de la lettre pré-clôture et fournit à nouveau le lien.

La nouvelle mise en page claire devrait aider à ce que la position du gouvernement français soit désormais largement comprise, après une publication plus synthétique plus tôt cet été.

L’UE a désormais également publié des informations sur les clarifications françaises sur son portail e-justice, à la fois dans les sections en anglais et en français de ses remarques générales sur le droit des successions en Europe et le Règlement de l’UE (faites défiler les pages pour accéder aux liens connexes). Elles avaient été initialement publiées uniquement dans la version en anglais.

À ce stade, toutefois, l’information n’est pas mentionnée sur la page spécifique à la France, comme la Commission avait déclaré qu’elle le ferait dans la lettre pré-clôture.

Cela survient alors que les militants de la réforme du droit des successions, Trish Miller et Ronnie Bennett, nous ont fait part d’une lettre qu’ils ont reçue de la Commission européenne, après avoir déposé des plaintes concernant la publication limitée.

La lettre les dirigeait vers Service-Public et notait que les clarifications étaient liées dans l’édition de juin d’une newsletter gouvernementale française adressée aux professionnels du droit en France.

La Commission a également déclaré que le gouvernement a attiré l’attention de l’organisme professionnel des notaires, le Conseil supérieur du notariat, sur les clarifications.

Le Conseil n’a pas encore publié de position officielle sur ces clarifications à destination de la profession, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles les interprétations des notaires n’ont pas toujours été cohérentes.


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