Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Communiqués de presse

Conférence à Stockholm sur la montée des populismes en Europe

Je me suis rendue à Stockholm le 25 juin dernier pour ouvrir, aux côtes de la Ministre suédoise des affaires européennes, une conférence organisée par le Ministère de la Justice suédois et The Institute for Strategic Dialogue. Cette conférence revenait sur les résultats des dernières élections européennes, analysant la montée des populismes partout en Europe et les réponses qui devaient y être apportées.
 
Vous retrouverez ci-dessous des extraits de mon discours prononcé à cette occasion.
 
Cette journée a également été l’occasion de rencontrer différents membres du gouvernement suédois ainsi que des parlementaires, pour échanger sur les sujets qui agitent actuellement l’Europe.
 
Ce fut le cas avec Mme Birgitta Ohlsson, Ministre des Affaires européennes, en charge de la démocratie et des droits de l’homme. Nous avons échangé sur l’impact de la montée des populismes sur les équilibres politiques en Europe, et notamment au Parlement européen. Nous avons également abordé les politiques d’intégration dans nos pays respectifs.
 
Alors que je viens de rejoindre la commission en charge des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures au Parlement européen, j’ai également rencontré M. Martin Valfridsson, Secrétaire d’État au Ministère de la justice, avec qui nous avons eu un échange sur les systèmes judiciaires et pénitentiaires suédois et français.
 
Enfin, j’ai pu m’entretenir avec deux parlementaires suédoises : Mme Sofia Arkelsten, Présidente de la Commission des Affaires étrangères et Mme Anna Kinberg Batra, chef du groupe modéré au Parlement suédois. Avec ces deux parlementaires dont le parti est membre du parti populaire européen – comme l’UMP- nous avons discuté du rôle de la droite et du centre-droit face à la montée du populisme en Europe.

Extraits du discours prononcé à Stockholm le 25 juin 2014 :
 
« Depuis les élections européennes, j’ai été très frappée par la capacité de certains politiques à s’épouvanter de la montée des populismes, sans chercher à comprendre les raisons de cette poussée, ni surtout chercher à y remédier.
 
On s’offusque, hélas souvent on méprise les peuples qui ont fait le choix d’un parti populiste. Je ne veux pas tomber là-dedans. Ce serait une grave erreur. Je fais le choix de parler et de comprendre. »
[…]


 « Lorsqu’on fait un tour d’horizon de la percée des partis populistes en Europe, on est tout d’abord frappé par l’hétérogénéité de ces partis. Cette hétérogénéité est une faiblesse pour les partis populistes et un rempart contre leur progression en Europe.
 
La percée populiste qui a sans doute le plus marqué en Europe, c’est celle du Front National en France. Voir l’un des pays fondateurs et moteurs de l’Europe placer en tête du scrutin européen un parti populiste a été un électrochoc bien au-delà de la France, j’en ai bien conscience.
 
Le FN est un parti au discours simpliste et irréaliste qui souhaite l’immigration zéro, la fermeture des frontières, le retour au franc français et s’attaque à une politique économique libérale en prônant le protectionnisme. »
 
« En France, nous avons de graves problèmes d’intégration des populations Roms, une immigration mal maîtrisée et des gouvernements successifs de droite comme de gauche qui n’ont pas réussi à mettre en place une politique d’intégration, qui devrait être un véritable rempart contre la montée des communautarismes en tous genres. »
 
« N’ayons pas peur de mettre les partis populistes face à leurs incohérences. Ne les méprisons pas ! Débattons avec eux et donnons des réponses qui donnent espoir aux Européens, au lieu de les enfermer dans un repli sur soi. »
[…]


 « Mais la situation nationale et la crise morale que vivent beaucoup des pays européens ne peuvent pas tout expliquer. Nous avons à refonder notre projet européen, qui laisse de plus en plus de nos concitoyens sceptiques. »
 
« Je suis profondément européenne. Je crois en la nécessité de l’Europe. Mais les populismes nous parlent aussi d’un ras-le-bol des peuples européens face à une Europe qui paraît à la fois éloignée, déconnectée et trop illisible, que nous ne pouvons pas ignorer.
 
Je suis sur le terrain depuis 5 ans, en tant que Députée européenne, et j’ai pu voir les exaspérations monter contre l’Union européenne telle qu’on la connait aujourd’hui, en France mais aussi dans bon nombre de pays européens que j’ai visités. »
 
« Si nous sommes attachés au projet européen, comme je le suis, notre devoir est de reconnaître la crise identitaire et institutionnelle que connaît l’Union européenne aujourd’hui. Je veux vous donner deux exemples, sur lesquels nous devons agir en priorité :
 
1/ Lors de la campagne pour les européennes avec mon parti, nous avons milité pour une réforme, en profondeur, de Schengen. La question des frontières, de leur porosité, de l’immigration clandestine, inquiète beaucoup les Français et nous devons trouver une réponse européenne adaptée à même de les rassurer.
 
2/ La question de la réciprocité commerciale doit aussi être renforcée en Europe : nous ne devons pas donner le sentiment à nos concitoyens, que l’Europe respecte des normes – notamment sociales et environnementales – qui sont justes, mais que nous sommes les seuls à les respecter, au détriment de notre compétitivité. C’est un enjeu majeur dont on me parle beaucoup et qui est facteur de frustrations.
 
Une fois ce constat fait, nous devons apporter des solutions à cette montée des populismes. »
[…]


 « Les Chefs d’État et de gouvernement doivent bien avoir à l’esprit que le défaut d’incarnation et le plus petit dénominateur commun contribuent à éloigner nos concitoyens de l’Union européenne, et alimentent les populismes. » […]
 

« Je me suis prononcée ces derniers mois, dans le sillage de David Cameron et d’autres, sur la nécessité de clarifier les compétences de l’Union européenne. Si je suis convaincue de cette nécessité, c’est afin que l’on mette fin aux fantasmes véhiculés par les partis populistes que tout serait décidé de Bruxelles.
 
C’est vrai, et j’ai pu le constater, les institutions grignotent parfois sur les compétences des États. Cela n’est pas acceptable, et on aurait tort de croire que les citoyens ne s’en rendent pas compte !
 
Je vais vous donner un exemple : le Parlement européen a débattu de rapports touchant à la Famille, nous avons été actifs pour rappeler la souveraineté des États sur ces sujets. Sans préjuger du fond de ces questions, l’Europe sera mieux respectée si ses compétences sont claires. »
[…]
 

« Je veux finir sur une note positive : nous devons aussi affirmer que l’Europe est un projet qui vaut la peine d’être sauvé. Nous devons affirmer comment l’Europe, malgré tous ces défauts, améliorent aussi la vie de nos concitoyens et peut l’améliorer encore plus si nous avançons dans certains domaines vers plus d’intégration.
 
En tant qu’ancien Garde des Sceaux, je peux vous dire que l’Europe de la Justice aussi est une avancée pour protéger nos concitoyens : je pense par exemple au mandat d’arrêt européen. »
 
« Réformons avec audace ce qui ne marche plus et demandons des comptes à ceux qui dirigent les institutions européennes ! C’est là le meilleur remède et le meilleur rempart contre les extrêmes. »


Déplacement de parlementaires européens en Turquie

Dans le cadre du Forum UE-Turquie, accompagnée d’une délégation de parlementaires européens, nous avons rencontré le Ministre des Affaires étrangères M. Mevlüt Cavusoglu, le Vice-Ministre des Affaires étrangères et Directeur des Affaires européennes M. Faruk Kaymakci, le Vice-Ministre de la Justice M. Cengiz Öner, le Co-Président du comité parlementaire mixte Turquie - UE M. Ismail Emrah Karayel, et des députés de la Grande Assemblée Nationale de Turquie pour évoquer la mise en œuvre du pacte migratoire, le contrôle des frontières turco-syriennes, et la lutte contre le terrorisme.

Des avancées notoires dans le domaine de la coopération des services de renseignements UE-Turquie permettent d’une part une meilleure maîtrise des flux migratoires et d’autre part de déjouer des attentats sur le territoire européen.

La Turquie est un partenaire incontournable et stratégique pour l’Union européenne pour une plus grande stabilité de la région, jusqu’au Proche et Moyen-Orient.

La Turquie accueille sur son territoire plus de 4 millions de réfugiés dont 3.5 millions de syriens – plus grande population de réfugiés au monde, évitant ainsi des arrivées massives dans l’UE.

Négliger la Turquie serait négliger notre sécurité et fracturer davantage l’Europe, en proie à des menaces réelles et des exaspérations légitimes des citoyens européens.

 

 

 

 


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