Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Communiqués de presse

Notre sécurité : un enjeu européen

3000. Fin septembre, le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, estimait à 3 000, le nombre d’Européens partis rejoindre les rangs de Daech.

Des « combattants » partis de Belgique, d’Allemagne, des Pays-Bas, de France, du Royaume-Uni et d’ailleurs en Europe rejoignent l’Irak ou la Syrie et deviennent des menaces graves pour tout un continent.

Chacun de leur côté, les pays européens ont pris des mesures pour prévenir les départs et/ ou empêcher les retours. En France, la loi Cazeneuve, récemment adoptée, crée un délit « d’entreprise individuelle terroriste » qui manquait dans notre arsenal juridique. Elle instaure une interdiction de sortie du territoire lorsqu’un candidat au djihad est identifié. Au Royaume-Uni, l’interdiction de retour sur le territoire des binationaux ayant participé à des activités de terrorisme est déjà en vigueur. Se pose la question des sujets britanniques qui n’auraient pas d’autres nationalités. En Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, les arsenaux législatifs se développent également.

Dans chacun de ces pays, la menace Daech requiert l’unité nationale dans les mesures prises pour la combattre. Je soutiens d’ailleurs les mesures prises par Bernard Cazeneuve, en France. Mais au-delà des actions nationales, nous avons surtout besoin d’une unité européenne.

Le cas de Mehdi Nemmouche, ressortissant français soupçonné d’avoir commis un crime odieux sur le sol belge, illustre la pertinence d’une action européenne. C’est une question que j’ai posée aux autorités européennes à maintes reprises. Elle a également été posée lors de l’audition du Commissaire-désigné chargé de l’immigration, sans réponse claire ni a fortiori d’engagement ferme, alors que c’est une urgence !

Contrer la stratégie de l’État islamique notamment sur Internet doit être le premier pilier de notre action, comme je l’ai réclamé à la Commission européenne. Ainsi, le centre européen sur la cybercriminalité pourrait voir son mandat élargi à la lutte contre les sites internet promouvant une idéologie terroriste afin de prévenir toute incitation au départ, et d’empêcher toute «formation» à domicile de jeunes en voie de radica-lisation. L’idée qu’il existerait des «loups solitaires» relève aujourd’hui largement du mythe, avec le développement des réseaux sociaux, conduisant à la formation de « meutes ».

Le second pilier doit consister à mieux dépister les individus lors de leur retour des pays où les groupes terroristes opèrent : étudier la possibilité de contraindre ces individus à des opérations de «réinsertion et déradicalisation», encourager la confiscation des passeports et cartes d’identité dans les États membres, et trouver des solutions pour empêcher leur libre circulation sur le territoire de l’UE. Aller jusqu’à rétablir temporairement nos frontières intérieures pour faire face à la menace terroriste? Nous ne pouvons pas l’exclure d’emblée.

Il nous faut aussi accélérer sur le dossier de la déclaration préalable des données des dossiers passagers. C’est la fameuse « directive PNR » qui est aujourd’hui bloquée au Parlement européen. Je le regrette vivement. Cette directive doit permettre que soit transmise par les compagnies aériennes, toutes les données personnelles des passagers, pour mieux intercepter les déplacements suspects. Hélas, nous ne sommes pas prêts de voir cette directive être votée. J’ai été scandalisée de voir le centre et la gauche, dont les Députés socialistes français, fin novembre à Strasbourg, retarder la conclusion d’un accord PNR entre l’Union européenne et le Canada. La protection de la vie privée est érigée en étendard pour justifier un tel blocage. C’est une préoccupation légitime, mais notre sécurité doit primer ! C’est ce qu’attendent de nous les Européens !


Lutte contre le terrorisme : des promesses tenues !

Priorités pour combattre le terrorisme

Communiqué de presse de Rachida Dati et Brice Hortefeux, tous deux membres de la Commission Libertés civiles, justice et affaires intérieures.

"Ce sont deux nouvelles mesures promises en matière de sécurité qui se concrétisent aujourd’hui en session plénière à Strasbourg", se sont félicités Rachida Dati et Brice Hortefeux. Un peu plus d’un an après l’adoption du rapport de Rachida Dati sur la prévention de la radicalisation et le recrutement de citoyens européens par des organisations terroristes, le Parlement européen vient d’autoriser les contrôles systématiques aux frontières extérieures de l’Union européenne pour tout individu européen ou extra-européen qui les franchit, ainsi qu’une directive sur la lutte contre le terrorisme.

"La directive sur la lutte contre le terrorisme permettra la mise en place de normes communes pour la définition des infractions et des sanctions pour des actes terroristes. Elle adresse une réponse de justice pénale forte et adaptée à la menace sécuritaire. Nous ne pouvons que saluer les dispositions qui y ont été intégrées grâce au travail du Groupe PPE, pour lutter contre les contenus terroristes en ligne, pour renforcer l’échange d’informations entre les États membres et pour mettre en place des mesures de soutien, d’assistance et de protection pour les victimes du terrorisme.

La mise en place de contrôles renforcés à toutes les frontières extérieures de l’Union qu'elles soient terrestres, maritimes ou aériennes, est également indispensable à l'identification, la détection et au suivi des personnes surveillées. La consultation des bases de données pertinentes (notamment le Système d’Information Schengen et le système d’information d’Europol) était une de nos revendications prioritaires depuis de nombreuses années", se réjouissent les deux députés.

"Pour autant, nous ne nous arrêterons pas à ces succès. Les réussites d’aujourd’hui ne doivent pas masquer les faiblesses réelles qui demeurent dans notre politique de lutte contre le terrorisme. Nous connaissons nos failles : nos efforts doivent sans plus attendre porter sur l’élaboration d’une réelle stratégie européenne de prévention de la radicalisation. L'actualité nous prouve que la gestion des éléments radicalisés, les programmes mis en place, ne sont pas toujours à la hauteur des défis considérables que sont l'extrémisme et l'obscurantisme", ont conclu Rachida Dati et Brice Hortefeux.


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