Marine Le Pen maintient une avance impressionnante dans les sondages pour l’élection présidentielle de 2027, mais il reste encore incertain qui l’opposera au second tour.
Mme Le Pen, représentant la droite radicale Rassemblement National (RN) est en moyenne autour de 33,5 % à 34 % lorsque les résultats des sondages majeurs récents sont réunis, en fonction de la composition des candidats qui se présentent contre elle.
Ceci est basé sur l’analyse de plusieurs sondages du média L’internaute. Les sondages ont été réalisés par Elabe, Cluster17, Harris, Ifop, Ipsos et OpinionWay*.
Bien que les chiffres de Le Pen baissent jusqu’à 30 %, ou montent jusqu’à 35 % selon les sondages, elle conserve une avance considérable – d’au moins 10 %, souvent plus de 15 % – sur le candidat le mieux placé suivant elle.
Sauf scandale ou effondrement catastrophique des votes, elle semble être presque assurée d’entrer au second tour de l’élection présidentielle pour la troisième fois consécutive.
Pour rappel, si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des voix au premier tour, les deux candidats les mieux placés du premier tour s’affrontent lors d’un duel direct.
L’élection présidentielle aura lieu le 18 avril 2027, avec le second tour le 2 mai.
Extrême gauche en tête des sondages
La place pour le second tour demeure fortement disputée, et selon les sondages pourrait voir l’un des trois principaux candidats affronter Mme Le Pen.
La constante dans les sondages est la présence du populiste de gauche Jean-Luc Mélenchon, qui représentera La France Insoumise lors de l’élection.
Il est en moyenne à 15,5 % lorsque les sondages sont combinés, mais peut atteindre 18 % dans certains cas, le plaçant soit en deuxième soit en troisième place dans les sondages du premier tour.
M. Mélenchon, qui est passé à deux doigts du second tour en 2017 et 2022, compte sur sa réputation de fervent candidat pour gagner du terrain pendant la campagne.
Lors de ces élections précédentes, ses chiffres de sondage se sont améliorés de manière significative durant les derniers mois de la campagne, gagnant plusieurs points.
Contrairement à d’autres candidats cherchant à capter les électeurs flottants ou à faire basculer des électeurs, sa principale façon d’attirer des voix viendra de convaincre ceux qui ne votent habituellement pas de le soutenir.
Une grande partie de sa base électorale provient des cohortes les plus jeunes, notamment des étudiants, ainsi que des immigrés, des citoyens de seconde et troisième génération et des résidents des zones urbaines et périphériques les plus pauvres de la France (les banlieues) en dehors des grandes villes.
D’autres candidats ont dénoncé son parti comme extrémiste, et ont écarté toute nouvelle tentative de collaboration avec ce parti.
Il souffre ensuite dans les sondages pour un éventuel second tour contre Mme Le Pen et finit largement deuxième derrière elle.
Candidats centristes
Dans les sondages où M. Mélenchon termine troisième, il se situe derrière Édouard Philippe, candidat du centre-droit.
Actuel maire du Havre et premier ministre durant le mandat du président Emmanuel Macron, M. Philippe est perçu comme une valeur sûre face à l’extrême gauche et à l’extrême droite.
À ce stade, il est le seul candidat à avoir dépassé Mme Le Pen lors d’un second tour direct.
C’est sans doute ce sur quoi il concentrera sa campagne du premier tour, se positionnant comme le seul candidat capable de battre efficacement l’extrême droite au second tour en séduisant suffisamment d’électeurs sur un large spectre politique.
Il est actuellement crédité de entre 17 % et 19 %, gagnant des voix du bloc centriste ainsi que de la droite, où il s’est positionné économiquement dès le début de la campagne.
Cependant, un autre ancien premier ministre et centriste, Gabriel Attal, a également annoncé sa candidature et, jusqu’à présent, ne semble pas avoir l’intention de se retirer de la course.
Dans les sondages où les deux candidats sont en lice, le vote centriste se répartit, écartant M. Philippe des chances d’un second tour. Dans ceux où seul M. Attal est présent, il ne dépasse pas 14 % dans les sondages, le plaçant souvent quatrième et jamais deuxième.
La gauche formera-t-elle une candidature commune?
Le dernier candidat encore en course pour le second tour est Raphaël Glucksmann, co-président de Place Publique, un parti de gauche étroitement affilié au Parti socialiste.
M. Glucksmann participera à la primaire du Parti socialiste en octobre contre des candidats dont le leader du parti Olivier Faure, mais tout indique qu’il remportera la victoire et représentera les deux partis sur une liste commune.
Il est actuellement crédité de 10 % à 13 %, soit de quoi se placer troisième ou quatrième mais jamais deuxième.
Or, lors de plusieurs élections récentes, les Socialistes et Place Publique se sont alliés avec les Verts et les Communistes pour courir sur une liste commune.
Bien que cela soit inhabituel pour les élections présidentielles (où tous les partis nomment généralement un candidat puis soutiennent leur option préférée au second tour), le caractère à haut risque de 2027 pourrait amener les partis à tous s’unir pour soutenir un seul candidat.
Si cela se produit, on peut supposer que les parts de voix de Marine Tondelier des Verts (environ 4 %) et Fabien Roussel du Parti communiste (2 % – 3 %) pourraient être ajoutées à celles de M. Glucksmann, renforçant ses chances d’obtenir la seconde place.
Bruno Retailleau, représentant la droite des Les Républicains, est quelque peu loin de la seconde place dans n’importe quel sondage, recevant généralement autour de 8 % des suffrages, mais pouvant atteindre 10 % lorsque M. Attal se présente à la place de M. Philippe pour le centre. Cependant, il ne termine jamais au-delà de la cinquième place, bien loin des candidats mentionnés ci-dessus.
D’autres candidats, dont Dominique de Villepin (3,5 %), Éric Zemmour (3 % à 5 %) et Nicolas Dupont-Aignan, se situent tous à droite ou à l’extrême droite du spectre, et leur soutien n’est guère susceptible d’être transféré à l’un des candidats approchant le second tour.
Les électeurs de M. Zemmour et de M. Dupont-Aignan sont en effet plus susceptibles de soutenir l’extrême droite au second tour qu’un candidat non RN.
Vous pouvez voir un tableau interactif de tous les principaux sondages et candidats sur le site de L’internaute.
*Les sondages cités ci-dessus proviennent d’un mélange d’organisations françaises et internationales de sondage et d’études de marché. Toutes ont de l’expérience dans la conduite de sondages politiques et d’opinion publique en France, mais, comme pour tous les sondages d’opinion, les résultats sont des estimations de l’opinion publique au moment où ils ont été menés et non des prévisions du résultat de l’élection de 2027.
